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La dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur, un remède pour notre temps

Par Brice Michel
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« Seigneur, montrez votre Face et nous serons sauvés » ( Ps.80, 19)

Pourquoi la dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur s’applique particulièrement à notre temps ?

La dévotion à la Saint Face n’est pas nouvelle. On pourrait dire que le culte de la douloureuse Face de Notre Seigneur Jésus-Christ a commencé quand Véronique se présenta à la rencontre de Notre Seigneur sur le Chemin du Calvaire : Véronique, s’avança vers Jésus compatissante, lui essuya, avec un mouchoir, son visage ruisselant de sueur, de sorte que l’empreinte de sa Face adorable y resta imprimée en traits sanglants.

Officiellement cependant, la dévotion à la Sainte-Face de Jésus-Christ ne fut approuvée par le Pape Léon XIII qu’au XIXème siècle, par un bref datant du 1er octobre 1885. Ce bref érigeait l’association diocésaine de Tours connue sous le nom de Confrérie de la Sainte Face, en Archiconfrérie pour toute l’Eglise. Cette confrérie avait vu le jour grâce au zèle de Léon Papin-Dupont, qui lui-même s’inspirait des révélations spéciales de la sœur Marie de Saint-Pierre à ce sujet, dont il avait eu connaissance.

Pour comprendre le sens de cette dévotion, il est utile de se référer à l ’ordonnance publiée le 25 octobre 1884 pour l’érection de cette Confrérie de la Sainte-Face par Mgr Guillaume-René Meignan, l’archevêque de Tours.

Dans ce texte Mgr Meignan y décrit ce culte comme « un moyen très propre à développer la vraie et solide piété en faisant connaître et aimer davantage la personne et les mystères de la vie et de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et en même temps un remède salutaire très efficace pour guérir ou réparer les maux de notre société contemporaine, tels que l’indifférence en matière de religion, la profanation des choses saintes, l’impiété sacrilège des libres penseurs et des francs-maçons »

Mgr Meignan énonce donc un double objet : un acte d’adoration et un acte de réparation. D’ailleurs, ces deux objets sont énoncés explicitement dans les statuts de l’Archiconférie . Ces derniers stipulent que l’objet de cette dévotion est d’:

« 1°Offrir à Notre-Seigneur-Jésus-Christ, devant son aimable et douloureuse Face représentée sur le voile de sainte Véronique les hommages d’adoration et d’amour compatissants qui lui sont dus ; »

et de

« 2° S’exciter par la vénération de cette antique et sainte Effigie à faire des actes de foi, de piété, de zèle et de pénitence propres à empêcher ou à expier les outrages inouïs que l’impiété moderne inflige à la majesté de Dieu, à la divinité de Notre-Seigneur et à l’autorité de l’Eglise. »

C’est ce deuxième objet, « l’expiation des outrages » qui fait de ce culte une dévotion particulièrement adaptée à notre époque marquée par l’apostasie et le rejet de la religion. C’est sur cet aspect qu’insiste d’ailleurs l’Abbé Janvier dans l’ouvrage qu’il consacra à ce sujet, publié en 1895: « Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face », publié initialement en 1895 et qui vient d’être republié par les éditions Saint-Rémi. [1]Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face. Abbé Jean-Pierre JANVIER.1895 (( https://saint-remi.fr/fr/piete-meditation/2780-manuel-de-larchiconfrerie-de-la-sainte-face-9782816206449.html

Dans le chapitre intitulé « NOTIONS GÉNÉRALES SUR LE CULTE RENDU A LA SAINTE – FACE DANS L’ARCHICONFRÉRIE » l’abbé Janvier écrit en effet :

« Les hommages que nous rendons à la Face endolorie du Rédempteur ont un but éminemment pratique et tout à fait d’actualité. Il s’agit d’offrir à la majesté divine offensée une juste réparation pour les outrages inouïs que l’impiété de notre époque ne craint pas, soit en secret, soit en public, d’infliger à la souveraineté de Dieu, à la divinité de Jésus-Christ, à tout ce qui est religieux et sacré. Parmi les crimes particuliers au temps où nous vivons, nous devons compter le blasphème et la profanation du dimanche. »

Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER.1895

Notons que la notion de blasphème évoquée par l’Abbé Janvier ne se limite pas au blasphème proprement dit, qui consiste dans la profanation de Dieu, mais qu’il l’entend de manière beaucoup plus large.

