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Le Règne social de Jésus-Christ ou le mondialisme : il faut choisir

Par Brice Michel
regne social dchrist

Laïcisme, guerre contre l’enseignement catholique, promotions de mœurs contre-nature, apologie du blasphème, interdiction de la messe pendant les confinement, les temps d’apostasie dans lesquels nous vivons voient les attaques se multiplier contre le Règne social de Jésus-Christ. La République s’acharne aujourd’hui à effacer toute trace de culture chrétienne dans l’espace public. Mais cela ne doit pas nous étonner, il ne s’agit pas d’une dérive, nous devons comprendre que la République ne fait en cela que poursuivre sa vocation initiale.

La République d’inspiration maçonnique est en effet née de la volonté d’en finir avec l’ordre chrétien : renverser le Trône (la Royauté) pour détruire l’Autel (l’Eglise). Dans l’esprit des révolutionnaires, la République n’était qu’une étape (lire Anacharsis Cloots. La République Universelle du Genre Humain ), le but final étant l’instauration d’un gouvernement mondial. Or l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial passe nécessairement par la destruction de la souveraineté des nations et de l’ordre moral chrétien.

C’est dans ce projet à long terme que s’inscrit la mission que Macron s’est vu confier par l’oligarchie mondialiste. Son action politique serait incompréhensible si nous n’avons n’a pas ce projet mondialiste à l’esprit. Il suffit d’observer. Sur le plan :

– institutionnel : déconstruction de la France pour achever sa conversion en région de l’Union Européenne.

– économique : vente à l’étranger d’actifs industriels (Alstom, Alcatel-Lucent, Technip, aéroport Toulouse-Blagnac),

– moral : la défense du « droit » au blasphème ou du « droit » à l’avortement,

– culturel : culpabilisation des français par la repentance permanente et reniement explicite de la culture française (« il n’y a pas une culture française »)

-international : stratégie de la tension en mettant par exemple de l’huile sur le feu dans le conflit en Ukraine (livraison d’armes)

En résumé : destruction de la souveraineté politique, destruction de l’autonomie et de la puissance économique de la France, perversion de l’ordre moral, chaos social, effacement de la culture nationale et discrédit de la France à l’international, on le voit, tout dans l’action de Macron concourt à affaiblir la France et à miner les conditions de sa survie en tant que nation.

Macron ne fait que parachever le travail de déconstruction initié par la Révolution de 1789. Sous le costume cravate et le CV de banquier, ne nous y trompons pas nous avons bien affaire à un révolutionnaire, un marxiste. L’essai qu’il avait publié en 2016, juste avant de se lancer dans la campagne électorale, n’était-il pas intitulé « Révolution» ?

Arrivés à ce stade, soit la Révolution ira donc à son terme avec le chaos et la destruction finale de notre nation, soit nous reviendrons au christianisme pour rebâtir la France, il n’y a pas d’alternative :

« De plus en plus la question du Règne social du Christ se posera, de plus en plus elle se discutera, car la lutte va s’engager entre les partisans déclarés du Christ et de sa civilisation et les tenants de la civilisation païenne et athée. »

Père Théotime de Saint Just, La Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ,1923 p.10

Si ce qui fut visé par la Révolution fut le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ, alors en toute logique pour résister à la Révolution, il nous faut travailler à rétablir ce Règne social, en étudiant la doctrine de la Royauté de Jésus-Christ, en la professant et en la mettant en pratique.

Pourtant la doctrine de la Royauté sociale du Christ est sans-doute une des doctrines les plus méconnues parmi les doctrines catholiques. Dans cet article nous rappellerons donc les points principaux et les fondements de cette doctrine et nous verrons ce que nous, en tant que laïcs, pouvons faire pour travailler au Règne social de Jésus-Christ.

Nous nous appuierons notamment sur les écrits des papes Léon XIII, Pie X, Pie XI, notamment ses encycliques Ubi arcano Dei consilio et Quas Primas (encyclique dans laquelle Pie XI institua la fête du Christ-Roi), ainsi que les écrits du Cardinal Pie [1]La Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ du Père Théotime de Saint Just, qui s’appuie sur les écrits du Cardinal Pie,et de Mgr Albert Nègre [2]Le Règne social du Sacré-Coeur.1921. Mgr Albert Nègre .

