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Apprendre la Marseillaise à nos enfants, vraiment?

Par Pierre Joly
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apprendre la marseillaise a nos enfants
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Dans sa conférence de presse du mardi 16 janvier 2024, Macron a proposé d’apprendre la Marseillaise dès l’école primaire parce que selon lui, «c’est ce qui nous unit» et que ce chant incarnerait nos « valeurs » et une « dimension spirituelle qui nous dépasse ».

Vraiment ? Mais quelle dimension spirituelle? Quelles valeurs? D’ailleurs quel est « ce sang impur » dont il y est question?


Les révolutionnaires prétendent « aimer la France ». Encore faudrait-il savoir si cela est vrai. Tout le monde se souvient que, lorsque nous étions enfants, les professeurs de l’éducation nationale nous ont fait croire que, pour aimer la France, il faillait apprendre La Marseillaise. Pourtant, quand on y réfléchit bien, les paroles de cet hymne sont extrêmement problématiques. Quand on parle d’un sang impur qui doit abreuver nos sillons, cela veut quand-même dire quelque chose… En 1792, dans son Journal de la république française, le député Jean-Paul Marat expliquait que le sang impur était celui des contre-révolutionnaires. [1] Mais qui étaient ces contre-révolutionnaires ?

Les contre-révolutionnaires, c’étaient tous ceux qui étaient considérés comme des ennemis de la Révolution (incarnée par la Patrie française à l’époque), que ces ennemis soient français ou étrangers, d’ailleurs.

Donc ce “sang impur” dont il était question, c’était d’abord celui des rois de France :

« Les rois cimentèrent le despotisme par l’effusion injuste du sang des peuples ; il est temps que la liberté des peuples soit consolidée par l’effusion du sang impur des rois. » Discours sur le jugement de Louis-le-dernier, par Jacques Roux, 1792

« Il faut que son sang impur efface jusqu’à la dernière trace de la royauté » Hébert dans le Père Duchesne (lors de l’assaut des Tuileries le 10 août 1792)

C’était aussi “le sang impur “des nobles restés monarchistes, notamment les “émigrés”, ces nobles qui avaient quitté le territoire français pour constituer une armée contre-révolutionnaire afin de défendre la monarchie française ainsi que celui des princes et des rois des puissances étrangères (Autriche, Angleterre, Prusse, Russie, Espagne) et auxquels ces émigrés s’étaient ralliés pour combattre la Révolution :

 « Osez maintenant vous présenter sur nos frontières, princes germains, monarques ibériens, souverains de l’Etrurie, et vous aussi puissances maritimes! […] Craignez tout de gens que les lauriers de la gloire et le myrte des plaisirs, que les bénédictions de la patrie et toutes les faveurs de la beauté attendent, s’ils rentrent chez eux, teints de votre sang impur! Craignez tout de gens qui savent calculer. Et quel est le patriote dont l’aine ne s’exalteroit pas à cette idée : quelques gouttes d’un sang corrompu , mêlé peut-être au mien , suffiront pour éteindre la torche de la guerre.” Journal “Révolutions de Paris”, Octobre 1790 

« N’immolera-t-on pas à leurs mânes impatientes ces Calonne, ces Breteuil, ces Briennes, [aristocrates et ministres de Louis XVI], etc… dont le sang impur n’expiera jamais les larmes qu’ils nous ont fait verser […] Jamais , nosseigneurs, votre regénération ne sera complète si vous ne purgez la France de ces vampires affamés ». Adresse aux Etats Généraux de 1789. Cité dans « Histoire des Etats Genéraux, convoqués par Louix XVI le 27 avril 1789″, Volume 7.

Enfin, c’était également “le sang impur » de tous les catholiques de France qui étaient dans leur grande majorité hostiles à la Révolution. En 1794, dans une lettre adressée à Robespierre, un soldat du nom de Cousin ne rougissait pas d’écrire : « Nous sommes ici à exterminer le restant des chouans, enfouis dans des bois ; le sang impur des prêtres et des aristocrates abreuve donc nos sillons dans les campagnes et ruisselle à grands flots sur les échafauds dans nos cités. » [2] Donc, quand les révolutionnaires chantent à tue-tête « qu’un sang impur abreuve nos sillons ! », cela signifie que – consciemment ou pas – ils approuvent l’opinion selon laquelle les catholiques de France qui ont été exterminés pendant la terreur révolutionnaire constituaient une race inférieure. Ce n’est pas pour rien que le député Bertrand Barère désignait les Vendéens comme une « race rebelle » à « exterminer »

L’historien Jean de Viguerie écrit à propos de la façon dont les vendéens furent traités par les révolutionnaires : « Voici maintenant une autre « variété » inférieure, celle des Vendéens, variété très inférieure, “race abominable”. C’est une variété de l’espèce que l’on veut tuer, une race. Ce ne sont pas des individus. Ce n’est pas non plus un peuple donné. Le mot “Vendée” par lequel on va désigner de plus en plus souvent à partir de l’été 1793 cette masse de sous-hommes, ne doit pas faire illusion. Certes, on parle d’exterminer la Vendée : “Ecrasez totalement cette horrible Vendée” écrit à Dembarrière le Comité de salut public. Mais la Vendée dans le langage révolutionnaire ne désigne pas un peuple avec son histoire et sa personnalité. La Vendée n’est dans ce discours que l’échantillon particulièrement représentatif d’une race inférieure d’hommes superstitieux et fanatiques, d’êtres stupides incapables de reconnaître les bienfaits de la liberté[B1] .” [3] Or nous savons que dans le langage des grands philosophes de la « tolérance », tels que Rousseau ou Voltaire, les “superstitieux et les « fanatiques”, c’étaient les français catholiques présents partout en France, mais particulièrement en Vendée.

