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Homélie de Mgr Roy sur le concile général imparfait.« Là où est Pierre, là est l’Église »

Par Brice Michel
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Mgr Roy concile general imparfait

Sermon original en anglais.


Traduction en français : Brice Michel @Contrerévolution en marche. NB : le langage parlé a été conservé dans la traduction.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Durant le temps de Noël, je vous ai envoyé un lien vers un récit que j’ai écrit à l’intention des évêques et des prêtres pour les encourager à considérer la situation présente de l’Église. Alors que nous entrons dans cette nouvelle année, je pense qu’il est très important que nous réfléchissions tous à ces questions.

Donc, cette histoire fut écrite sous la forme d’une nouvelle. Elle n’était donc peut-être pas aussi claire qu’elle devrait l’être pour certains d’entre vous. C’est pourquoi j’ai pensé qu’aujourd’hui, en ce premier jour de l’année, j’aborderais certains de ces sujets.

Notre identité de catholiques romains

Vous savez que nous sommes catholiques. Nous sommes catholiques romains. C’est notre véritable nom. Nous croyons que le Siège de Pierre est le centre de notre foi catholique, le roc sur lequel l’Église de notre Seigneur Jésus-Christ a été établie. Il n’y a pas d’autre roc qui ait été donné à l’Église que le roc de Pierre.

Néanmoins, nous sommes témoins aujourd’hui de quelque chose de terrible : le fait que ce roc soit assiégé, que les personnes occupant le trône de Pierre soient en réalité des destructeurs de l’Église. Et, que nous le voulions ou non, c’est le cas depuis 70 ans, presque 70 ans. Nous sommes allés de destruction en destruction.

Les destructions successives

Ils ont d’abord attaqué la foi lors du « concile » Vatican II en changeant la sainte doctrine de l’Église. Ils ont attaqué les sacrements de l’Église l’un après l’autre, rendant beaucoup d’entre eux très probablement invalides, particulièrement le rite de consécration épiscopale.

Ils ont attaqué la messe. Ils ont détruit la messe, pour autant qu’elle puisse être détruite. La messe a été préservée par la grâce de Dieu, mais ils ont détruit le culte public, celui qui est reconnu partout comme étant la liturgie catholique. Ils ont détruit la messe catholique. A tel point que Monseigneur Lefebvre parlait de la messe de Luther. Lorsqu’il évoquait la nouvelle messe, il parlait de la messe de Luther. C’est-à-dire une messe protestante.

Cela ne veut pas dire que ceux qui ont assisté à cette messe pendant de nombreuses années n’ont pas reçu des bénédictions et des consolations de Dieu, car Dieu est tout-puissant. Dieu peut donner sa grâce à toutes les âmes de bonne volonté, peu importe à quel point elles ont été trompées par la nouvelle religion. Néanmoins, nous constatons qu’il s’agit d’une destruction complète.

Nous voyons également qu’ils ont détruit le droit canon. Ils ont détruit le sacrement du mariage, le saint sacrement du mariage, en accordant des déclarations de nullité insensées à quiconque en veut une. « Vous voulez faire annuler votre mariage ? Ce sera fait. Acquittez-vous de la somme à payer et nous déclarerons votre mariage nul et non avenu ». Et tant de personnes se sont remariées après cela. Mais, en réalité, c’étaient des adultères plutôt que de véritables mariages catholiques.

Donc cette situation dure. Très bientôt cela fera 70 ans que cette situation dure. Et la question que j’ai voulu poser à mes frères évêques et prêtres est la suivante : combien de temps encore ? Combien de temps cette situation va-t-elle durer ?

La dispersion du troupeau

Face à une telle apostasie, comme nous pouvons facilement le comprendre, le troupeau du Christ a été dispersé. « Je frapperai le pasteur et le troupeau sera dispersé. » Et c’est ce qui s’est passé.

Ici et là, des gens ont résisté à la révolution de Vatican II, la révolution de la nouvelle église. Mais il n’y avait pas d’unité. C’était plutôt chacun pour soi, et c’est encore le cas aujourd’hui, nous sommes tous assez dispersés. Il n’y a pas le lien de la foi pour nous rassembler dans l’unité.