L’importance de la doctrine du Règne social de Jésus-Christ rappelée par les papes

Le régime dans lequel nous vivons aujourd’hui en Occident est celui de l’athéisme légal, c’est-à-dire l’inverse inverse exact du régime du Règne social de Jésus-Christ, régime dans lequel, au contraire, sont proclamés officiellement les droits de Jésus-Christ sur la société. L’Etat moderne issu de 1789 est un état d’apostasie où la société est séparée de Dieu et comme déconnecté de sa source spirituelle. Comprenons que si aucun remède n’est apporté, la mort spirituelle des sociétés occidentales aboutira inéluctablement à leur mort temporelle. Ce processus est déjà bien avancé pour la France qui est aujourd’hui dans ce qu’on pourrait appeler un état de phase terminal, à l’heure de l’immigration de masse, du terrorisme, de la paupérisation, des violences quotidiennes et de l’insécurité.

Déjà Benoît XV (1854-1922) avait déclaré en son temps :

« c’est l’athéisme légal érigé en système de civilisation qui a précipité le monde dans un déluge de sang »

Allocution au Sacré Collège, Noël 1917. Benoît XV

Le pape Pie XI, à sa suite, expliqua que l’abandon des principes politiques de l’Etat chrétien était la cause principale des problèmes de notre époque.

Dans son encyclique UBI ARCANO DEI CONSILIO,DE LA PAIX DU CHRIST DANS LE RÈGNE DE DIEU du 23 décembre 1922, le pape PIE XI dressa la liste des maux de l’époque : guerres internationales, luttes intestines au sein des nations (lutte des classes, guerre des partis), terrorisme, criminalité, épidémies, destruction de la famille, pauvreté, insubordination, arrêt de l’industrie, crise du commerce international, déclin de la littérature et de l’art bref «  un trouble et un chaos universels» au milieu duquel « l’humanité semble retourner à la barbarie. » Il affirma explicitement dans cette encyclique que ce chaos général tenait au fait que l’autorité de Dieu n’était plus reconnue comme fondement de l’ordre politique :

« C’est pour s’être misérablement séparés de Dieu et de Jésus-Christ que de leur bonheur d’autrefois les hommes sont tombés dans cet abîme de maux ; c’est pour la même raison que sont frappés d’une stérilité à peu près complète tous les programmes qu’ils échafaudent en vue de réparer les pertes et de sauver ce qui reste de tant de ruines. Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l’autorité ne tirant plus son origine de Dieu, mais des hommes, les lois ont perdu la garantie de sanctions réelles et efficaces, ainsi que des principes souverains du droit, qui, aux yeux mêmes de philosophes païens comme Cicéron, ne peuvent dériver que de la loi éternelle de Dieu ; bien plus, les bases mêmes de l’autorité ont été renversées dès là qu’on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d’obéir pour les autres. Inéluctablement, il s’en est suivi un ébranlement de la société tout entière, désormais privée de soutien et d’appui solides, livrée en proie aux factions qui briguaient le pouvoir pour assurer leurs propres intérêts et non ceux de la patrie. »

UBI ARCANO DEI CONSILIO, DE LA PAIX DU CHRIST DANS LE RÈGNE DE DIEU du 23 décembre 1922 .Pape PIE XI.

Le remède est évident explique-t-il, il faut revenir à ce principe en remettant Dieu au fondement de la politique et au centre de la vie sociale. Ce n’est qu’à ce prix que reviendra l’ordre :

« Le jour où Etats et gouvernements se feront un devoir sacré de se régler, dans leur vie politique, au dedans et au dehors, sur les enseignements et les préceptes de Jésus-Christ, alors, mais alors seulement, ils jouiront à l’intérieur d’une paix profitable, entretiendront des rapports de mutuelle confiance, et résoudront pacifiquement les conflits qui pourraient surgir. »

UBI ARCANO DEI CONSILIO, DE LA PAIX DU CHRIST DANS LE RÈGNE DE DIEU du 23 décembre 1922 .Pape PIE XI

Il y résume son programme par une formule simple qui reprend celui de Benoît XV et de Pie X avant lui :« la paix du Christ par le règne du Christ».