Ainsi dans son texte L’Abbé Janvier explique que le blasphème, chez l’homme moderne, peut prendre de nombreuses formes « : Non content d’outrager le Nom suradorable du Dieu trois fois saint, le blasphémateur moderne attaque Dieu personnellement ; il poursuit le Christ dans la vérité de sa doctrine, dans la morale de son Évangile, dans la pratique de ses sacrements, dans les droits et l’existence même de son Église » [2]Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER.1895 p.79

On peut donc ainsi distinguer :

-le blasphème doctrinal : toute attaque contre la vérité de la doctrine du Christ est aussi un blasphème. Cette forme de blasphème est particulièrement présente dans les doctrines de la Franc-Maçonnerie et dans les discours politiques publics qui sont aujourd’hui imprégnés de ces mêmes doctrines : laïcisme, indifférentisme religieux, libéralisme, rationalisme, naturalisme…

-le blasphème moral : il y a blasphème moral lorsqu’on nie les vérités morales enseignées dans l’Evangile et par la voix du Magistère de l’Eglise : par exemple aujourd’hui en proclamant un prétendu droit à l’avortement ou en autorisant le mariage civil entre personnes de même sexe.

-le blasphème contre les sacrements : la violation du dimanche, le non-respect des fêtes de précepte, la communion dans la main, la communion autorisée aux personnes adultères voire aux infidèles comme c’est le cas désormais malheureusement dans l’église conciliaire aujourd’hui.

-Le blasphème contre les droits de l’Eglise : lorsque l’Etat a interdit par exemple les messes pendant le confinement il s’agissait d’une atteinte gravissime aux droits de l’Eglise. L’Etat a totalement outrepassé le champ de son autorité (limité au domaine temporel) et empiété sur le domaine spirituel qui est réservé à l’Eglise.

-Le blasphème contre l’Eglise elle-même : le chemin de croix inclus dans ce Manuel de l’Archiconfrérie y fait explicitement référence en évoquant les « blasphémateurs et impies qui se jouent de la faiblesse apparente de l’Église qui l’outragent dans sa doctrine et la persécutent dans ses ministres. Outrager l’Église, outrager le Saint-Père, outrager les prêtres et les religieux, outrager les serviteurs de Dieu et les bons catholiques, c’est frapper Jésus au visage, c’est meurtrir sa Face adorable. »  A notre époque, l’Eglise et les prêtres font aujourd’hui régulièrement l’objet d’attaques, de moqueries de calomnies dans les médias la littérature, et le cinéma. Les attaques ne sont pas que verbales, s’ajoutent désormais les profanations et dégradations de lieux de culte et cimetières. En 2021 le service central du renseignement territorial (SCRT) a recensé par exemple 857 actes anti-chrétiens dont près des trois-quarts seraient des dégradations d’églises ou des profanations de cimetières, [3] https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220700493.html.

La multiplication de ces blasphèmes contre Dieu a nécessairement des conséquences, ils appellent des châtiments :

« Évidemment de tels désordres, si contraires à l’économie fondamentale de la religion, bouleversent en même temps l’ordre moral de la société, ruinent la famille par sa base, provoquent la vengeance du ciel. » [4] Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.80

Pour apaiser la colère divine des actes de réparation sont nécessaires. La célébration de la Sainte Messe est le principal bien sûr, mais le culte de la Sainte Face est un autre acte de réparation que nous pouvons faire : « Le moyen de réparer efficacement les crimes dont nous venons de parler se trouve d’une manière aussi touchante qu’admirable dans le culte de la sainte Face » [5] Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.81

La glorification et l’hommage à la Sainte Face a toujours existé dans l’histoire de l’Eglise. Le propre de la dévotion à la Sainte Face tel qu’il fut conçu par l’Archiconfrérie fut de lui associer cette dimension réparatrice qui semble si nécessaire étant donnée la multiplication des insultes individuelles et sociales commises envers Dieu à notre époque.