Face à une telle destruction, il y a eu différentes réactions. Certains ont dit : nous devons sauver ce qui est le plus urgent, c’est-à-dire que nous devons sauver le saint sacrifice de la messe. Ce fut la réaction de Monseigneur Lefebvre, à qui nous devons beaucoup, qui a maintenu le saint sacrifice de la messe. Il était presque le seul avec Monseigneur de Castro Mayer au début. Ils ont fait en sorte, autant qu’il était en leur pouvoir, que le saint sacrifice de la messe, tel qu’établi par notre Seigneur Jésus-Christ, continue, ainsi que le saint sacerdoce.

Nous devons également mentionner ici Monseigneur Thuc qui a également fait beaucoup pour l’Église en consacrant des évêques tout en étant calomnié pour ses saintes actions visant à sauver le saint épiscopat et l’Église.

Les solutions proposées

Quelques évêques ont donc réagi à tout cela. Mais évidemment, tout le monde regarde vers l’avenir et se pose la question : quelle est la solution à cette crise dans l’Église ? Qu’est-ce qui va se passer ? Combien de temps allons-nous être sous le joug de ces imposteurs qui détruisent l’Église de notre Seigneur Jésus-Christ ?

Diverses solutions ont été proposées pour résoudre cette crise. Comment allons-nous sortir de cet état de destruction totale dans lequel nous sommes aujourd’hui ?

La plupart des gens, et vous le savez, la plupart de vos amis, la plupart des membres de votre famille, quand ils pensent à l’Église catholique, pensent en réalité au Novus Ordo. En réalité, ils pensent à une fausse religion qui occupe les bâtiments de l’Église catholique. C’est ce qu’ils voient. Ils entendent François, enfin, François, il n’y a encore pas longtemps, nier le premier commandement de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils voient le Vatican bénir les unions homosexuelles publiquement, acceptant d’une manière ou d’une autre l’agenda LGBT, etc…etc…

Et ils sont très scandalisés par ce qu’ils pensent être l’Église catholique. Et pour eux, c’est une preuve, s’ils avaient besoin d’une preuve, que cette église ne peut pas être la véritable Église établie par notre divin Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ. Et en effet, ce n’est pas le cas. C’est le Novus Ordo, c’est une autre religion que la religion établie par le Christ.

Première solution : attendre l’intervention divine

Alors certaines personnes ont dit : nous devons attendre une intervention divine. Certaines personnes attendent cela depuis 70 ans, et je suis d’accord qu’une intervention divine est nécessaire. La situation est si désastreuse qu’une intervention divine est nécessaire d’une certaine manière.

Quand une certaine dame était une jeune adolescente, une jeune enfant – c’était dans les années 60 – elle m’a raconté que dans sa maison, parfois, ils dormaient en tenue de ski parce qu’ils attendaient que les trois jours de ténèbres arrivent. C’était sur le point de se produire. Ils devaient donc être prêts à fuir dans la montagne ou autre part, vous savez. Mais peu importe, ils avaient un plan pour échapper à un quelconque châtiment et aux grands événements qui se produiraient dans le monde. Elle a maintenant presque 70 ans et elle n’attend plus cela.

Mais même si certaines de ces choses pourraient arriver, ce que j’essaie de dire ici, c’est que jamais, dans l’Église, nous n’avons attendu indéfiniment que Dieu intervienne directement et règle les problèmes de l’Église.

Il y a eu une époque, comme vous le savez, le Grand Schisme d’Occident, avec trois papes – un désastre. Il n’y avait pas de solution. Comment aurions-nous jamais pu réconcilier trois papes différents qui avaient chacun nommé leurs propres cardinaux, qui s’étaient excommuniés les uns les autres ? La situation était désastreuse. Néanmoins, les chrétiens n’ont pas attendu indéfiniment.

À un certain moment, ce que nous appelons un concile général imparfait fut organisé dans l’Église, comprenant le clergé des diverses factions, et des personnes venant des différents groupes. Ils se sont rassemblés et finalement la situation de l’Église fut réglée par l’élection de Martin V. Les trois papes douteux ont démissionné. Martin V fut élu à leur place et l’unité de l’Église fut retrouvée.

Deuxième solution : la thèse de Monseigneur Guérard des Lauriers

D’autres personnes ont élaboré une explication très compliquée de la situation de l’Église. Il s’agit de Monseigneur Guérard des Lauriers. Vous avez peut-être entendu son nom. Monseigneur Guérard des Lauriers tenta d’expliquer la situation de l’Église. Comment est-il possible que ce que nous avons sous nos yeux se produise ?