« Pour que la société chrétienne bénéficie de tous ces précieux avantages et qu’elle les conserve, il faut faire connaître le plus possible la doctrine de la dignité royale de notre Sauveur »

Quas Primas Pie XI 1925

Ce programme de restauration du Règne social du Christ voulu par Pie XI trouva sa traduction notamment par l’instauration de la fête du Christ-Roi avec l’encyclique Quas primas, le 11 décembre 1925. Cette lettre encyclique du pape Pie XI détaille la notion de la royauté sociale de Jésus-Christ et invite les catholiques à s’approprier cette doctrine et à la promouvoir :

Qu’est-ce que la doctrine du Règne social de Jésus-Christ?

En un mot, cette doctrine signifie que Jésus-Christ est Roi de droit et de fait de toutes les nations et que celle-ci doivent donc reconnaître cette royauté et s’organiser sur la base de ce principe pour y conformer leurs institutions et leurs lois. C’est l’idéal qu’a suivi le Moyen Âge et qui commencé à être abandonné avec la révolte des empereurs d’Allemagne et de Philippe-le-Bel en France.

Le pape Léon XIII résume cette doctrine ainsi :

« Celui qui est le Créateur et aussi le Rédempteur de la nature humaine, le Fils de Dieu, est le Roi et le maître de l’univers et possède une souveraine puissance sur les hommes soit pris séparément, soit réunis en société. La loi du Christ doit donc avoir une valeur telle, qu’elle serve à diriger et à gouverner non seulement la vie privée, mais aussi la vie publique… » Encyclique « De Christo Redemptore »

Pape Léon XIII.1900

La Royauté de Jésus-Christ est donc cette « puissance de gouverner ses sujets » qu’il possède en tant que Créateur et Sauveur, « le pouvoir de gouverner un peuple, une nation».

Ce titre de Roi que possède Jésus-Christ est à distinguer de ses autres titres : Seigneur, Sauveur, Rédempteur, Pontife et Docteur. Jésus-Christ, en effet est non seulement :

-Seigneur, en tant que propriétaire et maître de toutes les créatures

-Sauveur, en tant que garant de notre Salut éternel,

-Rédempteur, parce qu’il a payé pour nous la rançon du péché originel

-Pontife, en tant que victime immolée et sacrificateur dans le Sacrifice de la Croix

-Docteur, car il nous enseigne et enfin

-Roi pour gouverner et commander.

Cette Royauté que possède le Christ sur les nations est un réel pouvoir législatif, exécutif et judiciaire.

Il s’agit bien, explique Mgr Nègre d’

« une véritable juridiction, une autorité munie du triple pouvoir de faire des lois, de prononcer des jugements sur les observateurs et les violateurs de ces lois, de décerner des récompenses et des peines suivant les mérites et les démérites et, comme conséquence, d’établir dans la société des délégués ou des magistrats qui participent à la puissance publique et au gouvernement. »

Mgr Albert Nègre.Le Règne social du Sacré-Coeur.1921

Cette Royauté vient compléter les différents titres de Jésus-Christ afin de servir en quelque sorte de garde-fou à la volonté des hommes qui est fragile dans l’application des vertus et à celles des chefs des Nations souvent réfractaire à promouvoir le bien commun.

Pour être précis, explique Mgr Nègre il faut distinguer la Royauté de Jésus-Christ du Règne de Jésus-Christ. La Royauté est le pouvoir, le droit de gouverner, tandis que le Règne est l’exercice effectif de cette Royauté en acte, dans l’ordre des faits :

« La royauté, c’est le pouvoir de gouverner ; le règne, c’est l’exercice de ce pouvoir, ou l’action de gouverner. »

Mgr Albert Nègre.Le Règne social du Sacré-Coeur.1921

Notons que le Christ est roi en droit, mais il délègue ce pouvoir aux pouvoirs établis, il n’exerce pas ce droit directement. Le régime défendu par l’Eglise n’est pas une théocratie.

