Accueil » Archidiacre: quand le modernisme complexé mène à l’absurde

Archidiacre: quand le modernisme complexé mène à l’absurde

Par Adrien Abauzit
0 Commentaire
image_pdfimage_print

Ce texte est une réponse de Me Adrien Abauzit à un article d’Archidiacre (un des principaux apologistes et défenseurs du modernisme et de l’imposture conciliaire à l’heure actuelle sur internet et les réseaux sociaux) : https://archidiacre.wordpress.com/adrien-abauzit-la-demi-habilite-contre-leglise-catholique-exposition-complete/


Archidiacre a eu l’amabilité de me consacrer un nouvel article, visant moins, une fois encore, à me porter la contradiction qu’à dénigrer ma personne, sans craindre de frôler l’insulte publique (« hystérie », « hypocrisie accablante », « hypocrisie démontrée ») et de recourir au faux témoignages invraisemblables (prétendues accusations d’hérésie contre des papes). Cela me désole pour l’état de son âme et m’inspire un mot du funeste Talleyrand : « ce qui est excessif est insignifiant ».

Je lui laisse ce genre de méthode. Pour ma part, je prends soin de ne pas citer son nom dans mes articles et interventions, car je souhaite le meilleur à sa personne et mon objectif n’est pas de chercher à lui nuire, mais de démolir le modernisme qu’il professe. Archidiacre est moderniste car il croit en l’évolution des dogmes. Son modernisme est néanmoins complexé : contrairement à Bergoglio ou au père Matthieu, il ne l’assume pas. En conséquence, il tente de donner à son propos un vernis catholique dont nous démontrerons une nouvelle fois le caractère grossièrement artificiel.

Archidiacre semble énervé du fait que je lui réponde. Je lui confirme d’ores et déjà que, tant que j’aurais le temps et l’énergie de le faire, je lui porterai la réplique à chaque fois qu’il attaquera l’Église ou qu’il cherchera à s’en prendre à ma réputation. J’ajoute qu’il n’y aurait pas eu autant de répliques s’il avait accepté la confrontation dans un débat public, ce qu’il a toujours soigneusement évité. Cette fuite est d’ailleurs fort étrange : pourquoi refuser de débattre avec un personnage selon lui si nocif et imbécile ? La victoire serait certaine et les bienfaits nombreux. Alors pourquoi cette fuite lamentable cher Archidiacre ?

Pour ma part, je tiens particulièrement à ce débat avec lui. Pourquoi ? Parce qu’Archidiacre est un as de la dérobade, notamment par la tactique de la « réponse à côté ». Ce qui donne l’illusion d’une réplique par écrit ou en vidéo ne peut pas fonctionner dans un face à face. Je réitère donc ma proposition de débat à Archidiacre.

Du reste, les controverses avec lui sont, me semble-t-il, utiles, car elles permettent d’une part d’approfondir des points de doctrine et d’autre part de démontrer que la religion conciliaire est en discontinuité totale avec la religion catholique.

À cet égard, son dernier texte est très intéressant, car il met en exergue sa principale arme : la négation, souvent suivie d’une fascinante (et parfois grotesque) réécriture du réel, qui se traduit par une désinformation manifeste de ses lecteurs.

Ainsi, Archidiacre nie et réécrit le réel :

– lorsqu’il affirme qu’Allah, « dieu » qu’adorent les musulmans, est le Dieu trinitaire, ce que les intéressés n’ont jamais prétendu. À ce rythme, pourquoi pas soutenir que Vishnu serait aussi le Dieu Trinitaire ? Dans une lettre à Mehmet II, sur laquelle nous reviendrons, Pie II dit ouvertement au sultan qu’il n’adore pas la Trinité.

– lorsqu’il affirme avec suffisance que c’est sa première polémique avec moi, en février 2020, qui m’a fait retirer le buste d’Athéna des locaux de mon émission, alors que n’importe qui peut vérifier en quelques clics que j’avais retiré le buste dès la rentrée 2019. On appréciera l’importance que se donne mon contradicteur…

Je relève à ce sujet qu’il m’accuse toujours d’« approbation tacite et complice du symbole païen d’Athéna ». Accusation particulièrement étonnante de la part de quelqu’un qui valide les traces de paganisme au Vatican et qui a fait une vidéo pour tenter de disculper Bergoglio de l’intronisation de Pachamama lors du synode sur l’Amazonie.

Je conclue en rappelant à Archidiacre qu’à l’été 2022, ce n’est pas moi qui à la face du monde ait participé à un rituel païen au Canada, mais Bergoglio.

– lorsqu’il assène que les mots « doctrine » ou « pensée » seraient des synonymes ou signifiants du mot « religion ». Le tout pour soutenir que Pie XII enseigne que l’Église récupère des croyances religieuses païennes…

– lorsqu’il récuse le sens évident des mots du catéchisme du concile de Trente.

– lorsqu’il qualifie le Catéchisme de Rome de 1905 de catéchisme de Saint Pie X (qui date de 1913).

– lorsqu’il prétend que Bergoglio n’appelle pas à valoriser une mystique païenne dans Querida Amazonia (73) : « Certainement, il faut valoriser cette mystique autochtone [du peuple amazonien autochtone, qui n’est pas catholique] de l’interconnexion et de l’interdépendance de toute la création, une mystique de gratuité qui aime la vie comme un don, une mystique d’admiration sacrée devant la nature qui déborde de tant de vie ».

Qui peut voir en ces termes une définition du catholicisme ?

– lorsqu’il invente de toutes pièces des condamnations pénales pour pédophilie touchant des clercs non una cum – alors qu’à cette heure, il n’en existe aucune – en essayant de leur rattacher des affaires sordides émanant de personnes totalement étrangères aux chapelles non una cum. Pire, l’une des deux affaires qu’il nous oppose concerne un ex-clerc conciliaire défroqué, consommateur de pedo-pornographie alors qu’il était encore dans la secte conciliaire. Archidiacre essaie de refourguer aux catholiques les casseroles des modernistes ! Nous sommes dans l’absurde le plus complet et l’inversion accusatoire.

– lorsqu’il affirme au premier degré que Pie XII déclare que les juifs talmudistes adorent… Jésus-Christ, gravement insulté dans le Talmud…

– lorsqu’il écrit que je rétracterais mon appréciation du caractère non infaillible des discours radio de Pie XII.

– lorsqu’il prétend que je me contredirais sur Querida Amazonia, alors que mes arguments se complètent parfaitement sans s’annuler.

La deuxième grande arme d’Archidiacre est la « réponse à côté ». L’intéressé ne répond pas à la question soulevée, mais à celle qu’il soulève lui-même.

À titre d’exemple, il répond à côté :

– lorsque, pour prouver qu’Allah est Dieu (sic), il cite Saint Paul devant les Athéniens. Aux dernières nouvelles, les Athéniens n’étaient pas musulmans !