Monseigneur Guérard des Lauriers était un homme intelligent. Il était professeur au séminaire d’Écône, de Monseigneur Lefebvre. Il était professeur et il était considéré par Monseigneur Lefebvre et tout le clergé sous sa direction comme un homme très intelligent. Et avant cela, il occupait des postes très importants dans les universités catholiques de Rome. En fait, les livres que nous utilisons avec nos séminaristes ici, certains d’entre eux portent le Nihil Obstat du père Guérard des Lauriers, qui a approuvé des livres de philosophie, des livres de théologie pour l’Église catholique, des livres très importants qui sont utilisés par plusieurs aujourd’hui pour la formation de leurs prêtres.

Donc le père Guérard était un homme intelligent. Néanmoins, il a élaboré une explication compliquée disant que ces personnes avaient été élues légalement, donc selon la loi, mais néanmoins n’avaient pas l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ pour gouverner l’Église parce qu’ils étaient modernistes et n’étaient pas catholiques, en réalité.

Et Monseigneur Guérard des Lauriers a dit : « Mon explication va disparaître avec le temps. Un jour, nous devrons considérer cette église, cette nouvelle église, comme étant une église complètement différente de l’Église catholique, parce que ces hommes qui ne sont pas de vrais papes vont nommer des cardinaux qui ne seront pas de vrais cardinaux et n’auront donc aucun pouvoir d’aucune sorte, pour élire un pape catholique. »

Je ne veux pas entrer trop profondément dans la théologie aujourd’hui. Mais je veux que vous sachiez que c’est une autre explication qui a été donnée, et les gens qui suivent cette explication disent aujourd’hui que la seule solution à la crise de l’Église aujourd’hui viendra de la conversion de certains modernistes. Certains au Vatican doivent se convertir. Ils doivent se rassembler en concile et ils doivent chasser les imposteurs, les modernistes.

Mais cette solution qui est proposée est une solution qui remet le salut de l’Église… qui remet la solution à cette crise entre les mains des hérétiques, entre les mains de ceux qui n’ont pas la foi catholique. Et cela n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’Église. Ce ne furent jamais les hérétiques qui apportèrent une solution aux diverses crises de l’Église. Ce fut toujours le petit reste des fidèles catholiques qui, par la grâce de Dieu, avec l’aide de Dieu, apportèrent une solution à la crise dans l’Église.

Troisième solution : le concile général imparfait

Et c’est là qu’intervient la troisième solution, qui est une solution qui a été défendue par saint Robert Bellarmin et de nombreux autres théologiens avant Vatican II. Si vous regardez les théologiens d’avant Vatican II, essayez d’en trouver un seul parmi tous les saints — saint Robert Bellarmin, saint Alphonse de Liguori et de nombreux autres théologiens avant Vatican II — essayez d’en trouver un seul qui ait expliqué que lorsque l’Église est en crise, lorsqu’il y a un problème avec celui qui prétend être le pape, qu’il soit un pape douteux dont nous ne savons pas exactement s’il est un vrai pape, ou qu’il soit soupçonné d’hérésie comme cela peut parfois arriver, jamais les théologiens avant Vatican II n’ont dit que dans ce cas, il n’y a qu’une seule solution qui est l’intervention divine directe : Dieu doit descendre du ciel et régler nos problèmes.

Jamais aucun d’entre eux n’a dit que la thèse de Monseigneur Guérard des Lauriers était une solution, que nous devions attendre la conversion des hérétiques pour que l’Église puisse être remise sur pied.

Mais beaucoup d’entre eux ont dit : ce qui doit être fait dans une telle situation, c’est que l’Église convoque un concile général imparfait. Qu’est-ce qu’un concile général imparfait ? Un concile général imparfait est un concile sans le pape. Habituellement, un concile ne peut pas avoir lieu sans le pape. Vous avez besoin du pape pour avoir un véritable concile.

Eh bien, un concile général imparfait, tel qu’il y en a eu dans l’histoire de l’Église, est un rassemblement des évêques catholiques précisément pour traiter un problème qui se produit à la tête de l’Église. C’est ce qu’ils ont fait au moment du concile de Constance quand il y avait trois papes différents. Des évêques du monde entier se sont rassemblés. C’était plus facile à cette époque parce qu’il y avait un empereur qui les a réunis et les a forcés à s’unir, les a forcés à avancer et à trouver une solution à la crise de l’Église.