« Comme roi de toutes les sociétés de ce monde, Jésus-Christ est possesseur en droit, non seulement du pouvoir spirituel, mais encore du pouvoir temporel. Mais, en fait, a-t-il voulu exercer son pouvoir temporel sur la société civile, et l’exercer soit par lui-même soit par son Église ? Non, répondons-nous, ni par lui-même ni par l’autorité ecclésiastique. Il n’était pas dans son dessein d’utiliser ainsi son pouvoir temporel. Il en abandonne l’usage à l’État, aux magistrats civils. »

Mgr Albert Nègre.Le Règne social du Sacré-Coeur.1921

Le pouvoir qu’ont certains hommes de légiférer, de juger et d’exercer l’autorité au sein des nations leur est en réalité délégué par Jésus-Christ et est donc exercé en vertu d’une délégation de pouvoirs. De même que les chefs de l’Eglise dans le domaine spirituel, ils représentent leurs peuples auprès de Dieu dans l’ ordre qui leur est propre, l’ordre temporel et c’est au nom de Dieu qu’ils exercent l’autorité sur les nations.

Jésus-Christ transfère ainsi une partie de ses pouvoirs et ses responsabilités à ces personnes qui lui sont subordonnées, qui sont ses délégataires. Les hommes qui exercent cette autorité rendront compte devant Dieu de ce pouvoir qu’ils ont reçu, car ils doivent l’exercer en conformité avec ses commandements et en vue du bien, c’est-à-dire du salut des âmes.

On voit d’ailleurs que cette doctrine s’oppose frontalement au concept de souveraineté populaire qui est condamné par le Magistère de l’Eglise : l’utilisation légitime du pouvoir ne nécessite pas absolument l’accord des personnes concernées. Au contraire, selon la doctrine du Règne social de Jésus-Christ, la légitimité d’un chef lui vient de Dieu, et non pas du peuple.

Si le Christ n’exerce pas directement sa royauté sur l’ordre temporel comment s’exerce donc ce règne ? « Indirectement », répond Mgr Nègre par l’intermédiaire de la morale et de l’autorité de l’Eglise à laquelle doivent se soumettre les représentants de l’Etat.

« Il règne, disons-nous fermement, il règne sur la société civile, sur l’État ; non cependant par son pouvoir temporel, dont il n’use pas, mais par son pouvoir spirituel. Et ce pouvoir spirituel, il l’exerce sur l’État de trois manières : en lui imposant sa religion, sa morale et l’autorité de son Église. »

Mgr Albert Nègre.Le Règne social du Sacré-Coeur.1921

La forme du gouvernement est donc laissée libre, en revanche quelle que soit cette forme celui-ci doit être subordonné à la loi divine.

Les principes de la doctrine du Règne social du Christ :

Pour résumer, on peut ainsi lister les différents principes qui composent cette doctrine du Règne social de Jésus-Christ:

-Reconnaissance par chaque peuple que Jésus-Christ est de droit et doit être de fait le Roi de la nation,

-Soumission, dans l’ordre spirituel, du souverain comme des sujets, au Vicaire du Christ ce qui implique la reconnaissance de l’autorité du pape par l’autorité publique

– Collaboration du Pape et du Souverain en vue d’obtenir la prospérité temporelle et la préparation à la vie éternelle (fin de toute société chrétienne)

-Conformité des lois humaines à la loi divine pour régler les mœurs, réprimer le mal, favoriser le bien (L’Evangile doit être la source des lois civiles)

Quelles sont les conséquences de cette doctrine du Règne social du Christ et comment se traduit-elle concrètement ? 

