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Les Evangiles ont-ils été falsifiés?

Par Brice Michel
authenticité evangiles
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Un certain nombre de musulmans remettent en cause l’authenticité des Evangiles et vont jusqu’à affirmer qu’ ils ont été falsifiés. Ces accusations tiennent-elles ? Les Evangiles ont-ils été falsifiés ou est-il possible au contraire de démontrer que les Evangiles sont authentiques ?


« On doit croire à un livre historique quand il est authentique, intègre et véridique.

Or, les Evangiles possèdent ces qualités d’une manière bien  plus parfaite que tous les autres livres d’histoire. Ecrits par les apôtres et les disciples dont ils portent le nom, ils sont parvenus intacts jusqu’à nous, et leurs auteurs sont des témoins véridiques et dignes de foi : ils n’ont pu être ni trompés, ni trompeurs. Il est donc impossible de révoquer en doute les faits consignés dans les Evangiles sans rejeter en même temps toute science historique.

N.B. : On peut considérer les Evangiles à un double point de vue :

1° comme livres inspirés, 2° comme livres simplement historiques.

Nous croyons, nous chrétiens, que les Evangiles sont des livres inspirés, c’est-à-dire que les apôtres et leurs disciples les ont écrits sous la dictée du Saint-Esprit. Comme livres inspirés, ils méritent une foi divine, cette foi absolue qui convient à la parole de Dieu. Nous n’avons pas à parler ici de l’inspiration.

Nous considérons seulement les Saints Evangiles comme livres d’histoire, au seul point de vue historique.

D’après la saine critique et le bon sens, un livre d’histoire, a pleine autorité et mérite une foi humaine quand il est authentique et mérite une foi humaine quand il est authentique, intègre et véridique.

Un livre est authentique, lorsqu’il est écrit à l’époque et par l’auteur auxquels on l’attribue.

Un livre est intègre, lorsqu’il est parvenu jusqu’à nous sans altération, tel qu’il fut composé par l’auteur.

Un livre est véridique, lorsque l’auteur ne peut être soupçonné d’erreur ou de mensonge.

I. Authenticité des Evangiles

Les quatre Evangiles ont pour auteurs les écrivains dont ils portent le nom. Nous en avons pour preuve :

Le témoignage du peuple chrétien. Il a toujours considéré les Evangiles comme authentiques, les a lus aux offices divins et conservés avec un religieux respect.

Le témoignage des païens eux-mêmes, qui leur donnent pour auteurs les disciples de Jésus.

L’impossibilité de les attribuer à d’autres auteurs, soit du vivantdes apôtres, car ils auraient protesté ; soit après leur mort, car les chrétiens ne les auraient pas reçus.

4° Les caractères intrinsèques des Evangiles exigent que leurs auteurs soient des témoins oculaires et contemporains de Jésus-Christ.

1° On exige pour l’authenticité de nos Saints Livres des preuves plus fortes que pour les autres livres ; des preuves accessibles à tous, aux ignorants comme aux savants. Dieu y a pourvu ; il nous donne une preuve unique au monde, accessible à toutes les intelligences, tel qu’aucun livre n’en possède, je veux dire le témoignage du peuple juif pour l’Ancien Testament, et du peuple chrétien pour le Nouveau.

Les Evangiles sont pour les chrétiens un héritage de famille dont ils doivent mieux que personne connaître la provenance. Le peuple chrétien rapporte son origine, la raison de son existence, de sa foi, de sa vie à la prédication des apôtres qui lui firent connaître les actes, les miracles et les enseignements de Jésus-Christ. Or les Evangiles ne sont que le résumé écrit de la prédication apostolique. Les premiers chrétiens acceptèrent ces livres 1) parce qu’ils en connaissaient le auteurs , les savaient dignes de foi, et 2) ne trouvaient dans ces écrits que ce qu’ils croyaient déjà. Toujours et partout les chrétiens ont considéré les Evangiles comme l’œuvre des apôtres et de leurs disciples ; devant ce témoignage constant et universel disparaissent les objections intéressées des incrédules passés, présents et futurs ?

Les rationalistes croyaient trouver, dans ce qu’ils appellent la science critique des armes contre nous. Les savants chrétiens les ont suivi sur ce terrain, et voici les témoignages que la critique la plus savante montre dans les écrits des premiers siècles de l’Eglise en faveur de l’authenticité des Evangiles :

-Saint Justin apologiste et martyr en 106, atteste que les Evangiles étaient lus aux offices du dimanche et parle de cette coutume comme d’un usage général qui subsistait depuis longtemps (Apol.I,67). Ce philosophe païen n’avait embrassé le christianisme qu’après avoir pris les renseignements les plus précis sur tous les faits évangéliques.

-Son disciple Tatien, écrivit une harmonie des quatre Evangiles, c’est-à dire une concordance.