– lorsque, pour contredire l’affirmation selon laquelle l’Église ne peut pas valoriser une fausse religion, il martèle pendant des pages et des pages que les fausses religions peuvent contenir du bon.

De la sorte, il ne répond pas à mon attaque, mais donne l’illusion à ses ouailles d’y avoir répliqué. Si les modernistes se contentent de cela…

Avant de rentrer dans le détail de ma réfutation, je tiens à dire que je soumets le présent texte à l’autorité de l’Église et que je rétracte par avance les erreurs qu’elle pourrait y déceler, si par malheur il devait y en avoir.

Sur les abus sexuels : entre accusation gratuite infamante, désinformation et silence sur le rapport Sauvé

Archidiacre me fait grief d’avoir déclaré qu’il n’existait à cette heure aucun cas de condamnation de prêtre catholique (donc de position non una cum) pour pédophilie. Malgré lui, il approuve implicitement ce propos, puisqu’il ne trouve aucun cas à m’opposer. Les cas cités (« les apôtres de l’amour infini », Virgil Bradley Tethrow, clerc conciliaire défroqué) n’ont en effet rien à voir avec les chapelles non una cum. Tout cela est hautement ridicule et ne vient pas renforcer le crédit de la parole de mon contradicteur. Il prétend odieusement toucher « à la face émergée de l’iceberg », alors qu’il brasse simplement du vent en portant une accusation offensante dépourvue de la moindre substance.

Nous sommes dans la réécriture du réel habituelle d’Archidiacre.

Ceci étant, le Démon est hélas puissant et habile. Il ne faut pas exclure qu’un jour ce genre de crime se produise dans les chapelles non una cum. En pareil cas, contrairement à ce qui se passe dans la secte moderniste tant que le scandale n’éclate pas, le coupable serait banni de nos rangs.

En désespoir de cause, Archidiacre accuse le camp non una cum d’être une secte (au sens de la MIVILUD), dans laquelle les fidèles n’osent pas avoir recours aux institutions… L’accusation est aussi ridicule et qu’infondée – les institutions ne qualifient pas de secte les catholiques non una cum – que déplacée dans la bouche du défenseur d’une société religieuse ravagée par les abus sexuels. Si Archidiacre connaissait les chapelles non una cum, il constaterait que l’essentiel des fidèles est composé de personnes parfaitement insérées socialement, en contact constant avec les institutions, faisant leur devoir d’état, cherchant à vivre en état de grâce. Mais la réalité l’intéresse-t-elle ?

L’Église catholique, et non la secte conciliaire, a été gravement insultée par le rapport Sauvé, selon lequel l’Église aurait une responsabilité systémique, institutionnelle, dans les abus sexuels. Accusation hideuse et invraisemblable. Tandis que la secte conciliaire osait valider ce « rapport » fallacieux et insultant envers l’Église, nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises. Archidiacre, lui, est resté totalement muet à ce sujet. Plutôt que de raconter n’importe quoi sur des chapelles dont il ne sait rien, je l’invite plutôt à faire une vidéo pour mettre en pièce l’imposture du rapport Sauvé.

Sur mes échanges avec le père Horovitz

Curieusement, Archidiacre ressort mes échanges avec le père Horovitz. J’ai répondu à ce dernier par vidéo et dans l’introduction de mon livre, Les apôtres du salut universel. J’y renvoie le lecteur.

Indiquons simplement, puisqu’Archidiacre se solidarise de son propos, que le père Horovitz me faisait grief de défendre l’infaillibilité du Magistère ordinaire de l’Église. J’en conclue que c’est également le cas d’Archidiacre, bien que cette infaillibilité ait été mentionnée dans plusieurs textes du Magistère, de Dei Filius en passant par Mortalium animos ou Humani Generis, pour ne citer qu’eux. Je renvoie Archidiacre à la lecture de ces documents pour combler ses lacunes en la matière.

Archidiacre, sarcastiquement, tente de se moquer de moi : « Rappelez-vous qu’il racontait, comme nous le prouvons dans les vidéos du dessus, qu’un poème dans une exhortation apostolique du Pape François était théoriquement infaillible dans ses loghorrées contre Querida Amazonia. »

Mais il est évident, cher Archidiacre, qu’aucune hérésie ne peut se glisser dans une exhortation apostolique d’un pape légitime, même dans un poème qu’il cite, car une exhortation apostolique est un acte du Magistère ordinaire. Tant le pape que l’Église sont infaillibles et ne peuvent en conséquence être les promoteurs de l’erreur en matière de foi et de mœurs.

Le père Horovtiz niait l’infaillibilité des canonisations. Je réfutais ce propos en citant Pie XI, qui définit exactement le contraire. Que pense de cela Archidiacre ? Le père Horovitz avait-il raison ? Je le mets au défi de l’affirmer.

Le père Horovitz niait également que la secte conciliaire ait prohibé la peine de mort… Ce qu’elle fit pourtant bel et bien en 2018, accusant au passage l’Église, qui a toujours approuvé la peine capitale, d’avoir ainsi porté atteinte à la dignité de la personne humaine. Ne remuons pas le couteau dans la plaie.

Lors de ses vidéos contre moi, le père Horovitz a eu des mots déplacés. Il s’en est excusé publiquement, ce qui est à son honneur. Archidiacre a oublié de le préciser…

Sur Querida Amazonia, la contradiction imaginaire et le déni du réel

Je ne reviendrai pas ici, l’ayant traité ailleurs, sur l’argument insensé d’Archidiacre consistant à donner aux mots des sens qu’ils n’ont pas (et de la sorte faire dire à l’Église ce qu’elle ne dit pas).

Pour justifier le fait que Bergoglio appelle dans Querida Amazonia à valoriser une fausse religion – la mystique païenne amazonienne, au point 73 – Archidiacre répond à côté en invoquant des textes de Pie XII disant qu’il pouvait y avoir du bon dans les fausses religions, ce qui est une évidence métaphysique, puisque tout mal contient une part de bien, le mal absolu n’existant pas. Ceci ne signifie pas que les fausses religions sont des biens. L’Église les a toujours condamnées et je mets au défi Archidiacre de trouver un seul texte de l’Église ou approuvé par l’Église avant 1958 disant de près ou de loin qu’une fausse religion est un bien.

En 2020, je faisais remarquer à Archidiacre que les textes de Pie XII qu’il m’oppose – simples messages radio – n’étaient pas infaillibles, ce que je maintiens aujourd’hui, car il me paraît compliqué de soutenir qu’un message radio soit un acte magistériel. Contrairement à ce qu’écrit Archidiacre, il n’y a aucune rétractation de ma part : je persiste et je signe. De même, je n’ai aucunement discrédité le fond du message, voici ce que j’écrivais en 2020 dans mon article Archidiacre ou Architruqueur ? : « Archidiacre cite enfin un message radio de Pie XII du 31 décembre 1952, adressé aux fidèles de Malabar. Il ne peut en tirer argument, car les messages radio ne font pas partie du Magistère. Ce message est donc hors-débat. »

En 2022, j’ai répondu à nouveau à Archidiacre en faisant le rappel métaphysique précédent. Il faut avoir l’esprit très embrouillé pour y voir une contradiction.