« attacher à ce culte déjà si consolant une idée réparatrice , établir un rapport direct entre le genre de crime qui outrage la plus la souveraine Majesté de Dieu et le genre d’insulte qui a le plus ignominieusement défiguré la Face de Jésus-Christ , voilà ce qui date de notre temps , ce qui caractérise la nouvelle Archiconfrérie . Il fallait, dans le blasphème et la profanation des choses saintes, un degré de scandale et de perversité inouï jusqu’alors pour faire envisager à la piété chrétienne la Face de Jésus, et ouvrir ainsi une voie efficace à la réparation. »

Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.82

C’est grâce aux lumières spéciales reçues par la soeur Marie de Saint-Pierre et à l’action de M. Dupont que le culte de la Sainte Face acquit cet aspect de réparation explique l’Abbé Janvier. C’est leur action et leur zèle pour cette dévotion qui ont permis de comprendre qu’à des besoins nouveaux il fallait un nouveau remède ». Le sens de cette dévotion est en effet d’offrir la Face de Notre Seigneur, le Fils au Père céleste afin qu’il la regarde et pardonne les péchés des hommes que le Christ a expié par sa Passion.

Dans cette dévotion particulière, le fait de contempler le visage souffrant du Christ a une efficacité spirituelle propre : elle nous excite à la componction, à la compassion et à la reconnaissance vis-à vis du sacrifice opéré par le Christ pour notre salut :

« On ne peut considérer sans un profond sentiment de componction ce front ensanglanté du Sauveur, ces yeux gonflés et à demi clos, ce visage livide et meurtri. Sur la joue droite, outre les blessures, on distingue comme l’empreinte du gantelet de fer de la main qui le frappa si cruellement dans la maison d’Anne, et, sur l’autre joue, plusieurs souillures de crachats. Le nez est écrasé et saignant, la bouche ouverte et pleine de sang ; les dents sont ébranlées, la barbe et les cheveux arrachés en plusieurs endroits. Ainsi altérée et déformée, la très sainte Face de Jésus n’en présente pas moins, dans son ensemble, un mélange ineffable de grandeur, de compassion, d’amour et de tristesse, qui impressionne tous ceux qui la regardent. Sous ces plaies sanglantes et ces crachats ignobles, l’âme chrétienne reconnaît la majesté de son Dieu, et, touchée de repentir à la vue de cette saisissante expiation de ses ingratitudes, elle s’abandonne sans réserve à une douce confiance et à un ardent amour pour son cher Rédempteur. »[6]Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face. Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.82

En honorant ainsi la Face de Notre Seigneur, sur les pas de Sainte Véronique qui fut la première à l’honorer ainsi, les personnes qui se voueront à ce culte se rendent utiles à l’Eglise, à la société aux âmes explique l’Abbé Janvier. En faisant cet acte de réparation pour les autres elles y gagneront de grandes grâces et des bénédictions personnelles.

Aspects historiques : comment la dévotion à la sainte Face de Notre Seigneur se développa au XIXème siècle

Cette dévotion commença à se développer à partir de l’année 1851. Notre-Seigneur se servit pour cela principalement de deux personnages d’une sainteté remarquable : l’un M. Dupont, mort en 1876 qui consacra sa foi et sa piété au service de cette cause ; l’autre une religieuse carmélite de Tours, la sœur Marie de Saint Pierre, morte en 1848, à laquelle Notre Seigneur a révélé combien cette dévotion lui est chère et combien elle est avantageuse à ceux qui s’y livrent.