-Les peuples et leurs chefs doivent faire profession publique de la religion catholique. La neutralité de l’État dans le domaine religieux est en réalité un blasphème : donner les mêmes droits à toutes les religions n’est pas légitime, puisqu’en plus d’être une atteinte à la vérité (la seule religion voulue et agréée par Dieu est la religion catholique) cela signifie que le Christ n’est pas reconnu comme Roi. Cette reconnaissance de la Royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ doit au contraire se traduire par une reconnaissance officielle de l’Église catholique dans la Constitution comme étant la vraie et unique Église.

-L’État est tenu de rendre à Dieu un culte public : c’est-à-dire qu’en plus de reconnaître la Royauté du Christ dans les textes officiels, les gouvernants se doivent d’assister au culte public et aux fêtes religieuses. Ils doivent rendre un hommage public à Dieu en tant que gouvernants, au nom de la nation.

-Les gouvernants et les peuples doivent conformer leurs actes, leurs institutions et leurs lois à la religion catholique :

« Sa royauté exige que l’Etat tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une bonne discipline des moeurs »

Encyclique « Quas Primas ».Pie XI

Les gouvernements en exercice doivent donc par exemple supprimer les lois octroyant un droit à l’avortement. Preuve que cela est possible en 2022, les Etats-Unis viennent de le faire : la Cour Suprême a supprimé le droit constitutionnel à l’avortement le 24 juin 2022, jour de la Fête du Sacré-Cœur!

-C’est le devoir strict des autorités d’interdire par des lois tout ce qui porte atteinte à l’ordre social-chrétien:

-De manière générale, l’Etat doit s’interdire toute action nuisible au bien spirituel des sujets et quand il peut,il doit agir au service de ce même bien religieux et moral.

Les preuves de la doctrine du règne social de Jésus-Christ

La doctrine du règne social de Jésus-Christ se fonde sont sur trois types de preuves : la preuve par l’Ecriture, par la tradition et par la raison.

Preuves scripturaires de la Royauté de Jésus-Christ et de son empire sur les nations 

« Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées vint comme un Fils d’homme. Il s’avança jusqu’au vieillard et on l’amena devant lui. Et celui-ci lui donna puissance, gloire et règne, et tous les peuples, nations et langues le servirent, sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son royaume ne sera jamais détruit » Daniel, VII 13-14.

« Tu vas concevoir et tu enfanteras un fils… Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père. Il régnera à jamais sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin » Luc, I 31 et 33.

« Yahweh m’a dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. Demande, et je te donnerai les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre. »Ps 2

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Mt 2.2

« Pilate lui demande : Vous êtes donc roi : Ergo rex es tu? Vous l’avez dit, répond Jésus »Jn 18.37

« Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. »Jn 19.19

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » Mat XXVIII, 18

« vous avez mis toutes choses sous ses pieds.  » En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé en dehors de son empire. Or à présent nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient soumises. » Hebr.2.8

« Jésus, s’approchant, leur parla ainsi : Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations» Mt 28.18

A Saint Jean, il apparaît comme le « prince du roi de la terre » (Apocalypse I, 5) et le « Roi des rois et Seigneur des Seigneurs » (id. XIX, 16).

« Notre Père qui êtes dans les cieux, que Votre nom soit sanctifié, que Votre règne arrive, que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel »Matthieu 6:9

A propos des paroles du Notre-Père, Mgr Pie écrit:

« Jésus-Christ, en traçant l’oraison dominicale, a mis ordre à ce qu’aucun des siens ne pût accomplir le premier acte de la religion qui est la prière, sans se mettre en rapport, selon son degré d’intelligence et selon l’étendue de l’horizon ouvert devant lui, avec tout ce qui peut avancer ou retarder, favoriser ou empêcher le règne de Dieu sur la terre. »

Mgr Pie – 8 novembre 1859 – Homélie sur le panégyrique de saint Émilien

 Il ne s’agit pas que d’un règne spirituel, il est question également d’un règne « sur la terre », un règne temporel et social du Christ.

Preuves par la tradition

 Les Pères de l’Eglise mais également les canons des Conciles, les Décrétales et les Lettres des Papes, les ordonnances des rois confirment cette doctrine. On peut également citer le testament de Saint-Rémi établissant la royauté de Clovis et la fondant sur l’autorité de Dieu ou la triple donation de Jeanne d’Arc avec Charles VII qui vient renouveler ce pacte entre la royauté française et Dieu en 1429.