Je le redis clairement : ces discours radio de Pie XII ne sont pas infaillibles et ne font que rappeler un principe métaphysique – tout mal contient une part de bien – qui en aucune manière ne justifie la valorisation d’une fausse religion. Archidiacre parle de remodelage d’argument. Rien n’est plus faux : j’ajoute un deuxième argument à un premier. En quoi cela est-il choquant ?

Lorsqu’Archidiacre écrit que « nulle part le pape François ne parle de “ valoriser une religion ” dans Querida Amazonia », je lui oppose une énième fois ce passage on ne peut plus clair de l’« encyclique » : « il faut valoriser cette mystique autochtone de l’interconnexion et de l’interdépendance de toute la création, une mystique de gratuité qui aime la vie comme un don, une mystique d’admiration sacrée devant la nature qui déborde de tant de vie. »

À qui Archidiacre veut-il sérieusement faire croire qu’il s’agit là d’une définition du catholicisme, même revisitée à la sauce moderniste ? La « mystique autochtone » indigène est une mystique païenne, donc une fausse religion. C’est bien cela qui selon Bergoglio doit être valorisé.

En répondant à côté, Archidiacre ne trompe que ses partisans aveuglés.

Archidiacre me fait dire que j’ai eu tort de déclarer que 100 % est à rejeter dans une mystique païenne, car Pie XII déclare que ce qui a de bon dans les autres confessions trouve son aboutissement dans le Christ ou l’Église. Je réponds à cela que je maintiens mon propos, car comme Pie XII le relève, ce qu’il y a de bon dans les fausses religions ne leur appartient pas en propre, mais appartient à la vraie religion. Ceci étant, pour rester plus proche du cœur du débat, il eut mieux valu que je déclare que l’Église rejette simplement toutes les fausses religions.

Bergoglio est-il « infaillible » lorsqu’il professe son modernisme dans ses conférences de presse en avion ?

Archidiacre tient Bergoglio pour pape. Et il soutient que les interventions médiatiques des papes sont infaillibles – je croyais que c’était moi qui étendais à tort le champ de l’infaillibilité… – . Mis bout à bout, on déduit de tout cela qu’en toute logique, Archidiacre devrait considérer Bergoglio infaillible lorsqu’il professe son modernisme dans ses célèbres conférences de presse.

Je lui pose donc la question : Bergoglio était-il « infaillible » lorsqu’il déclarait le 15 septembre 2021, de retour de son voyage en Slovaquie, que « Nous sommes tous égaux. Il faut respecter tout le monde. Et le Seigneur est bon. Il sauvera tout le monde. Ça il ne faut pas le dire trop fort. » ?

Je serais heureux d’obtenir une réponse nette de sa part.

Suis-je le seul à avoir détecté le paganisme et le panthéisme de Querida Amazonia ?

Archidiacre tente d’ironiser en écrivant que, selon votre serviteur, la formule « une mystique d’admiration sacrée de la nature » (QA, 74) relevait du panthéisme et du paganisme. Je le justifiais simplement : admirer de façon sacrée une créature, voire la création, revient effectivement à tomber dans le paganisme, voire dans le panthéisme. Il n’y a là rien de sorcier.

Suis-je le seul à avoir remarqué ce genre de dérive dans Querida Amazonia ? Loin s’en faut.

J’opposerai à nouveau à Archidiacre cette analyse d’Athanasius Schneider, « évêque » conciliaire, qui faisait un constat parfaitement identique au mien sur la confusion créature/créateur : « on ne peut passer sous silence les regrettables ambiguïtés et erreurs doctrinales qu’elle contient, ainsi que ses dangereuses tendances idéologiques. Par exemple, l’approbation implicite d’une spiritualité panthéiste et païenne par Querida Amazonía est très problématique, lorsqu’elle parle de la terre matérielle comme d’un mystère sacré (n. 5) ; de l’entrée en communion avec la nature : “ nous entrons en communion avec la forêt ” (n. 56) ; du biome amazonien comme “ lieu théologique ” (n. 57). L’affirmation selon laquelle le fleuve Amazone est “ l’éternité cachée ” (n. 44) et que “ seule la poésie, avec sa voix humble, pourra sauver ce monde ” (n. 46) se rapproche du panthéisme et du paganisme. Un chrétien ne peut souscrire à de telles idées et expressions. »

« Mgr » Nicolas Bux, clerc conciliaire, écrivait quant à lui qu’« Il manque à l’Exhortation post-synodale ce regard, voire cette “ Parole-vision ” qui la rendrait catholique. Or, quand l’Église renonce à la Parole, Jésus-Christ, ou le mentionne à la marge, tout repose sur le sable. Ainsi, au lieu de la rédemption des cultures, on les embrasse tout-court et on glisse dans le panthéisme, sans s’en rendre compte. Nous sommes face à une “ cosmo-vision ” abandonnée par Dieu. »[1]

La journaliste Jeanne Smits relevait elle aussi[2] :

– au point 42 : « le langage du paganisme qui personnifie les choses et confond les ordres du créé pour aboutir de fait à un panthéisme».

– au point 73 : « Beaucoup d’ambiguïté dans ce paragraphe qui flirte avec le panthéisme tout en s’en défendant. » 

– au point 74 : « Toujours ce panthéisme latent. »  Jeanne Smits dénonçait par ailleurs : « On devine ici une réponse à la dénonciation des épisodes de la Pachamama à Rome. Le sens du paganisme est proprement d’adorer de faux dieux, par l’idolâtrie de choses créées alors que seul le créateur est digne d’adoration. Ici, c’est un peuple déjà évangélisé qui est montré comme ayant intégré des éléments de sa culture et de sa fausse religion, et il est demandé de ne pas qualifier cela “ de superstition ou de paganisme ” pour la simple raison que c’est une expression de foi populaire. Fausse, mais issue du peuple, et par conséquent à respecter. »

– Au point 107 : « Même dans cette prière il y a un panthéisme pas si subtil où il est demandé à Marie de se montrer comme mère dans les fleurs et dans le fleuve pour régner non sur les cœurs, mais “ dans le cœur palpitant de l’Amazonie ”. »

Les sarcasmes d’Archidiacre tombent à plat.