M. Dupont rapporte dans une lettre un événement miraculeux qui nous fait comprendre les origines de l’intérêt particulier que cette dévotion rencontra en ce siècle :

 « Au mois de janvier 1849, pendant l’exil de Pie IX à Gaète des prières publiques, d’après les ordres du Saint Père, eurent lieu dans toutes les églises de Rome pour implorer la miséricorde du Tout-Puissant sur l’Etat pontifical. A cette occasion on exposa, à Saint-Pierre, le bois de la vraie croix et le voile de sainte Véronique. Or, sur ce voile on ne distingue presque plus les traits sacrés de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le troisième jour de l’exposition, le voile se colora de lui-même, et la figure de Notre-Seigneur se montra toute vivante au milieu d’une douce lumière. Les chanoines qui étaient de garde auprès de la sainte relique firent immédiatement avertir le clergé de la basilique ; on sonna les deux bourdons, le peuple accourut. L’impression la plus inexprimable était sur tous les visages ; beaucoup pleuraient, et tous étaient comme frappés du prodige. Un notaire apostolique fut appelé, un acte fut dressé pour constater le fait ; la copie de l’acte a été envoyée au Saint Père à Gaète. Pendant plusieurs jours on ne s’entretint à Rome que de cet étonnant prodige, qui dura trois heures. Le soir de ce prodige, on fit toucher quelques voiles en soie blanche, sur lesquels est représentée la sainte Face, au voile miraculeux. Ces voiles doivent être envoyés en France.»

(Extrait d’une lettre de M. Dupont.)

En effet c’est à la suite de l’événement qui vient d’être rapporté que s’introduisit l’usage d’envoyer en France des copies authentiques du voile de sainte Véronique.

M. Dupont eut l’idée d’en placer une de manière ostensible dans son salon, alluma devant elle une lampe pour y brûler jour et nuit, et ne cessa pendant vingt-cinq ans de l’honorer et d’obtenir par elle des grâces et des faveurs signalées en tout genre pour les personnes qui venaient le visiter chez lui. Il a rapporté dans ses écrits les nombreux miracles de guérisons ou de conversions qui se produisirent ainsi grâce à cette dévotion.

La Providence s’est également visiblement servie de la sœur Marie de Saint-Pierre à laquelle elle apprit combien cette dévotion lui était agréable. La Sœur Marie de Saint-Pierre eut un certain nombre de révélations sur la dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur qu’elle mit par écrit sur l’ordre de ses supérieures. M. Dupont avait eu connaissance de ces révélations.

Ces révélations nous donnent un éclairage très intéressant sur la signification de cette dévotion en les rattachant notamment à deux épisodes de la Vie du Christ : sa rencontre avec Sainte Véronique et le reniement de Saint Pierre :

Concernant sainte Véronique :

Le onze novembre 1845, la sœur Saint-Pierre écrivit

« Notre-Seigneur a transporté mon esprit dans la route du Calvaire, et m’a vivement représenté le pieux office que lui rendit sainte Véronique, qui, de son voile, essuya sa très sainte Face couverte alors de crachats, de poussière, de sueur et de sang. Ensuite, ce Divin Sauveur m’a fait entendre que les impies renouvelaient actuellement par leurs blasphèmes, les outrages faits à sa sainte Face, et j’ai compris que tous ces blasphèmes, lancés par les impies contre la Divinité qu’ils ne peuvent atteindre, retombent comme les crachats des Juifs sur la sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui s’est fait victime pour les pécheurs. Ensuite, j’ai compris que Notre-Seigneur disait qu’en s’appliquant à l’exercice de la réparation des blasphèmes, (par la dévotion à la sainte Face) on lui rendait le même service que lui rendit la pieuse Véronique, et qu’il regardait les personnes qui le lui rendaient avec les yeux de la même complaisance dont il regarda cette sainte femme lors de sa Passion. »

« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ»[7]« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur … Continue reading

Concernant saint-Pierre voici la révélation où le Christ lui explicite la vertu particulière de sa Sainte Face pour réimprimer l’image de Dieu dans les âmes entachées par le péché :