Parmi les Pères de l’Eglise, citons Saint Augustin qui enseignait déjà cette doctrine notamment le devoir qu’ont les chefs d’Etat de faire des lois qui accordent protection à l’Eglise mais également saint Hilaire, saint Martin, saint Athanase et saint Ambroise. Tout cela prouve que le droit chrétien et le principe de l’État chrétien existent dès le début de l’histoire de l’Eglise.

Preuve par la raison 

Dieu est l’auteur des individus mais aussi des sociétés. Dieu est l’auteur des sociétés dans le sens où il leur donne leurs lois. Il les a fondées et il les gouverne. En vertu de cette dépendance qu’ont les sociétés vis-à vis de Dieu, elles lui doivent un hommage public et non pas seulement individuel.

Mgr Pie explique par ailleurs qu’en tant que personnes morales les nations sont soumises aux mêmes lois que les personnes physiques :

 « Le domaine de Dieu sur les peuples n’est pas moins absolu que son domaine sur les particuliers ; ses droits s’étendent sur les êtres collectifs comme sur les existences individuelles. Toute nation est une personne morale : elle ne peut par conséquent se dispenser de donner à ses actes la valeur morale qui consiste dans leur conformité à la loi de Dieu »

VII, 3, 4. Lettre pastorale annonçant la suspension du Concile œcuménique (31 octobre 1870). Mgr Pie

Sur le plan théologique ces droits de commander les nations sont détenus par Jésus-Christ à deux titres :

-par droit de nature : en tant que personne divine, il est Dieu, Créateur et donc Maître suprême

-par droit de conquête : par l’œuvre de la rédemption qu’il a opéré

 «L’autorité du Christ, ne lui vient pas seulement d’un droit de naissance, comme Fils unique de Dieu, mais encore en vertu d’un droit acquis. Lui-même, en effet, nous a arrachés à la puissance des ténèbres. Lui-même s’est livré pour la rédemption de tous. Non seulement les catholiques, non seulement ceux qui ont reçu le baptême chrétien, mais tous les hommes sans exception deviennent pour lui un peuple conquis. »

Léon XIII, Encylique Annum sacrum; 25 mai 1899.

Comment restaurer le Règne social du Christ ?

De manière générale le chrétien ne peut se retrancher dans la vie intérieure et vivre par ailleurs en société comme si sa religion était seulement une affaire privée. Une telle vision n’est pas catholique.

Il doit faire ce qu’il peut pour favoriser le règne temporel de Dieu sur terre et lutter contre ce qui lui fait obstacle :

« Le chrétien, ce n’est donc pas comme semble le croire et comme l’affirme tous les jours et sur tous les tons un certain monde contemporain, ce n’est donc pas un être qui s’isole en lui-même, qui se séquestre dans un oratoire indistinctement fermé à tous les bruits du siècle et qui, satisfait pourvu qu’il sauve son âme, ne prend aucun souci du mouvement des affaires d’ici-bas. Le chrétien, c’est le contre-pied de cela. Le chrétien, c’est un homme public et social par excellence, son surnom l’indique : il est catholique, ce qui signifie universel ».

(Cardinal Pie : ŒUVRES, III, 500-501)

Le Cardinal Pie ne fait d’ailleurs ici que refléter l’enseignement des papes sur ce sujet, il ne s’agit pas d’une vision personnelle :

« Rappelez par ailleurs à l’attention des fidèles que c’est en travaillant, dans des œuvres d’apostolat privé et public, sous votre direction et celle de votre clergé, à développer la connaissance de Jésus-Christ et à faire régner son amour, qu’ils mériteront le titre magnifique de race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté (I P II, 9) ; c’est en s’unissant très étroitement à Nous et au Christ pour étendre et fortifier par leur zèle industrieux et actif le règne du Christ, qu’ils travailleront avec plus d’efficacité à rétablir la paix générale entre les hommes. »