Contre Pie II, Pie XI et le catéchisme du concile de Trente, Archidiacre soutient mordicus qu’Allah est un Dieu trinitaire…

Dans une lettre au sultan Mehmet II – qui en cette qualité n’est pas un texte magistériel, mais qui jouit tout de même de l’autorité d’un pape –  Pie II cherche à le convertir à la Trinité. Ce n’est que suite à une conversion, synonyme de rejet de sa fausse croyance (« Celui qui s’oppose à ce dogme renonce à son salut ; il marche dans les ténèbres […] Mais toi, […] tu te dégageras des ténèbres »), qu’il adorera la Trinité :

« La religion chrétienne […] proclame qu’il n’y a qu’un Dieu, […] tout en distinguant trois personnes en Dieu, et vénérant la Trinité dans l’unité. Celui qui s’oppose à ce dogme renonce à son salut ; il marche dans les ténèbres, et la vérité n’est pas en lui.

Mais toi si tu es sage, tu te dégageras des ténèbres. Inondé de cette lumière radieuse, tu adoreras en la connaissant la Très sainte Trinité, et tu la connaitras en l’adorant. »[3]

On remarquera que Pie II cherche à convaincre Mehmet II d’adorer la Trinité. C’est donc que le sultan, chef des croyants musulmans, ne L’adore pas lorsqu’il adore Allah. En outre, pour anticiper un sophisme moderniste, Pie II ne dit pas au sultan qu’il adore la Trinité sans le savoir.

L’adoration de la Trinité passera par le rejet des fausses croyances du sultan, c’est pourquoi le pape emploie le futur (« si tu es sage, tu te dégageras des ténèbres […] tu adoreras »). C’est bien la preuve qu’en adorant Allah, Mehmet II n’adore pas le Dieu Trinitaire. Il n’adorera pas la Trinité sans conversion et abjuration préalable de l’islam.

Il n’y a là rien de compliqué à comprendre. Archidiacre pourra couper les cheveux en quatre autant qu’il le voudra, tout cela est très clair : Allah n’est pas le Dieu trinitaire. Les musulmans n’adorent pas le Christ et d’ailleurs, ils ne prétendent pas le faire. Ceci est confirmé par le catéchisme de Saint Pie X : « Les infidèles sont les non-baptisés qui ne croient en aucune manière au Sauveur promis, c’est-à-dire au Messie ou Christ ; tels sont les idolâtres et les mahométans. »[4]

Je note par ailleurs que Pie XI, dans Mit Brennender Sorge, enseigne qu’« Aucune foi en Dieu ne peut se maintenir pure et sans alliage si elle n’est pas soutenue par la foi au Christ. » Foi au Christ que n’ont pas les musulmans et qu’ils ne prétendent pas avoir. Si, comme nous le dit Pie XI, il faut croire au Christ pour croire en le Dieu véritable, trinitaire, alors les musulmans, qui ne croient pas au Christ, n’adorent pas le Dieu trinitaire.

Ceci n’est pas une surprise, puisque le catéchisme du concile de Trente, texte appartenant au Magistère ordinaire de l’Église, « remarquable par son exactitude » selon Léon XIII[5], avait déjà tranché la question :

« Premièrement nous demandons à Dieu que le Royaume de Jésus-Christ, qui est l’Église, s’étende au loin ; que les infidèles et les Juifs se convertissent à la Foi chrétienne et à la connaissance du vrai Dieu ; que les schismatiques et les hérétiques rentrent en eux-mêmes et reviennent à la Communion de l’Église dont ils se sont séparés, afin que soit accomplie et réalisée cette parole du Seigneur dans le Prophète Isaïe. »[6]

Je faisais remarquer dans mon précédent texte que si les infidèles (parmi lesquels on trouve les musulmans) et les juifs doivent se convertir à la connaissance du vrai Dieu, c’est bien que par leur fausse religion, ils en connaissent un faux.

Tout cela est parfaitement clair et ne prête le flanc à aucune équivoque : l’Église enseigne que les musulmans n’adorent pas le Dieu trinitaire.

Archidiacre me dit que des théologiens plus compétents que moi ont affirmé le contraire. Origène et Tertullien aussi étaient bien plus compétents que moi, cela ne les a pas empêchés de tomber dans l’hérésie.

L’enseignement de l’Église prévaut sur ceux des théologiens.

Première contorsion absurde d’Archidiacre sur le Catéchisme du concile de Trente

Archidiacre est gêné par le sens des mots du catéchisme du concile de Trente, qui réfute l’hérésie de Lumen Gentium dont il se fait le défenseur.

Je me répète, puisque l’Église nous demande de prier pour que les infidèles et les juifs se convertissent à la connaissance du vrai Dieu (« que les infidèles et les Juifs se convertissent à la Foi chrétienne et à la connaissance du vrai Dieu »), c’est bien la preuve que leur culte ne leur donne pas accès au vrai Dieu, qu’ils ne L’adorent pas et adorent à la place une entité autre.

En désespoir de cause, Archidiacre oppose une contorsion grotesque dont il a le secret : « le catéchisme nous dit de prier pour que les juifs et les autres infidèles se convertissent à la connaissance du vrai Dieu. Ce catéchisme ne dit rien sur le fait d’adorer Dieu  ».

Archidiacre nous dit donc que « la connaissance du vrai Dieu » n’a rien à voir avec le fait d’adorer.

Voilà qui est amusant : c’est rigoureusement l’inverse de ce qu’écrit Pie II !

Lisons : « Inondé de cette lumière radieuse, tu adoreras en la connaissant la Très sainte Trinité, et tu la connaitras en l’adorant».

Pour le pape, connaître la Trinité implique de l’adorer.

Le Catéchisme lui-même signifie que la croyance implique l’adoration, puisqu’il ne rappelle pas, à ce moment précis, la nécessité d’adoration du vrai Dieu.

Force est de constater que le « dieu » des infidèles n’est pas le vrai, puisque l’Église leur demande de connaître le vrai Dieu.

Autrement dit, si les infidèles connaissaient le vrai Dieu (ce qui est par exemple le cas de plusieurs groupes hérétiques), l’Église ne leur demanderait pas de se convertir à la connaissance du vrai Dieu ! Est-ce vraiment si compliqué à comprendre ?

Deuxième contorsion absurde d’Archidiacre sur le Catéchisme du concile de Trente : des mots dépourvus de leur sens

Archidiacre tente de convaincre son lecteur qu’il ne faut pas donner aux mots leur sens dans le passage suivant : « la connaissance du vrai Dieu est un terme précis que l’on retrouve dans le Bible, et qui ne renvoie pas nécessairement à la simple croyance en le vrai Dieu, mais bien en la bonne connaissance de la Révélation ».

Je résume avant de réfuter : « la connaissance du vrai Dieu » ne veut pas dire « la connaissance du vrai Dieu », mais « bonne connaissance de la Révélation ». Les mots n’ont vraiment plus leur sens…

Archidiacre ne peut se revendiquer d’une parole biblique qui aurait un sens voilé (ce qu’il affirme purement gratuitement en ne s’appuyant sur aucune autorité), pour la simple et bonne raison que le débat ne porte pas sur la Bible, mais sur un catéchisme aux paroles claires, précisément fait pour expliciter la Révélation.