-Les Pères apostoliques, contemporains des évangélistes, tels que Saint Clément de Rome, disciple de Saint Pierre et pape de l’ an 91 à l’an 100 ; Saint Barnabé, compagnon de Saint Paul, mort l’an 104 ; Saint Ignace d’Antioche, disciple de Saint Jean, martyrisé l’an 107, etc…citent dans leurs lettres un grand nombre de passages tirés des Evangiles : preuve évidente que les Pères contemporains des apôtres avaient en main les Evangiles et en connaissaient la véritable origine.

-Saint Irénée, le savant Evêque de Lyon, disciple de Polycarpe, qui fut lui-même l’ami de Saint Jean, de l’an 120 à l’an 202, invoque contre les hérétiques les quatre Evangiles qu’il compare aux quatre points cardinaux, aux quatre figures de chérubins. Il nous fait connaître dans son célèbre ouvrage « adversus haereses » l’époque de leur rédaction. Nous citons ses paroles : « Mathieu a publié son évangile parmi les Hébreux et dans leur langue , à l’époque où Pierre et Paul prêchaient l’Evangile à Rome et fondaient l’Eglise. Plus tard, Marc, disciple et secrétaire de Pierre, nous transmit par écrit les vérités qu’enseignait cet apôtre. Luc, disciple de Paul, écrivit dans un livre l’évangile que prêchait son maître. Enfin Jean, le disciple bien aimé du Seigneur, a publié un évangile pendant qu’il résidait à Ephèse, en Asie…Telle est la certitude de nos Evangiles que les hérétiques même leur rendent témoignage. »

On sent l’importance capitale des paroles d’Irénée, primat des Gaules, mais aussi disciple de Saint Polycarpe, réunissant en sa personne l’autorité de l’Eglise d’Orient et de celle d’Occident.

-Origène, qui vivait de l’an 185 à 254, affirme qu’il y a quatre Evangiles, qui sont seuls reçus sans conteste dans toute l’Eglise de Dieu. Ce granddocteur ne se contente pas d’en nommer les auteurs, il les commente et les explique.

-Tertullien, de l’an 145 à l’an 230, est aussi explicite qu’Origène : avec lui nous avons le témoignage de l’Eglise d’Afrique.

-Il est inutile de produire des témoignages postérieurs au IIe siècle : ils sont trop nombreux. Par conséquent, aucun doute n’est possible : les quatre Evangiles sont écrits par les auteurs dont ils portent le nom.

Témoignage des païens.  Au témoignage des chrétiens, nous pouvons ajouter celui des philosophes païens, ennemis acharnés de l’Eglise. Celse, qui écrivit entre les années 115 et 140, reconnaît dans les Evangiles « les écrits des disciples de Jésus ». Porphyre au IIIe siècle, et Julien l’Apostat au IVe, nomment les évangélistes par leurs noms. S’ils avaient pu nier la véritable origine des Evangiles, ils n’auraient pas manqué de le faire, car c’était évidemment le moyen le plus court et le plus efficace pour combattre l’Eglise du Christ.

Fraude impossible. Aucun imposteur n’aurait pu composer les Evangiles ni du vivant des apôtres, ni après leur mort. 1) La chose était impossible du vivant des apôtres ; trop attentifs à conserver la foi, ils n’auraient jamais permis qu’on abusât de leur nom pour tromper les fidèles. 2) après la mort des apôtres, les chrétiens n’auraient pas reçu les Evangiles ; ils auraient protesté contre les imposteurs, comme ils le firent pour les Evangiles apocryphes dès leur apparition. Si nos quatre Evangiles ont été seuls acceptés, c’est qu’ils sont les seuls authentiques. Les faux évangiles sont des contrefaçons, et par là-même ils rendent témoignage aux vrais Evangiles, comme la fausse monnaie prouve l’existence de la vraie.

II. Intégrité des Evangiles

Les Evangiles nous sont parvenus intacts :

1°En fait ils n’ont pas été altérés, et le texte actuel est parfaitement conforme aux anciens manuscrits.

2°Toute altération fut toujours impossible.

Nos Evangiles n’ont pas été altérés. Les savants modernes, protestants et catholiques, ont comparé les manuscrits les plus anciens, les diverses versions en toute langue ; ils ont étudié jusqu’aux vieux parchemins des couvents grecs du Sinaï et du mont Athos ; et dans tous ces manuscrits, ils n’ont pas trouvé une divergence qui mérite d’être signalée. Le texte actuel est celui qu’on trouve dans les citations des Saints Pères ; il est conforme aux 500 manuscrits anciens dont les savants ont constaté l’existence ; il s’accorde également avec les anciennes versions ou traductions faites à diverses époques ; par suite l’intégrité des Evangiles est rigoureusement démontrée.

Sans doute il existe de nombreuses variantes entre les divers manuscrits ; il ne peut en être autrement ; jamais livre ne fut comme celui-là copié et traduit dans tous les temps et dans tous les lieux. Mais ces variantes sont dues uniquement à des fautes de copistes ou de traducteurs ; elles laissent intactes les parties essentielles de chaque phrase, et n’atteignent aucun fait important, aucun point de dogme ou de morale.