« Il y a des hommes sur la terre qui ont l’art de restaurer les corps, mais il n’y a que moi qu’on puisse appeler le restaurateur des âmes à l’image de Dieu. Eh bien ! Voilà la grâce que je promets à quiconque s’appliquera à rendre à ma Face adorable les honneurs et les adorations qu’elle mérite, dans l’intention de réparer, par ces hommages, les opprobres qu’elle reçoit des blasphémateurs. […] Et Notre-Seigneur, me montra, dans l’Apôtre Saint-Pierre, un exemple de la vertu de sa sainte Face. Cet apôtre avait, par son péché, effacé l’image de Dieu dans son âme ; mais Jésus se tourna vers lui, vers cet apôtre infidèle qui devint pénitent : Jésus regarda Pierre et Pierre pleura amèrement. Cette Face adorable est comme le cachet de la Divinité, qui a la vertu de réimprimer, dans les âmes qui s’appliquent à elle, l’image de Dieu. »

« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ»[8]« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur … Continue reading

En quoi consiste la dévotion à la sainte Face de Notre Seigneur

Pour comprendre en quoi consiste cette dévotion, référons nous à nouveau aux statuts de l’ Archiconfrérie de la Sainte-Face. Ces statuts obligent notamment les associés à :

«1° Réciter chaque jour aux intentions de la confrérie, en latin ou en français : Pater Ave, Gloria, et cette invocation : ” Seigneur, montrez votre Face, et nous serons sauvés ; “

 2° Porter sur eux une petite effigie de la sainte Face sur croix, médaille ou scapulaire

 3° S’unir d’intention aux exercices de piété qui se feront le premier vendredi de chaque mois dans la chapelle du monastère, et qui consisteront en un seul salut solennel avec bénédiction du très saint Sacrement et une Amende Honorable ;

4° Propager selon leur pouvoir la dévotion à la douloureuse Face du Sauveur ;

5° Enfin être inscrits régulièrement sur le registre de l’Association. »[9]Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face. Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 p. 65

La devise de la confrérie est « Seigneur, montrez votre Face et nous serons sauvés » qui est tirée du Psaume 80.

Et voici les Conseils aux associés » qu’on trouve également dans ces statuts :

“1º Porter sur moi une image de la sainte Face ; la baiser dévotement le matin à son réveil, le soir avant de s’endormir ; consacrer ses actions du jour à Notre – Seigneur Jésus-Christ, se proposer de les accomplir en sa présence et sous son regard.

2º Au commencement de ses prières ou d’un exercice de piété, comme moyen facile de se mettre en la présence de Dieu et de combattre les distractions, penser à la sainte Face dont l’oeil est ouvert et fixé sur nous ; l’adorer avec foi, la regarder avec amour.

3º Devant le saint Sacrement se rappeler, ce qui est vrai, que la Face du Sauveur est là présente dans la sainte Hostie ; elle nous voit, elle nous écoute, elle nous bénit, elle nous parle intérieurement.

4° S’efforcer dans sa conduite d’imiter les vertus de patience, de douceur, de sérénité, de modestie qui ont brillé dans la sainte Face. Écoutez le divin Maître, qui disait : Apprenez de moi, en me voyant, que je suis doux de visage et humble de cœur, sachant qu’en effet la douceur et l’humilité du cœur de Jésus se sont, comme dans un très pur miroir, admirablement reflétées sur le visage de l’Homme – Dieu.

5º Dans les épreuves, maladies, accidents, tentations, se prosterner devant l’image de la Sainte Face, soit dans son oratoire privé, soit surtout à l’église de la Confrérie où elle est publiquement exposée.”

Promesses de Notre Seigneur à ceux qui honoreront sa Sainte Face

Au travers des écrits de Sainte Gertrude, de Sainte Mechtilde et de la sœur Marie de Saint-Pierre, il est possible de dégager un certain nombre de promesses faites par le Christ aux personnes ayant une dévotion particulière pour sa Sainte-Face :

I. « Ils recevront en eux, par l’impression de mon humanité, un vif éclat de ma divinité, et ils en seront éclairés au fond de l’âme, en sorte que, par la ressemblance de mon visage, ils brilleront plus que beaucoup d’autres dans la vie éternelle. » (Sainte Gertrude, Insinuations, liv. IV, chap. VII.)