Mais il y a mieux. La preuve qu’Archidiacre raconte n’importe quoi est dans la lettre même du Catéchisme, puisque dans ce même passage, il est également demandé aux infidèles de se convertir à la « foi chrétienne », qui, elle, renvoie clairement à la Révélation, puisque ce même catéchisme définit la foi comme l’adhésion aux vérités révélées de Dieu. Le catéchisme aurait donc répété deux fois de suite la même chose ?…

La Révélation est visée par la « foi chrétienne » et non par « la connaissance du vrai Dieu » qui signifie simplement… « la connaissance du vrai Dieu » !

Le catéchisme ne se répète pas.

Il suffit de donner aux mots leur sens pour y voir clair.

En bottant en touche, Archidiacre fait dire à Saint Paul ce qu’il ne dit pas

Illustrons maintenant l’une des techniques favorites d’Archidiacre : la réponse à côté.

La question posée est la suivante : les musulmans adorent-ils le Dieu trinitaire ? La réponse d’Archidiacre est la suivante : les Athéniens sous saint Paul adorent le Dieu trinitaire.

Petit problème : aux dernières nouvelles, les Athéniens sous l’antiquité n’étaient pas musulmans.

Archidiacre cite les Actes des apôtres, dans lesquels Saint-Paul dit aux Athéniens à qui il s’adresse que le Dieu inconnu qu’ils révèrent est le Dieu qu’il vient annoncer, donc le véritable. Tout cela est exact, mais cela ne signifie nullement qu’adorer Allah, « dieu » connu des musulmans, revient à adorer le Dieu véritable. Jamais l’Église n’a enseigné que le Dieu inconnu des Athéniens était Allah… Fallait-il vraiment le préciser ?

Les Athéniens adoraient le Dieu véritable, le Trinitaire, qu’ils ne connaissaient pas. Saint Paul nous le certifie. Les musulmans adorent un « dieu » non trinitaire en parfaite connaissance de cause. Les deux cas n’ont rien à voir.

L’exemple dont s’inspire Archidiacre est totalement hors sujet.

Archidiacre fait dire à Pie XII que les juifs talmudistes adorent le Christ

Archidiacre illustre à nouveau sa capacité à faire dire à des papes ce qu’ils n’ont jamais dit.

Suivez bien, c’est du grand art.

Selon mon contradicteur moderniste, « Pie XII disait dans son radiomessage au monde du 20 décembre 1949, que les juifs adoraient Jésus-Christ (donc le vrai Dieu) dans une attente du Messie ».

Toute personne ayant un minimum de connaissance du sujet sait que cela revient à donner à la religion talmudique un contenu qu’elle n’a pas.

Avant de nous pencher sur le texte de Pie XII, réflexion de base : comment Pie XII pourrait-il enseigner que les juifs adorent Jésus-Christ, alors que le Catéchisme de doctrine chrétienne, plus connu sous le nom de Catéchisme de Saint Pie X, enseigne que : « « Les Juifs sont les non-baptisés qui professent la loi de Moïse et ne croient pas que Jésus-Christ est le Messie ou Christ promis. »

Archidiacre plaidera-t-il sérieusement que l’on peut adorer le Christ sans croire en lui et en le rejetant ? Je le crains à vrai dire, mais lorsque l’on attribue leur sens aux mots, on sait qu’on ne peut adorer que Dieu, ce que le Christ n’est pas aux yeux du judaïsme talmudique. On ne peut pas adorer ce que l’on rejette. Dès lors, les juifs talmudiques n’adorent pas le Christ.

Le Catéchisme de saint Pie X suffit à réfuter le propos qu’Archidiacre met dans la bouche de Pie XII. Mais examinons néanmoins le propos invoqué, pour bien montrer à quel point mon contradicteur sait parler fort en l’absence de toute base solide :

« Pour tous les adorateurs du Christ, sans exclure ceux qui, dans une sincère mais vaine attente, L’adorent comme promis dans les prédictions des Prophètes et non encore venu, Nous ouvrons la Porte Sainte et, devenu Père par un inscrutable dessein de Jésus Rédempteur, Nous ouvrons aussi à tous Nos bras paternel »[7].

Première remarque : Pie XII invite à rejoindre l’Église tous les adorateurs du Christ, sans distinction. Cela vise donc entre autres les protestants et les schismatiques orientaux.

Deuxième remarque : les juifs dans leur globalité ne sont pas nommés.

Ceci étant, le passage « L’adorent comme promis dans les prédictions des Prophètes et non encore venu » fait de toute évidence référence à une partie des juifs. Mais à laquelle ? À celle qui adore le Christ « comme promis dans les prédications des Prophètes et non encore venu ».

Question : le judaïsme talmudique apprend-il à adorer le « Christ comme promis dans les prédications des Prophètes et non encore venu » ? Archidiacre, au regard de sa thèse infondée, est contraint de répondre oui. L’Église, elle, a déjà répondu non, depuis bien longtemps.

Innocent IV nous enseigne que le Talmud « éloignent complètement [les juifs] de la loi et des prophètes » : « dans ces traditions qui sont nommées Talmud en langue juive […] les juifs instruisent et nourrissent leurs fils et les éloignent complètement des enseignements de la loi et des prophètes, en redoutant que, après avoir connu la vérité contenue dans la loi et les prophètes, qui donnent un témoignage évident que le fils unique de Dieu s’incarnera, ils se convertissent à la foi et qu’ils reviennent humblement à leur Rédempteur »[8].

Résumons. La loi des Prophètes donne « un témoignage évident » de l’Incarnation : « la loi et les prophètes, qui donnent un témoignage évident que le fils unique de Dieu s’incarnera ».

Dès lors, lorsque Pie XII fait mention des juifs qui adorent le messie « comme promis dans les prédications des prophètes », il ne vise pas les juifs talmudistes dont l’enseignement « éloigne complètement de la loi et des prophètes ». Autrement dit, dans son allocution, Pie XII ne vise que les juifs qui ont rejeté le Talmud et qui se soumettent à la loi des prophètes, soit une minorité d’entre eux, prête à se convertir.

Contrairement à ce que dit Archidiacre, je restitue le sens des paroles de Pie XII. Lorsqu’il écrit gratuitement que je l’accuse d’hérésie, il me calomnie. J’ai l’habitude sous sa plume.

En résumé, Archidiacre force le sens des paroles de Pie XII pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas. Le Pasteur angélique dit qu’une minorité de juifs, ayant rejeté le Talmud, peut adorer le Messie et rejoindre l’Église. À aucun moment il ne dit que les juifs taldmudistes, restés incrédules, adorent le Christ. Restons sérieux !

Pie XII salue une constitution non-islamique

Archidiacre tente de tirer argument du fait que Pie XII ait souligné que la constitution indonésienne de 1950 se place sous l’autorité du « Tout Puissant », étant rappelé que l’Indonésie est un pays multiconfessionnel très majoritairement musulman.

