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Pourquoi l’Église appelle-t-elle la Vierge Marie «Tour de David » ? Abbé Joseph Lémann

Par Brice Michel
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Particularités historiques sur la tour élevée par David à Jérusalem

Il est écrit au deuxième livre des Rois qu’après avoir pris Jérusalem sur les Jébuséens, David la purifia, la fortifia, se l’appropria tellement et la fit si belle qu’il la nomma avec complaisance la cité de David. Puis, voulant la mettre à l’abri des incursions des peuples voisins toujours en armes, il compléta à un endroit abrupt du mont Sion, où deux gouffres s’ouvraient de chaque côté, une tour d’une force et d’une magnificence extraordinaires, ornement de la cité autant que forteresse ; son nom également lui fut donné la tour de David.

Cette tour — chose remarquable dans les fastes militaires — était couverte au dehors de boucliers et d’armes de guerre qui pendaient à ses murailles : pour l’effroi des ennemis, et aussi pour l’ornementation. Mille boucliers, est-il rapporté au Cantique des cantiques, y sont suspendus, et toutes les armes des plus vaillants. On doit inférer de ce texte que les plus braves en Israël obtenaient sans doute, comme honneur et récompense, d’y suspendre leurs armes en trophées extérieurs. Tout Jérusalem les apercevait, et en était fière ; et lorsque, au matin, sous ce ciel pur d’Orient, le soleil dardait ses rayons au milieu de ces mille boucliers et de ces lames d’acier qui étaient suspendus, le scintillement devait être aussi éblouissant que redoutable ; le Philistin et le Moabite qui avait rôdé durant les ténèbres autour des murs de Jérusalem, s’enfuyait au plus vite, comprenant la leçon écrite sur les murailles de la tour majestueuse.

Elle était si majestueuse, si rayonnante que l’auteur inspiré du Cantique des cantiques l’a prise comme terme de comparaison. Chez le peuple juif, on le sait — et nous ne nous lassons pas de le faire remarquer — tout était figuratif, tout avait une signification plus haute. Aussi lorsque le Cantique décrivant, sous des symboles hardis comme l’amour, la beauté de l’Epouse, veut donner à comprendre combien son cou était gracieux au milieu des perles suspendues en collier et qui augmentaient son éclat, il rappelle la tour de David : Votre cou est comme la tour de David ; mille boucliers pendent à ses murs, et toutes les armes des plus vaillants.

Telles sont les particularités que l’histoire sacrée et la tradition ont conservées sur cette célèbre tour. Voyons maintenant les applications.

De quelle manière la Très Sainte Vierge est devenue la Tour de David par excellence

La Vierge Marie est la Tour de David par excellence. L’Eglise le déclare dans ses litanies, et les fidèles ne cessent d’implorer la Vierge sous cette brillante dénomination.

Mais ce qu’on ignore généralement et ce qu’il paraîtra doux d’élucider—car il y a une infinie douceur à élucider tout ce qui concerne Marie — c’est de connaître ce qui a procuré à Marie cette dénomination. De quelle manière est-elle devenue la tour de David par excellence ; en quelles circonstances a-t-elle acquis et mérité ce titre ?

Principe d’architecture :
On bâtit les tours pour qu’elles soient des lieux de défense, des postes d’observation, et aussi pour qu’elles contribuent à l’élégance d’une construction. Sous ces différents aspects on peut considérer leur hauteur, leur beauté, leur solidité, leur armement, la protection qu’elles fournissent. Or, de quelle manière tout cela s’applique-t-il à la très sainte Vierge ?

1°Sa hauteur ou élévation, comme Tour de David. L’archange Gabriel lui avait dit : « Ne craignez pas, ô Marie, la vertu du Très-Haut vous ombragera. » Le Très-Haut qui l’ombrage ! Dès ce moment, tout en elle devient sublime, son état, sa pensée, sa contemplation, sa conversation avec les cieux. « Elle touchait aux cieux ; en étant sur terre. » C’était bien la cime de la tour.