II. Sainte Mechtilde demandant à Notre-Seigneur que ceux qui célèbrent la mémoire de sa douce Face ne soient jamais privés de son aimable compagnie, il répondit : « Pas un d’eux ne doit être séparé de moi. » (Sainte Mechtilde, De la Grâce spirit., liv. Ier, ch. XIII. )

III. « Notre – Seigneur, dit la sœur Saint- Pierre, m’a promis d’imprimer dans les âmes de ceux qui honoreront sa très sainte Face les traits de sa divine ressemblance (21 janvier 1844). — Cette Face adorable est comme le cachet de la divinité qui a la vertu de réimprimer, dans les âmes qui s’appliquent à elle, l’image de Dieu. » (6 novembre 1845.)

IV. « Par ma sainte Face, vous ferez des prodiges. » (27 octobre 1845.)

V. « Vous obtiendrez, par ma sainte Face, le salut de beaucoup de pécheurs. Par cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez combien la vue de ma Face est agréable à mon Père ! » (22 novembre 1846.)

VI. « De même que, dans un royaume, on se procure tout ce qu’on peut désirer avec une pièce de monnaie marquée à l’effigie du prince, ainsi avec la pièce précieuse de ma sainte humanité, qui est ma Face adorable, vous obtiendrez dans le royaume des cieux tout ce que vous voudrez. » (29 octobre 1845.)

VII. « Selon le soin que vous aurez de réparer mon portrait défiguré par les blasphémateurs, de même j’aurai soin du vôtre qui a été défiguré par le péché ; j’y réimprimerai mon image, et je le rendrai aussi beau qu’il était au sortir des fonts du baptême. » (3 novembre 1845.)

VIII. « Notre – Seigneur m’a promis, dit encore la sœur Saint-Pierre, pour tous ceux qui défendraient sa cause, en cette œuvre de réparation, par paroles, par prières ou par écrit, qu’il défendrait leur cause devant son Père ; à leur mort, il essuiera la face de leur âme, en effaçant les taches du péché, et leur rendra leur beauté primitive. » (12 mars 1846.)

Prières pour la dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur

La deuxième, troisième et quatrième partie du Manuel de l’Archiconfrérie regroupent de nombreuses prières et actes de dévotion pour honorer la Sainte Face : des invocations, un chemin de Croix, un acte de Consécrations, des litanies, des cantiques, une messe, un Rosaire…

Voici deux de ces prières, qui sont très belles : l’ «Amende honorable à la Sainte Face » et les « Louanges de la Sainte Face » :

Amende honorable à la Sainte Face

O Face adorable de Jésus notre Sauveur, nous voici humblement prosternés devant votre souveraine Majesté pour vous faire amende honorable de tous les péchés de blasphèmes lancés contre votre Divinité. O vous le chef-d’œuvre des mains du Tout Puissant ! O vous l’expression la plus fidèle de la Divinité qui habite en Jésus ! En quel état vous voyons-vous réduit pour notre amour ? Ces plaies qui vous défigurent, ces larmes qui s’échappent de vos yeux sacrés, ce sang qui coule à longs traits sur vos joues meurtries et profanées, sont autant de témoignages qui nous parlent hautement de l’amour de Dieu pour les hommes et de l’ingratitude des hommes envers ce Dieu de toute miséricorde ! Ah ! ce n’est plus seulement sur le Calvaire d’il y a dix-huit siècles, qu’il faut vous chercher aujourd’hui ! Ce n’est plus sous les crachats et les soufflets de vos bourreaux perfides qu’il faut essayer de reconnaître en vous les traits sacrés et divins de notre Sauveur bien-aimé !