Selon Archidiacre, puisque l’Indonésie est un pays majoritairement musulman, sa constitution doit être musulmane. Il s’agit d’un sophisme grossier : la France, pays catholique, n’a jamais eu de constitution catholique, même lorsque sa constitution se référait à Dieu (IIème République).

Il suffit de lire la constitution en question pour se rendre compte qu’aucune des occurrences du mot Dieu ou Tout-puissant, ne renvoie à l’islam, à Allah, entité non-trinitaire ou à Mahomet son prophète : « Avec la bénédiction de Dieu Tout Puissant », « la République, qui est fondée sur la souveraineté du peuple et sur la foi en un dieu unique », « L’Etat est fondé sur la foi en un Dieu un et unique. »

Le champ lexical de cette constitution est similaire à celui des constitutions occidentales.

La constitution n’établit pas un islam d’État. L’islam n’est jamais mentionné nommément. Bien au contraire, il est même envisagé à l’article 9 que les président et vice-président n’aient pas la même religion : « Avant d’entrer en fonctions, le président et le vice-président prêtent serment selon les exigences de leurs religions respectives », « Serment du président (ou du vice-président) : “ Je jure devant Dieu que je remplirai ” ».

Cela prouve que ces paroles peuvent être dites par un chrétien.

Archidiacre veut-il sérieusement faire croire que Pie XII aurait salué un rejet de l’Incarnation et un régime islamique ? Seul un moderniste peut croire un charabia pareil.

En résumé, Pie XII n’a pas salué le fait que la constitution indonésienne mentionne Allah, entité non trinitaire, mais Dieu.

Sur l’infaillibilité du catéchisme du Concile de Trente et son opposition à la religion conciliaire

Archidiacre nie l’infaillibilité du catéchisme du Concile de Trente : en ceci il est cohérent puisqu’il me fait grief de défendre l’infaillibilité du Magistère ordinaire de l’Église.

Ceci étant, l’infaillibilité de ce catéchisme ne fait aucun doute. Le Magistère ordinaire est l’enseignement de l’Église, et en particulier des évêques, en communion avec le pape. Le pape et les évêques forment l’Église enseignante. Or, nous dit saint Pie X dans son catéchisme : « L’Église enseignante ne peut pas errer dans l’enseignement des vérités révélées par Dieu ; elle est infaillible, car, selon la promesse de Jésus-Christ, “ l’Esprit de vérité ” l’assiste continuellement ».

L’infaillibilité du Magistère ordinaire est quotidienne (Mortalium Animos).

Dans la préface du Catéchisme du concile de Trente, il est implicitement fait mention de cette infaillibilité, bien qu’à l’époque ce dogme n’était pas encore défini :

– « Et afin que personne ne fût tenté de recevoir la parole de Dieu annoncée par les ministres de l’Église comme la parole des hommes, et non comme la parole même de Jésus-Christ, notre Sauveur a voulu attacher une si grande autorité à leur enseignement qu’Il a dit un jour : qui vous écoute, M’écoute, qui vous méprise, Me méprise. Et, sans aucun doute, Il ne voulait pas appliquer cette déclaration à ceux-là seuls à qui Il parlait alors, mais encore à tous ceux qui succéderaient légitimement aux Apôtres dans les fonctions de leur ministère. C’est à tous ceux-là qu’Il a promis son assistance de tous les jours jusqu’à la consommation des siècles. »

– « Un certain nombre d’auteurs, nous le savons, ont déjà traité ces matières avec autant de piété que de science, cependant ces Pères ont cru qu’il importait extrêmement, que par l’autorité du Saint Concile, on vît paraître un livre, où les Pasteurs et tous ceux qui sont chargés d’enseigner pourraient puiser des vérités d’une certitude absolue, et les transmettre ensuite aux Fidèles pour leur édification. »

Il nous est donc indiqué que ce Catéchisme bénéfice de l’assistance du Christ et que l’on peut y puiser « des vérités d’une certitude absolue ».

Ajoutons que, initié par le concile de Trente, le Catéchisme a vu sa rédaction être ensuite confiée, par décision de Pie IV, à Saint Charles Borromée. À partir du moment où, en 1566, Saint Pie V en ordonne la publication à destination de l’Eglise universelle, nous avons l’assurance de son infaillibilité.

En ce qui me concerne, je déclare que j’adhère à 100 %, les yeux fermés, à ce catéchisme, acte du Magistère suprême dont je recommande la lecture.

Un conciliaire ne peut prononcer cette phrase, car le Catéchisme approuve la peine de mort[9] (qui touche à la morale, au 5ème commandement et relève donc de l’infaillibilité) tandis que le soi-disant « catéchisme de l’Église catholique » de Bergoglio, la condamne et la juge attentatoire à la dignité de la personne humaine : « C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que “ la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne  et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. »

On remarquera au passage que la secte conciliaire accuse l’Église d’avoir porté atteinte à la dignité de la personne humaine pendant 2000 ans…

Archidiacre soutient qu’en matière de foi et de mœurs, ce catéchisme peut être révisé. Non : il peut être explicité, mais ce qui a été enseigné ne peut en aucun cas être nié. En aucun un catholique ne peut contredire ce qu’il enseigne en matière de foi et de morale.

Entre calomnie imaginaire et amnésie

Après avoir fait dire à Pie XII que les juifs talmudistes adoraient le Christ, Archidiacre fait dire à Grégoire VII qu’il adore le même Dieu que les musulmans, dans sa lettre au roi de Mauritanie.

Sur le site d’Archidiacre reproduisant la lettre, nous pouvons lire la traduction suivante : « Vous et nous, qui, sous des formes différentes, adorons le même Dieu unique ».

Tout d’abord, je fais un mea culpa : il est exact que la formule Unum Deum puisse vouloir dire « Dieu unique ». Je le concède volontiers d’autant que ce n’est pas le cœur du débat, celui-ci étant de savoir si Grégoire VII dit qu’il a « le même Dieu » que son interlocuteur musulman.

« Dieu unique » est donc une traduction possible d’Unum Deum dans l’absolu, mais cela ne signifie pas que cela soit la juste traduction en l’espèce. Si Archidiacre devait avoir raison sur ce point, cela ne changerait rien.

Archidiacre prétend que je l’aurais calomnié en disant qu’il aurait traduit littéralement « Unum Deum credimus » par « le même Dieu » ou qu’il aurait dit que le texte latin contient le terme « même ».

Il est ridicule de prétendre que j’aurais déformé sa pensée, car j’ai pris soin de citer intégralement son texte de réplique (notamment pour éviter ce genre d’attaque), ce qui inclue ceci : « « La raison pour laquelle les historiens ont simplifié la traduction par le même Dieu ” s’explique par le fait que c’est ce que le contexte indique… ».