Aujourd’hui, la situation est pire parce que non seulement il y a une crise dans l’Église, mais dans le monde, il n’y a plus de rois catholiques. Il n’y a plus d’empereur catholique. Mais néanmoins, un concile général imparfait est un rassemblement de tous les évêques et prêtres et supérieurs d’ordres religieux, vous savez, toutes les personnes influentes du clergé dans le monde pour traiter la situation de l’Église.

Et je crois que c’est la solution qui doit venir dans l’Église d’une manière ou d’une autre. Un jour ou l’autre, l’Église devra se rassembler et devra remédier à cette situation.

La situation du sédévacantisme

Nous pensons que notre époque est un temps de Sede vacante. C’est-à-dire un temps où il n’y a personne pour nous diriger dans la foi. Si vous croyez que Léon est le pape, eh bien, nous enseigne-t-il réellement la foi ? Dirige-t-il l’Église ou dirige-t-il l’Église loin de la foi catholique ? Eh bien, je pense que la réponse est très facile, très facile à voir : nous ne sommes pas sous sa direction et aucun de ceux qui gardent la foi catholique aujourd’hui, pure et sans tache, ne veut être sous le joug d’une telle personne qui est un pur produit du modernisme.

Oui, en effet, nous n’avons pas d’autre choix que de reconnaître la situation de l’Église. Mais pour nous, vous savez, cette situation de Siège vacant n’est pas quelque chose qui peut durer éternellement. Nous refusons de faire partie de tout groupe qui dit qu’il n’y a pas de pape et qu’il n’y a pas de problème avec cela. Vous savez, continuons ainsi pendant encore 70 ans jusqu’à ce que, vous savez, soit Dieu descende du ciel pour faire quelque chose, soit jusqu’à ce qu’ils se convertissent finalement après avoir construit un corps de doctrine complètement nouveau, une nouvelle vie sacramentelle, un nouveau code de droit canonique, un nouveau système juridique.

Après avoir construit cette nouvelle religion complètement nouvelle et l’avoir imposée à tout le monde, nous resterons avec ces gens sur le bord de la route. C’est comme si vous étiez dans un bus eh bien, il y a un problème avec le bus. Le bus s’arrête sur le bord de la route et tout le monde descend et nous décidons d’installer un camp sur le bord de la route où nous nous rassemblons, et en fait 70 ans plus tard, nous sommes toujours dans ce camp. Nous faisons des feux de camp chaque soir. Nous avons nos belles liturgies et nous sommes assez à l’aise au final avec cette situation. Vous savez, c’est une caricature évidemment, mais nous croyons, nous croyons que l’Église doit travailler à l’organisation d’un concile général imparfait.

Quelque chose doit être fait. Quelque chose doit être fait pour remédier à la situation de l’Église. Et le salut est toujours venu du clergé demeuré fidèle dans l’Église ; et, autant que nous puissions le savoir, c’est une fois encore du clergé catholique qu’il devra venir.

Mais si entre-temps, pendant que nous travaillons dans cette direction, Dieu intervient, Dieu descend du ciel et s’occupe de la situation, tout le monde sera heureux. Mais l’Église ne peut pas compter et n’a jamais compté dans le passé sur une intervention divine directe pour régler les problèmes de l’Église.

L’esprit de ma lettre

C’était donc l’esprit de ma lettre. Je voulais vous l’expliquer mieux : je crois et je suis d’accord avec cette position qui était dans mon cœur depuis de nombreuses années, mais qui est devenue plus claire au cours des derniers mois, que notre travail principal, lorsque le Siège de Pierre est vacant comme il l’est en ce moment, le travail principal de l’Église ne doit pas être que chacun de nous établisse son petit groupe et développe sa paroisse et ait plus de prêtres et ouvre de nouvelles paroisses, etc. Tout cela est très utile. Tout cela est très bon. Mais nous avons un problème à la tête de l’Église.

Rappelez-vous ce que dit la doctrine catholique : ubi Petrus, ibi Ecclesia, là où est Pierre, là est l’Église. Cela restera toujours vrai dans l’Église. Cela restera toujours vrai.