Toute altération était impossible. Ces livres révérés comme divins, lus tous les dimanches aux offices, étaient conservés avec un soin religieux par tous les chrétiens. Il serait impossible aujourd’hui de les falsifier, parce qu’ils sont connus à la fois des catholiques, des hérétiques et des incrédules : les uns à défaut des autres protesteraient contre toute altération. Or, cet état de choses, fut toujours le même, donc ce qui est impossible aujourd’hui le fut dans les temps anciens.

III. Véracité des Evangiles

Les historiens de l’Evangile sont véridiques :

1° Ils ne pouvaient pas se tromper sur les faits qu’ils racontent : ces faits étaient récents, sensibles et importants.

2° Ils n’ont pas voulu tromper : c’étaient des hommes simples, francs et ils publiaient leur récit au péril de leur vie.

3° Ils ne pouvaient même pas tromper car de nombreux témoins des faits de l’Evangile vivaient encore, et n’auraient pas manqué de dévoiler l’imposture. Les juifs d’ailleurs avaient tout intérêt à le faire.

Ils n’ont pas pu se tromper, car ils ne racontent que ce qu’ils ont vu eux-mêmes ou appris de témoins oculaires dignes de foi. Il s’agissait de faits récents, sensibles, matériel, accomplis au grand jour, en présence d’une multitude de témoins, parfois hostiles. Ces faits étaient d’une importance capitale pour la religion du peuple juif, enfin ils étaient souvent merveilleux et par là même de nature à fixer l’attention. On n’osera pas dire que les évangélistes furent tous aveugles, sourds ou hallucinés. Il faudrait en dire autant dune foule d’autres contemporains, même parmi les ennemis de Jésus, qui ont admis sans conteste les récits évangéliques.

Ils n’ont pas voulu tromper. Leur récit porte avec lui un cachet de vérité, de simplicité, de candeur qu’on ne rencontre jamais dans le livre d’un imposteur : ils précisent les faits, indiquent les lieux où ils se sont passés, citent les témoins encore survivants, et avouent humblement leurs propres défauts et leurs fautes.

Ils n’ont pas voulu tromper : personne ne trompe sans aucun profit de gloire ou de fortune ou de bien-être. Or, quel intérêt avaient-ils à tromper ? Loin de pouvoir espérer quelque profit d’une fraude, non moins préjudiciable aux juifs qu’aux païens, ils n’avaient à attendre de la part des hommes, que le mépris, les persécutions, la mort, et, de la part de Dieu, que les châtiments réservés aux imposteurs sacrilèges. Mentir dans de telles conditions serait une folie. Pascal a raison de dire : « Je crois volontiers les histoires dont les témoins se laissent égorger pour affirmer leur témoignage. »

Enfin ils n’auraient pas pu tromper : les faits qu’ils racontent s’étaient passés sous les yeux d’un grand nombre de témoins encore vivants. Les ennemis du christianisme n’auraient pas manqué de dévoiler l’imposture. Les juifs incrédules, les chefs de la synagogue ont bien essayé d’étouffer la religion nouvelle en imposant le silence aux apôtres, mais ils se sont reconnus impuissants à nier les faits de l’Evangile.

-Ils n’auraient pas pu tromper, car les apôtres étaient radicalement incapables de trouver eux-mêmes, gens grossiers et sans instruction, une doctrine si sublime que le génie des philosophes n’avait pas trouvée ; ils n’auraient pu créer un type de vertu comme Jésus-Christ ; ni concevoir un Messie qui ne ressemble en rien à celui qu’attendaient les juifs. Le portrait qu’ils font de Jésus n’a rien d’analogue sur la terre, et rien ne pouvait donner l’idée d’un si grand modèle de perfection

Conclusion :  

Les Evangiles sont donc le livre historique le plus autorisé, le plus intègre, le plus véridique de tous les livres. Nous sommes donc certains des miracles de Jésus-Christ comme de ses enseignements. Les témoins qui les racontent les ont vus, ces témoins ne nous trompent pas ; leur récit est parvenu jusqu’à nous dans son intégrité « Comment, dit l’impie Rousseau, récuser le témoignage d’un livre écrit par des témoins oculaires qui l’ont signé de leur sang, reçu en dépôt par d’autres témoins qui n’ont pas cessé de le publier à toute la terre, pour lequel sont morts plus de martyrs qu’il n’y a de lettres dans toutes ses pages ? »

Si les faits de l’Evangile n’étaient pas vrais, le christianisme n’aurait jamais pu s’établir et se conserver sur la terre. »

Extrait de “La Religion Demontrée Ou les Fondements de la Foi Catholique Devant la Raison et la Science”– P. A. Hillaire, 1900

p.181

Photo de Aaron Burden sur Unsplash

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