Mon contradicteur moderniste me fait peut-être grief d’avoir écrit : « Archidiacre prétend que la lettre de Grégoire VII contient la formule “ le même ”, qui se traduit en latin par “ eumdem ”. Or, ce mot est absent de la lettre de Grégoire VII. »

Mais il n’y a rien d’inexact dans cette phrase : en publiant la « traduction » citée supra, Archidiacre reprend à son compte la formule « traduite », à savoir « le même Dieu unique ».

Archidiacre avait-il oublié qu’il avait publié cette traduction sur son site ? En outre, Archidiacre dans sa réponse conclue sur ce point qu’il est « juste de le formuler avec l’expression “ le même Dieu ” ».

En tout état de cause, il reconnaît aujourd’hui que la formule litigieuse « le même » est absente de la lettre. Nous ne lui demandions pas davantage.

Degré d’autorité du Catéchisme de Rome : Archidiacre vs Députation de la foi (entendre Pie IX) et l’abbé Lucien

Archidiacre martèle à plusieurs reprises qu’il est impossible qu’un catéchisme étant entaché d’imprécisions, voire d’erreur, ait pu être promulgué par un pape, de surcroît un saint. C’est pourtant ce qu’il fait lui-même lorsqu’il plaide que le Catéchisme du concile de Trente professe l’erreur en approuvant la peine de mort, qui est une atteinte à la dignité de la personne humaine selon la secte.

Mon contradicteur révèle une fois encore ne pas connaître le champ de l’infaillibilité pontificale, comme vont le démontrer dans quelques instants Mgr Gasser, rapporteur de la Députation de la Foi au concile Vatican I et l’abbé Lucien, ancien prêtre non una cum ayant tristement rallié la secte moderniste, mais qui, l’honnêteté intellectuelle oblige à le dire, écrit des ouvrages très intéressants sur le Magistère de l’Eglise.

Précisons que lorsque Mgr Grasser s’exprimait lors du concile, il exprimait la pensée de Pie IX aux pères conciliaires : telle était la mission de la Députation de la foi.

Si je cite l’abbé Lucien, ce n’est pas par plaisir, mais parce que je me souviens qu’Archidiacre le prend comme référence : qu’il lise donc bien ce qui suit et apprenne de lui.

Le pape est infaillible dans le cadre de son Magistère, lorsqu’il agit en tant que pape, mais pas lorsqu’il agit en tant qu’évêque pour un diocèse ou une province déterminée 

Écoutons d’abord Mgr Gasser :

« dans cette définition il s’agit 1°/ du sujet de l’infaillibilité, qui est le pontife romain, et bien sûr en tant que pontife, en tant que personne publique en relation à l’Église universelle. 2°/ Est contenu l’acte, ou la qualité et la condition de l’acte de définition pontificale infaillible : à savoir le pontife est dit infaillible lorsqu’il parle ex cathedra. Cette formule est certes reçue dans l’École, et le sens de cette formule, comme il se trouve dans le corps même de la définition, est le suivant ; savoir : quand le pape parle ex cathedra, premièrement ce n’est pas comme docteur privé, ni seulement comme évêque et ordinaire de quelque diocèse ou province qu’il décide quelque chose, mais il enseigne en remplissant sa charge suprême de pasteur et docteur de tous les chrétiens. Deuxièmement il ne suffit pas de n’importe quelle manière de proposer la doctrine, mais il faut l’intention manifestée de définir la doctrine… »[10]

Puis l’abbé Lucien :

« Donc, selon la déclaration explicite du délégué de la Députation de la Foi, la condition que nous examinons actuellement demande seulement que le pape exerce “ sa charge suprême de pasteur et docteur de tous les chrétiens ”, par opposition à une charge de docteur privé ou de pasteur d’une partie seulement du troupeau (du diocèse de Rome, de la province qui s’y rattache, par exemple). À ce stade, le texte ne demande rien de plus pour dire que le pape parle “ en vertu de sa suprême autorité apostolique ” »[11]

Répétons une dernière fois : un pape n’est pas infaillible lorsqu’il agit en tant qu’évêque et quand il ne s’adresse pas à l’Église universelle.

Ce principe étant posé, quel est le degré d’autorité du Catéchisme de Rome, qu’Archidiacre qualifie à tort de « Catéchisme de Saint Pie X » et qu’il brandit pour soutenir que les Musulmans adorent le vrai Dieu ?

Pour rappel, Saint Pie X n’est pas l’auteur de ce catéchisme.

Dans une lettre en date du 14 juin 1905, Saint Pie X écrit au cardinal Respighi que ce catéchisme pour enfant est rendu obligatoire « pour l’enseignement public et privé dans le Diocèse de Rome et dans tous les autres de la Province Romaine ».

Pour reprendre les mots de Mgr Grasser, il est parfaitement clair qu’en faisant publier le Catéchisme de Rome dans la province romaine, Saint Pie X n’agit pas en tant « en tant que personne publique en relation à l’Église universelle », mais simplement en évêque, en « pasteur d’une partie seulement du troupeau (du diocèse de Rome, de la province qui s’y rattache, par exemple). »

Archidiacre nous oppose qu’un pape peut imposer une mesure à n’importe quel diocèse. Dès lors, la prescription du Catéchisme de Rome au diocèse de Rome ne serait pas un acte de l’évêque de Rome… Triste sophisme. A-t-on déjà vu un pape prescrire un catéchisme à un diocèse spécifique ailleurs qu’à Rome ? La prescription du Catéchisme de Rome au diocèse de Rome est un acte de l’évêque de Rome.

Puisqu’il ne s’agit pas d’un acte pontifical, mais d’un acte local d’un évêque diocésain – l’évêque de Rome – alors, le Catéchisme de Rome n’est pas infaillible et il peut être sujet à l’imprécision, voire à l’erreur. Saint Pie X en convient lui-même puisqu’il a corrigé les points litigieux.

Le Catéchisme de Rome fera l’objet de « critiques nombreuses »[12], qui convaincront Saint Pie X de le remplacer par un autre, qui sera le vrai catéchisme de Saint Pie X, soit le Catéchisme de doctrine chrétienne de 1913.

De fait, il y a des imprécisions dans le Catéchisme de Rome, que des personnes plus autorisées que moi qualifieraient peut-être d’erreurs. Toutes ces imprécisions sont corrigées par Saint Pie X dans le Catéchisme de doctrine chrétienne, où elles ont toutes disparues.

Corrections de Saint Pie X et calomnie d’Archidiacre

Illustrons d’abord notre propos avec l’infaillibilité pontificale. À la question « Quand est-ce que le Pape est infaillible ? », le catéchisme pour enfant répond :

« Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. »

Cette formulation est imprécise selon l’acception que l’on donne au mot « définit ». Si le terme « définit » renvoie à la seule définition dogmatique, c’est une erreur, puisque cela nierait l’infaillibilité du Magistère ordinaire de l’Église. Mais si l’on étend le mot « définit » aussi à l’enseignement, alors la phrase est conforme au Magistère.