Donc, si nous, catholiques, qui avons gardé la vraie foi, ne désirons pas au moins que Pierre soit au milieu de nous, qu’il y ait une tête, une tête visible de l’Église catholique conduisant nos âmes vers le ciel, sommes-nous vraiment ubi Petrus, sommes-nous vraiment là où est Pierre ?

Mais vous allez me dire : eh bien, c’est impossible, tout le monde est divisé, il y a de petits groupes partout, et je suis d’accord avec cela. Et dans le passé, il y a eu des gens qui se sont rassemblés, parfois trois, quatre personnes, ils se sont rassemblés et ils ont élu un pape. Enfin, vous savez, c’était un pape, entre guillemets, parce qu’il n’était pas le vrai pape. Il y en a un qui est célèbre aux États-Unis, il a été élu par sa grand-mère, je crois, et l’un de ses frères, et il est devenu le « pape » Michael Ier. Ridicule, absolument ridicule. Et ce n’est pas ce que j’essaie de vous dire aujourd’hui. Absolument pas.

Ce qu’est un concile général imparfait

Ce concile général imparfait de l’Église, qu’est-ce que c’est ? C’est un rassemblement général de tous ceux qui ont gardé la foi catholique. Un rassemblement général de tous ceux qui ont gardé la foi catholique. Cela nécessitera, comme je vous le dis, cela nécessitera une intervention divine. Cela nécessitera, que Dieu nous réunisse, évidemment. Mais cela nécessitera d’abord que les évêques et les prêtres catholiques commencent à parler de cela, commencent à mentionner cela et commencent à dire aux gens que oui, en effet, une solution peut être trouvée.

La solution peut être trouvée et elle n’est pas à attendre des modernistes, et ce n’est pas non plus la pratique de l’Église d’attendre une intervention divine directe.

Monseigneur Vigano a écrit quelque chose à l’occasion de Noël, et dans cet écrit, il a dit que l’un des objectifs des mondialistes, l’un des objectifs des ennemis de Dieu, est de nous faire croire qu’aucune solution ne peut être trouvée à nos problèmes. Que ce soit au niveau de l’État, que ce soit au niveau de l’Église, que ce soit au niveau du monde en général, leur intention est de nous amener dans la situation où nous perdrons tout espoir, tout espoir humain, et où nous n’aurons plus aucune volonté de marcher dans la bonne direction.

Je ne suis pas en charge de l’État. Je ne suis pas non plus en charge de l’Église dans son ensemble. Mais en tant qu’évêque catholique, et j’ai été surpris au cours des derniers mois — cela se passait évidemment en arrière-plan depuis de nombreux mois — j’ai été surpris en discutant avec divers membres du clergé de voir avec quelle facilité le clergé arrivait également à cette conclusion. Mais cela a été pendant de nombreuses années une question taboue, quelque chose dont vous n’êtes pas autorisé à parler. Vous savez, dès que vous mentionnez que la solution pourrait venir du rassemblement de tous ceux qui ont gardé la vraie foi, tous ceux qui ont été fidèles à la foi catholique, vous devenez, quelqu’un qui veut élire un type dans son garage, et vous savez, on se moque de vous, on vous ridiculise.

Mais ce que nous savons par les théologiens du passé, ce que nous savons, c’est que oui, en effet, si toute l’Église, ou au moins l’unité morale, un grand rassemblement de clergé dans le monde se réunissait, considérait la situation de l’Église et disait : nous sommes en situation de vacance du Siège de Pierre, nous devons faire quelque chose à ce sujet, eh bien, cette assemblée serait légitime. Cette assemblée serait, rassemblée dans le Saint-Esprit.

Mon message pour cette nouvelle année

Donc je vous parle de cela au début de cette année, premièrement pour expliquer la lettre que j’ai envoyée ou le lien vers la lettre que j’ai envoyée, mais aussi pour vous dire que je crois que dans les années à venir, nous devrons commencer à parler de cela. Ne soyez pas surpris si vous entendez cela du haut de la chaire. Ne soyez pas surpris si vous voyez d’autres membres du clergé, parce qu’avec la grâce de Dieu, vous savez, nous ne sommes pas seuls. Il y a un certain nombre de personnes en fait qui ont été silencieuses mais qui croient vraiment que cela doit être fait, qui vont se prononcer dans ce sens en disant : nous sommes la véritable Église de notre Seigneur Jésus-Christ.