2° Sa beauté, son élégance. Le Cantique des cantiques avait dit : Votre cou — entouré de perles — est comme la tour de David. A-t-on jamais pensé, pour la réalisation parfaite de ce texte, aux deux petits bras de l’Enfant-Jésus autour du cou d’ivoire de la fille de David ? Dites, anges du ciel, dites, filles d’Israël, avez-vous aperçu, avez-vous étalé au jour de vos plus brillantes parures, quelque chose de plus radieux ? Quelles perles étaient dignes d’être comparées aux petits bras et au front de l’Enfant-Dieu reposant sur le cou de la Vierge sans tache !

Sa fermeté ou solidité. Elle était debout sur le Golgotha, au milieu des convulsions de la nature, alors même que son propre cœur était abîmé dans une douleur immense comme la mer. Le Stabat de sa fermeté est unique. A ce moment, l’enfer comprit que le tu es Petrus qui devait faire la solidité de l’Église, aurait pour pendant le Stabat de la tour de David.

4° Son armement. Elle fut solennellement armée le jour de la Pentecôte, lorsque l’Esprit-Saint descendit sur elle, en premier. Oh ! qu’elle fut bien munie, munie de toutes les armes nécessaires aux enfants de Dieu. Veut-on connaître quelques-uns des mille boucliers dont elle dispose ? car il est écrit, mille boucliers pendent à ses murailles ; le bouclier de la chasteté contre la luxure, le bouclier de l’humilité contre l’orgueil, le bouclier de la charité contre l’envie. A Elle, les plus vaillants viendront demander leurs armes : les Apôtres lui devront leur foi ; les martyrs, leur intrépidité ; les Vierges, leur pureté ; les docteurs, leur sagesse ; les anachorètes, leur austérité. Elle est l’arsenal où se trouvent agglomérées, pour jusqu’à la fin des siècles, les ressources de la lutte contre la chair, le monde, l’enfer.

5° Enfin, comme la Vierge Marie devait succéder à la tour de David matérielle et figurative, elle habita, après la mort de son divin Fils, sur le mont Sion, où David avait élevé ses constructions fameuses, et où se trouvait la maison de Jean devenue son asile. La fille de David fut donc aperçue là par toute la primitive Eglise. Puis la tour matérielle, lors du sac de Jérusalem, s’enveloppa de deuil parce que son rôle était fini, et Marie prit sa place. Titus, maître de la ville, fit passer la charrue sur les ruines, selon l’énergique expression du temps : mais il respecta la tour. Son but était d’en faire un trophée qui serait pour les générations futures un témoignage de la valeur des Romains, capables de prendre de semblables forteresses. Mais, dans ce respect de la tour de David, la Providence avait un but supérieur : celui de faire saluer Marie sur un trône que ni la longueur des siècles ni la main des hommes n’ont pu ébranler, au milieu des ruines qui l’entourent.

Résumons les qualités de la vivante et immortelle Tour de David : haute jusqu’au Très-Haut, avec cela d’une élégance incomparable, ferme à sa base et dans tout son être autant que le rocher de Pierre, munie abondamment de tous les genres possibles d’armures et de secours, la Vierge Marie apparaît de tous les points de l’Eglise, qu’elle domine et protège, comme étant la tour de David par excellence. Examinons maintenant comment elle protège tous ceux qui accourent se confier à elle, comment elle est leur défense inexpugnable ; et aussi, ce qu’elle aperçoit au loin, de son élévation. Car protéger et observer au loin, ce sont les deux buts pour lesquels une tour est construite.

Le premier but de la construction d’une tour est de protéger et de repousser : Marie protège tous ceux qui viennent se réfugier dans ses bras ; elle est leur tour inexpugnable

Se jeter dans ses bras, c’est se réfugier dans une tour inexpugnable. Il suffit qu’on lui dise : sainte Mère de Dieu, nous nous réfugions sous votre protection, sub tuum praesidium confugimus, sancta Dei genitrix, pour que la protection soit assurée et l’abri inviolable, quel que soit le péril et quel que soit le réfugié. Elle protège tout ce qui accourt à elle.