UBI ARCANO DEI CONSILIO,DE LA PAIX DU CHRIST DANS LE RÈGNE DE DIEU du 23 décembre 1922.Pape PIE XI

– Le problème est que l’Eglise conciliaire issue de Vatican 2 ne recherche plus règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ, au contraire, elle largement participé à la destruction des Etats-catholiques en encourageant la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Or l’Eglise catholique ne peut pas enseigner des doctrines contraires à ce qu’elle a toujours enseigné, car elle est infaillible. Si l’Eglise conciliaire enseigne la liberté religieuse et la neutralité religieuse c’est que ce n’est pas l’Eglise catholique. Une des premières choses à faire pour faire advenir le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ est donc de quitter cette fausse Eglise qui agit de fait contre le Règne social de Jésus-Christ en prêchant l’abandon de cette doctrine dur Règne social de Jésus-Christ! Pour être intégralement catholique il faut donc faire le constat de la vacance du siège et rejoindre la vraie Eglise du Christ en refusant d’être en communion avec les fausses autorités apostates qui sont à Rome. Il faut confesser la vraie foi et adhérer à la vraie doctrine, celle que l’Eglise a toujours défendue. Nous renvoyons sur ce sujet à l’article Situation de l’Eglise depuis 1958 du site Fidepost.

Quels sont les différents moyens pour faire advenir le Règne social de Jésus-Christ ?

Formation :

-D’abord il est nécessaire de se former : Pie XI, dans l’encyclique précédemment citée UBI ARCANO DEI CONSILIO, DE LA PAIX DU CHRIST DANS LE RÈGNE DE DIEU avertit qu’un des dangers est le manque de formation et la méconnaissance de la doctrine catholique, notamment sur les relations du pouvoir religieux avec le pouvoir civil, les droits du Saint-Siège et du Pontife, et les droits du Christ sur tous les hommes et tous les peuples. Il déplore chez certains catholiques « l’ignorance totale du Christ » ou « l’infidélité à sa doctrine intégrale et authentique ainsi qu’à l’unité qu’il a voulue ».

Il faut donc étudier et connaître cette doctrine du Règne social de Jésus-Christ :

« Le premier devoir des fidèles, pour aider à la restauration sociale chrétienne, c’est avant tout de faire régner Jésus-Christ dans leur intelligence par l’instruction religieuse »

Théotime de Saint-Just dans « la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ ».

 En tant que catholiques nous devons savoir et croire que Jésus-Christ doit régner sur les institutions sociales et que celles-ci doivent rendre leurs lois conformes aux lois de l’Evangile.

Rôle de la famille :

-Pour régner dans la société le Christ doit d’abord régner dans les familles. Il faut donc le faire régner par les images pieuses exposées au sein du foyer, par la prière, par l’éducation chrétienne des enfants, la bénédiction des repas.

Confession publique de la foi :

-La foi doit être confessée publiquement à la fois par l’assistance au culte mais aussi par une conduite chrétienne dans tous les actes de la vie, ne pas rougir de sa foi en société.

Prière :

Prier pour l’avènement du règne social du Christ. Dans la manière de prier les papes ont insisté sur la notion d’expiation et de réparation vis-à-vis des droits de Dieu qui sont bafoués par les Etats modernes laïcistes.

C’est dans cet esprit de réparation que Léon XIII consacra d’ailleurs le genre humain au Cœur de Jésus le 11 juin 1899 et que saint Pie X ordonna le 22 août 1906 que cette consécration soit renouvelée chaque année en la fête du Sacré-Cœur de Jésus dans toutes les églises paroissiales.

Notons que cette consécration incluait justement une reconnaissance des droits de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la France, une demande de pardon de l’apostasie officielle et une supplication de rétablir son règne dans notre pays par la foi en sa doctrine et par l’obéissance à ses lois.