Parce qu’au bout du compte, c’est la question. Si vous croyez que la solution doit venir des modernistes, alors vous me dites que les modernistes représentent notre Seigneur Jésus-Christ. Ce sont eux qui représentent l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ sur terre. Et c’est impossible, parce que pour représenter notre Seigneur Jésus-Christ sur terre, vous devez avoir la foi apostolique, la foi des apôtres, pas la « foi » de Vatican II, pas la « foi » de l’humanisme, pas la « foi » du naturalisme et de l’indifférentisme et toutes les fausses doctrines qui ont été condamnées par les papes du passé.

Notre intention de prière pour 2026

Aujourd’hui, nous commençons une nouvelle année. Nous commençons l’année 2026. Il est très probable qu’il n’y aura pas de solution en 2026. Mais je vous invite, vous tous, à vous unir dans la prière. Nous devons prier pour notre clergé catholique. Nous tous, le clergé catholique, spécialement les prêtres, les évêques, vous savez, spécialement les évêques, devrons rendre compte un jour à Dieu tout-puissant. Qu’avez-vous fait pour l’Église de notre Seigneur Jésus-Christ ? Êtes-vous resté dans le camp sur le bord de la route ? Avez-vous allumé vos feux de camp chaque nuit ? Avez-vous eu votre belle liturgie, avez-vous eu votre belle paroisse, mais n’avez-vous eu aucun souci de l’état de l’Église, aucun souci de la situation générale de l’Église et des âmes en général qui vont en enfer par milliers parce qu’elles sont trompées par une fausse hiérarchie, par une fausse lumière qui brille dans le monde selon Notre-Dame de La Salette ?

Que pouvez-vous faire ? Que pouvez-vous faire ? Eh bien, vous pouvez prier. Vous pouvez prier. Vous pouvez vous unir dans la prière. L’Église tout entière doit s’unir dans la prière afin que Pierre soit rendu à l’Église catholique.

La fête de Saint-Pierre-aux-Liens

Nous avons cela dans la fête de Saint-Pierre-aux-Liens. La fête de Saint-Pierre-aux-Liens, je pense qu’elle est célébrée au début du mois d’août, pendant le mois d’août, c’est sûr. Saint-Pierre-aux-Liens est aussi le nom de notre chapelle dans le nord. Et, vous savez, avec la grâce de Dieu, j’ai voulu nommer cette chapelle d’après Saint-Pierre-aux-Liens précisément pour représenter la situation de la papauté.

Vous savez qu’à un certain moment de sa vie en tant que pontife romain, saint Pierre a été emmené et a été mis en prison, et il était introuvable, et toute l’Église priait. Toute l’Église, nous lisons dans les Actes des Apôtres, toute l’Église priait pour que Pierre soit de retour au milieu d’eux. Et c’est alors qu’un ange, des anges sont venus et ont brisé les chaînes de Pierre et ont ramené Pierre au sein de l’Église, et il a frappé à la porte, et les gens ne pouvaient pas croire quand ils ont ouvert la porte, ils ne pouvaient pas croire qu’ils se tenaient devant Pierre.

Et je pense que c’est une bonne représentation de notre situation aujourd’hui. Combien d’entre nous prient pour un pontife romain ? Combien d’entre nous ? Avons-nous perdu le sens que l’Église est construite sur Pierre ? Sommes-nous satisfaits d’avoir peut-être un évêque, d’avoir des prêtres ? Avons-nous perdu le sens de ce qu’est l’Église catholique ? À quelle fréquence prions-nous pour qu’un pontife romain soit donné à l’Église ?

La question de l’unité

Voyez-vous, c’est une question que beaucoup de gens se posent depuis de nombreuses années : nous ne pouvons pas faire cela, un concile général imparfait, parce que nous sommes tous divisés. Nous sommes tous divisés entre nous. Alors, comment pouvons-nous nous rassembler en concile général ?

La question est donc : devons-nous nous unir pour pouvoir avoir un pape ? Devons-nous avoir une unité parfaite pour pouvoir éventuellement obtenir un pape, ou est-ce un pape qui va nous donner cette parfaite unité ? Ce sont deux perspectives complètement différentes.