Autrement dit, notre hymne national justifie l’extermination d’une partie du peuple Français. Pourtant, cela n’a jamais empêché les révolutionnaires de chanter La Marseillaise à chaque grande occasion.

Par ailleurs, les politiciens républicains nous ont aussi fait croire que, pour aimer la France, il fallait adhérer aux « valeurs de la république », c’est-à-dire à la philosophie des Lumières. Et parmi les philosophes que l’on nous a fait étudier à l’école, il y avait entre autres un certain Voltaire. Pourtant, Voltaire n’a jamais aimé la France. En 1767, dans une lettre destinée au comte d’Argentant, Voltaire a même osé écrire que les Français étaient « la chiasse du genre humain. » [4] D’ailleurs, Voltaire détestait tellement le peuple Français, qu’au lieu d’appeler les Français par leur nom, il préférait plutôt les appeler : les « Welches ». (Le mot « Welche » étant, dans l’esprit des Allemands, un terme péjoratif utilisé pour désigner les peuples de langue non-germanique). Pourtant, cela n’a pas empêché Voltaire d’avoir sa place au Panthéon, ni même d’avoir des rues et des écoles à son nom.

Dès lors, de quel droit les révolutionnaires peuvent-ils prétendre aimer la France ? Peuvent-ils légitimement s’accaparer le monopole du patriotisme ? Si l’on demandait à un révolutionnaire ce qu’est la France, serait-il capable d’en donner une définition précise ? Nous connaissons déjà la réponse… Pour conclure, laissons plutôt la parole à l’ancien vicaire général d’Orléans, qui a réussi à définir, mieux que personne, les caractéristiques de l’identité Française…  

Mgr Louis-Émile Bougaud : « Ce caractère [français], vous le connaissez mieux que moi, et je ne devrais pas le peindre ; mais c’est une joie qu’il faut que vous me laissiez ; il se compose de quatre éléments incomparables. D’abord, à l’origine, une goutte de sang gaulois, [ce] je ne sais quoi de gai, de vif, de railleurs, ce qu’on a si bien appelé le sel gaulois, l’alouette gauloise. L’alouette ! vous savez, quelque chose de gai, de vif, de léger, qui monte en chantant dans la lumière. Ensuite, une goutte de sang romain ; c’est la solidité, le bon sens, la droiture, la clarté, ce qui a fait notre langue, notre droit, notre magistrature, cette incomparable magistrature française dont je suis heureux de saluer ici les nobles représentants. En troisième lieu, une goutte de sang franc. C’est de là que vient notre épée, la francisque, rapide, sûre de son coup, invincible, qui est devenue plus tard la baïonnette, la véritable arme française. Et enfin, le sang chrétien, le sang du Calvaire, le sang du sacrifice et du dévouement, le sang qui bouillonne dans nos veines quand nous voyons le droit enchaîné, la faiblesse outragée, l’honneur méprisé, comme ce vieux roi franc, notre aïeul, qui, entendant le récit de la Passion, mettait la main sur son épée, et disait : « Que n’étais-je là avec mes Francs ! » Voilà la France ! » [5] 


[1] Jean-Paul Marat : « J’ai démontré la nécessité d’abattre quelques centaines de têtes criminelles pour conserver trois cent mille têtes innocentes, de verser quelques gouttes de sang impur pour éviter d’en verser de très-pur, c’est-à-dire d’écraser les principaux contre-révolutionnaires pour sauver la patrie. » (Cf.  Philippe-Joseph Buchez et Pierre-Célestin Roux-Lavergne, Histoire parlementaire de la Révolution française, tome 23, p. 23).

[2] Philippe-Joseph Buchez et Pierre-Célestin Roux-Lavergne : Histoire Parlementaire de la Révolution française, ou Journal des Assemblées nationales depuis 1789 à 1815, tome 35, (1837), p. 400.

[3] Jean de Viguerie,” Les origines intellectuelles de la Terreur”, in “L´envers des droits de l´homme”, Actes de la IIe Université d’été de RENAISSANCE CATHOLIQUE” Mérigny, août 1993, Éditeur : RENAISSANCE CATHOLIQUE.

[4] Voltaire : « Allez, mes Welches, Dieu vous bénisse ! vous êtes la chiasse du genre humain. Vous ne méritez pas d’avoir eu parmi vous de grands hommes qui ont porté votre langue jusqu’à Moscou. C’est bien la peine d’avoir tant d’académies pour devenir barbares ! » (Cf. Œuvres de Voltaire, éd. Lefèvre, 1833, tome 64, p. 351).

[5] Panégyrique de Jeanne d’Arc ; prononcé dans la cathédrale d’Orléans, le 8 mai 1865, p. 16-17


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