L’imprécision relative à l’infaillibilité du Catéchisme de Rome disparaît du Catéchisme de doctrine chrétienne de Saint Pie X, dans lequel, comme nous l’avons vu supra, est rappelée l’infaillibilité de l’Église enseignante, ce qui est une mention de l’infaillibilité du Magistère ordinaire de l’Église.

Conclusion : Saint Pie X a corrigé l’imprécision d’un catéchisme qu’il a certes prescrit dans un cadre régional, mais pas écrit.

Le même schéma se reproduit concernant la question des infidèles. Selon le Catéchisme de Rome pour enfant de 1905, les musulmans « tout en admettant le seul vrai Dieu », « ne croient pas au Christ Messie ».

Il est donc enseigné : les musulmans « admettent » le vrai Dieu, mais ne croient pas au Christ. À moins qu’il ne s’agisse de dire imprécisément que les musulmans acceptent le principe du Dieu unique, ce point du catéchisme peut paraître radicalement contradictoire avec cette affirmation de Pie XI, dans Mit Brennender Sorge, déjà cité supra, selon laquelle on ne peut avoir la foi en Dieu sans croire au Christ : « « Aucune foi en Dieu ne peut se maintenir pure et sans alliage si elle n’est pas soutenue par la foi au Christ. »

La contradiction pourrait n’être qu’apparente, car le Catéchisme de Rome ne dit pas, contrairement à ce que répète Archidiacre, que les Musulmans adorent le vrai Dieu, mais qu’ils l’« admettent », deux verbes qui sont loin d’être synonyme. Il n’est pas fait mention d’« adoration », comme évoqué dans Lumen Gentium et de nombreux autres textes conciliaires. À aucun moment le catéchisme n’enseigne que les musulmans croient en Dieu de foi divine, comme les catholiques.

L’usage du verbe « admettre » ne renvoie pas à la foi théologale. Il signifie qu’au mieux, comme nous l’enseignent Vatican I et Humani Generis[13], les Musulmans sont aptes à reconnaître l’existence d’un Dieu unique à la lumière de leur raison. Et non grâce à leur culte, qui lui renvoie à un faux « dieu », non trinitaire, qu’ils adorent.

Le Catéchisme de Rome ne dit pas que les Musulmans « croient » au vrai Dieu, acte préalable à toute adoration. Cela signifie que ce n’est pas par leur culte qu’ils peuvent atteindre la connaissance du vrai Dieu, mais par leur raison. Voilà pourquoi il n’y a pas de contradiction entre le Catéchisme de Rome et le Catéchisme du concile de Trente, comme le fanfaronne Archidiacre. Les catholiques quant à eux connaissent l’existence du vrai Dieu par la foi et leur raison. La croyance en Dieu est pour eux de foi divine.

En d’autres termes, l’hérésie de Lumen Gentium (« catholiques et musulmans adorent le même Dieu ») ne se retrouve pas dans le Catéchisme de Rome, qui affirme simplement que les musulmans et d’autres infidèles, « admettent » le vrai Dieu, ce qui signifie qu’ils peuvent reconnaître son existence grâce à leur raison et non grâce à la vertu théologale de foi.

La formule du Catéchisme de Rome est imprécise, voire ambigüe, comme en atteste le fait qu’Archidiacre en déduise un sens qu’elle n’a pas (l’adoration du vrai Dieu par les musulmans).

Saint Pie X a corrigé cette imprécision, et dans le Catéchisme de doctrine Chrétien de 1913, qui est le véritable catéchisme de Saint Pie X, l’ambiguïté ne figure plus. Il n’est pas écrit que les musulmans adorent le vrai Dieu (125.) : « Les infidèles sont les non-baptisés qui ne croient en aucune manière au Sauveur promis, c’est-à-dire au Messie ou Christ ; tels sont les idolâtres et les mahométans. »

Nous sommes donc à 100 % sur la même longueur d’onde que Saint Pie X : nous rejetons comme lui les imprécisions qui n’apparaissent plus dans le Catéchisme de doctrine chrétienne, réalisé par ses soins contrairement au catéchisme de 1905 pour enfant. Dès lors, lorsqu’Archidiacre écrit que j’accuse saint Pie X d’enseigner une hérésie – ce que je n’ai jamais soutenu ni de près ni de loin – il me calomnie purement et simplement.

Il est par ailleurs amusant de voir Archidiacre s’agripper autant qu’il peut à un texte faillible, tout en rejetant l’autorité d’un texte infaillible : le Catéchisme du concile de Trente.

En résumé, pour soutenir que les Musulmans adorent le vrai Dieu, c’est-à-dire la Sainte Trinité, Archidiacre s’agrippe à un catéchisme faillible car non magistériel, qui n’affirme même pas que les musulmans adorent le vrai Dieu…

Il y a fort à parier qu’il y aura d’autres échanges à l’avenir avec Archidiacre. Je les attends avec impatience, en particulier sa défense du synode sur la synodalité.

En attendant, prions pour qu’il abjure son modernisme complexé.


[1] https://www.marcotosatti.com/2020/02/20/bux-e-querida-amazonia-scivolare-nel-catto-panteismo/

[2] https://libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Querida-Amazonia-chere-Amazonie-l-exhortation-du-Pape-Francois-plus-ambigue-qu-il-n-y-parait

[3] Lettre à Mahomet II, traduit par Anne Duprat, Rivage Poche Petite bibliothèque (2002), p.88.

[4] Catéchisme de doctrine chrétienne, 125.

[5] Lettre encyclique, Depuis le jour.

[6] Quatrième partie, Chapitre 41, section 4.

[7] Radio Message au monde (23 décembre 1949).

[8] Bulle pontificale d’Innocent IV, Impia Judeorum Perfidia (9 mai 1244).

[9] Partie 3, chapitre 33, section 1.

[10] Mansi, tome 52, 1225.

[11] Les degrés d’Autorité du Magistère, abbé Lucien, La Nef (2007), p.35.

[12] https://laportelatine.org/formation/catechisme/le-18-octobre-1912-saint-pie-x-publie-le-catechisme-de-la-doctrine-chretienne

[13] « si, en principe du moins, la raison humaine est, par sa propre force et à sa seule lumière naturelle, apte à parvenir à la connaissance vraie et certaine d’un Dieu unique et personnel».

Lire aussi

Laisser un commentaire

QUI SOMMES NOUS

“La Contrerévolution en marche” est un média catholique oeuvrant au Règne Social de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Enfants respectueux de l’Église, nous nous soumettons à son infaillible autorité, et nous déclarons accepter d’avance son jugement si, malgré nos précautions, nous nous sommes trompé en quelque chose.

CONTACT

E-mail:

info@contre-revolution.fr

 

Suivez- NOUS sur les réseaux sociaux