Humblement prosternés devant vous, ô Face adorable de Jésus, notre doux Sauveur, nous vous faisons amende honorable publique et solennelle de tous les péchés de blasphèmes qui déchirent le sein de l’Eglise, notre mère ! Que pouvons-nous offrir au Père éternel pour apaiser sa colère justement irritée contre le monde, sinon vous-même, ô Face sacrée et bien-aimée ! Vous avec vos larmes et votre sang ! Vous avec vos fatigues et votre tristesse ! Vous avec vos douleurs et votre mort ! Prosternés, anéantis devant la Majesté de ce Dieu outragé, nous suspendrons les arrêts de sa Justice, nous obtiendrons grâce et nous nous écrierons, avec tout l’accent de notre foi : Ô Dieu notre protecteur ! regardez-nous et jetez les yeux sur la Face de votre Christ. Ainsi soit-il » [10]« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur … Continue reading

Louanges de la sainte face

Que Jésus soit béni !

Bénie soit la sainte Face de Jésus !

Bénie soit la sainte Face dans la majesté et la beauté de ses traits célestes !

Bénie soit la sainte Face dans toutes les paroles sorties de sa bouche divine !

Bénie soit la sainte Face dans tous les regards échappés de ses yeux adorables !

Bénie soit la sainte Face dans la transfiguration du Thabor !

Bénie soit la sainte Face dans les fatigues de son apostolat !

Bénie soit la sainte Face dans la sueur de sang de son agonie !

Bénie soit la sainte Face dans les humiliations de la Passion !

Bénie soit la sainte Face dans les douleurs de la mort !

Bénie soit la sainte Face dans l’éclat de la Résurrection !

Bénie soit la sainte Face dans les splendeurs de la lumière éternelle ! [11]« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur … Continue reading

La Prière de Sœur Marie de Saint-Pierre « Ô Face Adorable de Jésus, imprimez en nous tous les traits de Votre divine Ressemblance »

« Je Vous salue, je Vous adore et je Vous aime, ô Face Adorable de Jésus, mon Bien-Aimé, noble cachet de la divinité. Je m’applique à Vous de toutes les puissances de mon âme et Vous prie très humblement d’imprimer en nous tous les traits de Votre divine Ressemblance. Ainsi soit-il. »[12] Source: https://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-de-Soeur-Marie-de-Saint-Pierre

Conclusion

Concluons avec cette exhortation tirée de l’ouvrage « Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ » (1887) [13]« Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur … Continue reading

« O vous, qui cherchez le moyen le plus efficace de vous sauver vous-même et de sauver ceux qui vous sont chers, entourez d’hommages la fidèle et touchante copie de la vénérable image dont elle a le dépôt sacré ! Regardez cette Face divine de votre Sauveur pleurant, souffrant, expirant de douleur et d’amour pour vous ! A sa vue laissez-vous émouvoir et attendrir. Présentez-la ainsi au Père céleste en disant avec l’accent de la foi et l’humilité d’un cœur contrit : « O Dieu, notre protecteur, voyez où nous en sommes ; regardez la Face de votre Christ, et sauvez-nous ! »

Notes

Notes
1 Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face. Abbé Jean-Pierre JANVIER.1895 (( https://saint-remi.fr/fr/piete-meditation/2780-manuel-de-larchiconfrerie-de-la-sainte-face-9782816206449.html
2 Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER.1895 p.79
3 https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220700493.html.
4 Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.80
5 Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face revue Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.81
6 Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face. Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 P.82
7, 8 « Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ». Éditeur: J.A. Langlais, Québec, 1887. P.48 https://ia802806.us.archive.org/1/items/cihm_06731/cihm_06731.pdf
9 Manuel de l’Archiconfrérie de la Sainte-Face. Abbé Jean-Pierre JANVIER 1895 p. 65
10 « Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ». Éditeur: J.A. Langlais, Québec, 1887. p.71 https://ia802806.us.archive.org/1/items/cihm_06731/cihm_06731.pdf
11 « Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ». Éditeur: J.A. Langlais, Québec, 1887. p.79 https://ia802806.us.archive.org/1/items/cihm_06731/cihm_06731.pdf
12 Source: https://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-de-Soeur-Marie-de-Saint-Pierre
13 « Dévotion à la Sainte Face de Notre Seigneur Jésus-Christ avec prières, neuvaine, chemin de la croix à l’honneur de la sainte Face et la messe de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ». Éditeur: J.A. Langlais, Québec, 1887. p.26

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