L’acte de réparation au Sacré-Cœur joint à l’encyclique Miserentissimus Redemptor du pape Pie XI du 8 mai 1928, qui prescrit de le réciter tous les ans le jour de la fête du Sacré-Cœur, inclut également des formules très explicites sur le Règne social de Jésus-Christ :

« Nous voudrions expier pour tant de fautes lamentables, réparer pour chacune d’elles : désordres de la conduite, indécence des modes, scandales, corrupteurs des âmes innocentes, profanation des dimanches et des fêtes, blasphèmes exécrables contre vous et contre vos Saints, insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, abandon et violations odieusement sacrilèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l’autorité de votre Église. »

Malheureusement, jusqu’à présent les représentants des Etats n’y ont jamais pris part; or la reconnaissance par les fidèles et le clergé n’est pas suffisante, pour bien faire il faudrait que l’autorité publique se joigne à ces prières. Les laïcs peuvent donc militer pour que les pouvoirs publics se joignent à cette consécration.

Militantisme :

Nous pouvons et devons également militer pour l’abrogation des lois portant atteinte à la Royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ, comme les lois pour l’avortement, l’euthanasie, le mariage homosexuel, la « neutralité » de l’enseignement dans l’Education nationale, ou encore les lois allant contre le repos dominical.

Aujourd’hui, alors que l’école à la maison a été rendue pratiquement interdite en 2021 par Macron, notre devoir est de militer contre cette loi criminelle et inique et demander son abolition.

Par ailleurs l’heure où la messe est interdite, où les statues de la Vierge-Marie ou de Saint Michel Archange sont retirées de l’espace public au nom de la laïcité, ou que la crèche de Noël se voit souvent interdite dans les lieux publics, la Royauté sociale de Jésus-Christ se voit attaquée de toutes parts, en tant que laïcs, il est de notre devoir de nous y opposer.

Devoirs particuliers des élites politiques et intellectuelles :

C’est le déficit de formation, explique Mgr Pie qui est la cause des erreurs politiques. C’est bien le scepticisme en matière de foi et la méconnaissance de la vérité qui a conduit les dirigeants à passer des lois accordant des droits à l’erreur ; athéisme d’Etat, liberté des cultes, libertés de la presse. Pour remédier à cela, Mgr Pie recommande donc que ces élites se forment à la philosophie thomiste, au droit naturel, à la théologie. Leur formation doit être plus poussée que les autres laïcs.

Par ailleurs les élites politiques doivent montrer l’exemple en prenant part officiellement au culte de l’Eglise et les enseignants doivent être chrétiens dans leur enseignement et ne pas adopter une neutralité mensongère, ou dissimuler leur foi.

Conclusion :

Concluons avec Saint Pie X dont le mot d’ordre était: « Tout restaurer dans le Christ » et qui nous livre le détail de son programme de restauration de l’ordre social chrétien dans une de ses lettres, Il fermo proposito. Ce programme constitue une bonne feuille de route.Nous pouvons la faire nôtre en vue du rétablissement du Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ :

 « Combattre par tous les moyens justes et légaux la civilisation antichrétienne réparer par tous les moyens les désordres si graves qui en dérivent ; replacer Jésus dans la famille, dans l’école, dans la société rétablir le principe de l’autorité humaine comme représentant celle de Dieu prendre souverainement à cœur les intérêts du peuple et en particulier ceux de la classe ouvrière et agricole, non seulement en inculquant au cœur de tous le principe religieux, seule source vraie de consolation dans les angoisses de la vie, mais en s’efforçant de sécher leurs larmes, d’adoucir leurs peines, d’améliorer leur condition économique par de sages mesures, s’employer, par conséquent, à rendre les lois publiques conformes à la justice, à corriger ou à supprimer celles qui ne le sont pas, défendre enfin et soutenir avec un esprit vraiment catholique les droits de Dieu en toutes choses et les droits non moins sacrés de l’Église. »

Saint Pie X, Il fermo proposito (Lettre sur l’Action catholique), 11 juin 1905.

Notes

Notes
1 La Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ du Père Théotime de Saint Just, qui s’appuie sur les écrits du Cardinal Pie
2 Le Règne social du Sacré-Coeur.1921. Mgr Albert Nègre

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