Voici une innocente enfant qui arrive tout effrayée, elle a compris le danger pour la première fois, elle fuit un ravisseur. « Divine Mère, j’ai peur, secourez-moi, entourez-moi » Oh ! comme la Tour de David étincelle de mille feux, de tous les feux de la grâce, pour préserver cette petite âme infiniment plus précieuse que ne l’étaient les maisons et jardins de Jérusalem sous la garde de l’ancienne tour.

Voici un pauvre être peureux dans les combats de la vie, un être timide comme il y en a tant, et qui n’ose se confier à personne. Mais il s’est blotti en quelque sorte auprès de Marie ; à elle, il ose dire sa timidité, montrer sa pauvreté, ses souffrances. Elle répondra pour lui, le gardera, le cachera en quelque sorte, le garantira, car elle est la Tour des timides, comme l’appelle délicieusement un Père, Turris ad pavidos(« Une tour [de refuge] pour les craintifs »).

Mais voici un pécheur, un grand pécheur, qui accourt lui demander protection. Il s’est décidé à briser avec une vie d’iniquités, à s’enfuir de la captivité ; il a jeté ses chaînes de déshonneur, et il est venu : mais le démon le poursuit, comme étant son maître. Il lui appartient en effet. Le tyran n’entend pas que sa proie lui échappe ; il le poursuit, le tourmente, va le reprendre. La tour s’ouvre : l’heureux fugitif se sent dans les bras de Marie, il est en sûreté. Le démon a beau multiplier aboiements de chiens furieux ou circuits de bête fauve : le cruel dévastateur est arrêté. Oh ! comme la rage l’agite et lui fait détester la Tour.

« Rends-moi tes armes », disait, dans l’antiquité, un assiégeant.

— « Viens les prendre », répondit l’assiégé.

Le démon dit à la Vierge : « Rends-moi cette âme, elle m’appartient. »

— « Viens la prendre », répond la Vierge.

Aussi bien, de la part de la Vierge, les stratagèmes de guerre ont la légèreté et la finesse de la femme. Que de fois n’aura-t-elle pas couvert de ridicule devant les anges, les poursuites et recherches de Lucifer, en renouvelant, en faveur d’une âme ou d’une institution, ce joli trait de la vie de saint Félix de Nole : « Le saint était poursuivi par des satellites. Il se cacha dans un trou d’une vieille muraille. Une toile d’araignée, qui tout à coup recouvrit l’entrée de cette ouverture, empêcha ses ennemis de soupçonner qu’un homme eût pu récemment passer par là. » Dans l’histoire du salut des âmes, un assemblage de fils, soudainement tissés sur un signe de Marie, vient souvent égarer des recherches savantes et homicides : la Tour se plait alors à dérouter et à confondre, moins avec un bouclier qu’avec une toile d’araignée, les poursuites retentissantes de l’enfer.

Honneur et merci à vous, ô Tour inexpugnable ! vos protections et vos victoires sont d’une variété infinie. Vous tenez en respect et àdistance les légions infernales. Elles vous considèrent avec rage et tremblement. Oh! lorsqu’on vous dit : Sainte Mère de Dieu, je me tiens près de vous, n’importe quelle tentation, n’importe quelle parole dangereuse, n’importe quelle flatterie perfide, n’importe quelles embûches, ressemblent à des flèches qui, lancées, retombent émoussées au pied de la Tour.

Qu’est-ce donc qui fait, ô Marie, que vous êtes inexpugnable ?

Un docteur répond :

C’est que, sur son territoire virginal, elle n’a jamais payé tribut au Diable.

Nous devons nous borner sur les réflexions des saints docteurs. Mais comment ne pas citer encore celle qui fait remarquer qu’une tour est quelquefois une prison. Si jamais mon coeur devenait volage, je vous demande, ô Marie, de l’enfermer en vous comme une prison d’amour. C’est l’aimable et forte pensée du B. Ernest de Prague : « Si nous sentons, dit-il, que notre coeur devienne volage, ou sensuel, ou grossier, ou larron, enfermons-le ; mais que ce soit dans la Tour de David, afin qu’il se civilise et se transforme :  « Une tour dans laquelle nous devons enfermer notre cœur — soit parce qu’il est fugitif, soit parce qu’il est lascif, soit parce qu’il est sauvage, soit parce qu’il est voleur et brigand — afin qu’il soit incarcéré, qu’il soit apprivoisé, qu’il soit transformé » (Turris in qua cor nostrum, aut quia fugitivum, aut quia lascivum, aut quia silvestre, aut quia fur et latro, recludere debemus, ut incarceretur, ut domesticetur, ut mutetur). Je vous l’apporte, ô Marie, ce léger, cet ingrat, enfermez-le dans la plus haute tour : mais vous-même, soyez sa prison d’amour.

Elle est aussi la forteresse de l’Église. Comment, à elle seule, elle a fait rouler dans le vide toutes les hérésies ; démonstration tirée des boucliers qui étaient appendus aux murailles de la tour de David

Du particulier passons au général. La protection offerte àchaque fidèle, la royale Tour de David l’étend àl’Eglise catholique tout entière. Elle se tient comme une forteresse au milieu de la cité de Dieu. En quelque endroit qu’il livre un assaut, l’ennemi la trouve comme une place de guerre.

Qu’on se représente une citadelle imprenable, le soir d’un assaut. Au bas de ses murailles gisent pêle-mêle des échelles brisées, des tronçons d’armes de toutes sortes, des machines de guerre abandonnées, et les fossés sont remplis de cadavres d’hommes et de chevaux. Tel est le spectacle que présente le dénouement de chaque hérésie ou de chaque persécution, dans l’histoire de l’Église : les assaillants sont étendus sans vie aux pieds de Marie. La Tour les a culbutés dans les ravins. Là, ont roulé, de siècle en siècle, l’arianisme, le nestorianisme, le pélagianisme, les tentatives des Sarrasins, Terreur des Albigeois, les complots des schismes et des hérésies : sur tous ces cadavres d’erreurs et de haines, l’Eglise universelle vient, à certains jours de fête, féliciter et acclamer la Vierge avec ce chant de triomphe : Réjouissez-vous, Vierge Marie ! à vous seule, vous avez détruit toutes les hérésies par tout l’univers.

Expliquons cette louange de l’Église. En quelle manière peut-on dire que la Vierge a exterminé, à elle seule, toutes les hérésies ? Il y a plusieurs solides explications. En voici une qui a le mérite d’être tirée de la tour même de David :

Cette royale et superbe forteresse, avons-nous dit plus haut, en citant le Cantique des cantiques, avait une ornementation étincelante qui contribuait à l’effroi des ennemis. Mille boucliers y étaient appendus, avec les armes des plus vaillants. Un passage du livre des Machabées achève de dépeindre l’effet que devait produire une pareille agglomération sur les flancs de la tour : Lorsque le soleil eut frappé de ses rayons les boucliers d’or et d’airain, il en rejaillit un éclat sur les montagnes d’alentour, qui brillèrent comme des lampes ardentes[1]. Ajoutons que, pour les boucliers d’acier ou d’airain, on augmentait leur brillant en les faisant reluire avec de l’huile ; voilà pourquoi il y a dans un endroit d’Isaïe cette exhortation : Princes, oignez vos boucliers[2].

Tels étaient, au temps de l’ancienne Loi, le but de défense et l’étincellement des boucliers rangés aux flancs de la tour de David.

Or, si remarquable que fût l’aspect triomphateur delà célèbre forteresse, il allait s’éclipser ou plutôt se fondre dans celui que le chant de l’Église salue de la sorte : Réjouissez-vous, Vierge Marie ! à vous seule, vous avez détruit toutes les hérésies par tout l’univers.

En effet, Marie a aussi ses boucliers et ses trophées d’armes. Apparaissez et rangez-vous autour de la Femme forte, pour l’aider à exterminer les hérésies, vaillants évêques, imposants conciles, providentiels athlètes ; vous ne faites qu’un avec elle, vous êtes sa ceinture de boucliers ; elle vous oppose à tous les assauts de l’enfer.

Quel bouclier que le grand Athanase, cet intrépide évêque d’Alexandrie ! Durant quarante-six ans il tint tête à l’arianisme qui niait la divinité du Christ. Demandant à la Vierge ses lumineuses réfutations, il se plaisait à répéter : Le Fils de Dieu s’est fait Fils de l’homme, pour que le Fils de l’Homme, c’est-à-dire d’Adam, fut fait Fils de Dieu. En proie à d’innombrables vexations et calamités de la part des ariens, puissants auprès des empereurs, il parcourut en exilé une grande partie de la terre. Il fut obligé de se cacher cinq ans dans une citerne desséchée, où un ami, qui seul connaissait sa retraite, lui apportait sa nourriture. À Alexandrie même, il dut chercher un refuge, durant quatre mois, dans le tombeau de son père. Mais pour l’indomptable évêque, citerne et tombeau étaient l’intérieur de la Tour de David, Le bréviaire romain termine sa biographie par cette fine remarque : « Après que Dieu l’eut conservé au milieu de tant et de si grands périls, il mourut dans son lit à Alexandrie » ; l’arianisme, au contraire, gisait dans le ravin.

Quel bouclier que saint Augustin, quels trophées d’armes que ses écrits ! Le manichéisme était alors une hydre à mille têtes, soufflant les désordres les plus honteux. La Tour d’ivoire les écrasa, par le bras et l’éloquence de son serviteur, Augustin opposait ainsi l’ivoire aux désordres : « C’est par vous, ô Mère du Seigneur, que la dignité virginale a pris commencement sur la terre ; par vous, ô Marie, qui avez mérité d’avoir un Fils, mais qui n’avez pas mérité de l’avoir en cessant d’être vierge. Pour l’honneur du Sauveur Jésus, je ne veux pas qu’il soit seulement question de vous, ô sainte Marie, quand il s’agit du péché. Nous savons que, pour vaincre le péché et le vaincre entièrement, il a été donné des grâces sans mesure à celle qui fut digne de concevoir et d’enfanter l’Impeccable. La beauté et la dignité delà terre, c’est vous, ô Vierge ! »

Quelle rangée de boucliers au concile d’Ephèse ! Cent quatre-vingt-dix-huit évêques étaient présents. L’antique exhortation : Princes, oignez vos boucliers, ne fut jamais mieux de circonstance, Nestorius, archevêque de Constantinople, avait osé contredire le dogme de la Maternité divine. Une immense acclamation indignée partit de l’assemblée d’Ephèse : Marie est Mère de Dieu ! Marie est Mère de Dieu! C’étaient toutes les armes de la Tour qui tombaient sur l’hérésiarque : le nestorianisme y resta enseveli.

Quel bouclier d’or que saint Dominique ! Il apparut, vêtu de blanc comme un archange et rayonnant comme un flambeau, au temps de l’hérésie des albigeois. Mélange impur d’erreurs déjà terrassées, ce nouveau venin du Dragon empoisonnait les châteaux et gagnait les chaumières. Il fallait un remède populaire, une arme toujours sous la main, l’Ave Maria fut disposé en couronne de prières, en arc dont la flèche était la croix. Sous la grêle de traits qui partaient de la Tour, le Dragon recula ; et depuis lors, chaque fois qu’on a recours à l’arc de Marie, il se tient prudemment à distance.

Voilà comment par ces exemples et beaucoup d’autres qu’on pourrait citer, Marie, défense inexpugnable de l’Eglise, est digne de cette louange : Réjouissez-vous, Vierge Marie ! à vous seule, vous avez exterminé les hérésies par tout l’univers.


Source : Abbé Joseph Lémann, La Mère des Chrétiens et la Reine de l’Église, IIème partie, Ch. XIII : La royale Tour de David, défense inexpugnableet observatoire de miséricorde au milieu dela Cité de Dieu.


[1] Ier livre des Machabées, VI, 39.

[2] ISAÏE, XXI, 5.

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