Vous savez, nous n’avons pas besoin d’être tous d’accord. Nous, le clergé et les diverses paroisses et divers évêques à travers le monde, n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout. Nous devons être d’accord sur une chose : en ce moment, le Siège de Pierre est vacant et quelque chose doit être fait par les autorités de l’Église. Peu importe à quel point elles peuvent être dispersées en ce moment, quelque chose doit être fait.

Imaginez qu’un jour, par la grâce de Dieu — et cela va arriver, l’Église est éternelle, l’Église a les paroles de la vie éternelle — imaginez le jour, je devrais plutôt dire, imaginez le jour où un pontife romain, un véritable pontife romain, un homme catholique élu à la papauté par l’Église nous sera donné.

Eh bien, il n’y aura plus de divisons sur quoi que ce soit. Devons-nous suivre telle ou telle liturgie ? Il décidera. Cet évêque est-il valide ou non ? Il décidera. Qui est en charge de tel ou tel endroit ? Il décidera. Tout sera décidé par le pontife romain.

Vous voyez, cette idée selon laquelle nous devons avoir une unité parfaite au sein du troupeau dispersé avant que quoi que ce soit puisse être fait pour remédier à cette situation de l’Église, je pense que cette idée est fausse.

La réalité, la vérité, c’est que toute l’Église doit commencer à se réveiller, et surtout le clergé, se rendre compte de ce qui se passe, se rendre compte à quel point cette situation est nuisible pour l’Église catholique. Essayer de convaincre d’autres membres du clergé. Essayer de convaincre d’autres évêques, d’autres prêtres, d’autres membres du clergé et aussi les laïcs que quelque chose doit être fait.

Et puis, avec la grâce de Dieu, à un certain moment — est-ce que ce sera dans cinq ans, dans 10 ans, dans 15 ans ? Je ne sais pas, vous savez — mais quelque chose doit être fait avec la grâce de Dieu.

Nous garderons donc cette intention dans nos prières. Ce sera, je suggère que cela soit notre intention en tant que paroisse pour cette année. Je prie pour que le clergé catholique à l’avenir, quand le temps de Dieu sera venu, que tout le clergé de l’Église catholique, ou au moins la majeure partie de celui-ci, se rassemble en s’accordant sur le fait que Pierre n’est pas là et que là où est Pierre, là est l’Église.

Un message impopulaire mais nécessaire

Je vous dis cela pour vous dire que ce n’est pas très populaire de dire ce que je vous dis aujourd’hui. On ne vous lancera pas des fleurs et ça ne vous vaudra pas des félicitations. Ce sera la persécution. Si vous vous prononcez dans ce sens, ça vous vaudra la persécution, c’est évident. Pourquoi ? Parce que précisément, c’est peut-être la solution que le diable veut empêcher. Il préférerait que chacun reste confortablement installé dans sa position, que nous développions, que nous fassions croître nos paroisses et que nous ne soyons pas en contact les uns avec les autres, que nous ne donnions pas au monde cette unité que Dieu a établie pour son Église.

L’Église : une, sainte, catholique et apostolique. Pas « plusieurs », sainte, catholique et apostolique, mais UNE, sainte, catholique et apostolique. Nous savons que cette unité est fondée sur Pierre.

Prions donc tous ensemble au cours de cette nouvelle année, car c’est là le principal de nos problèmes. Nous avons des problèmes dans nos familles. Nous avons des problèmes dans notre pays. Il y a des problèmes dans l’Église. Il y a des problèmes dans nos paroisses, etc. Eh bien, c’est là le problème principal. Vous voulez identifier le problème principal auquel nous sommes confrontés aujourd’hui dans le monde ? C’est ce problème-là. Nous n’avons pas la voix de Pierre. La voix de Pierre n’est pas entendue dans le monde.

Et cela dure depuis un certain nombre d’années. C’est donc vers cela que notre prière doit être dirigée. Nous devons prier dans cette direction. Vous devriez prier pour que vos évêques et vos prêtres trouvent aussi le courage de s’exprimer, vous savez, de s’exprimer contre cette fausse église et de dire : « Non, il n’est pas question que nous attendions que ces gens traitent les problèmes de l’Église. Ils ne feront qu’empirer les choses. »

Chaque fois qu’ils élisent un de leurs antipapes, un de leurs faux papes, il est pire que celui d’avant. Il prêche les mêmes fausses doctrines et pousse plus loin l’agenda des modernistes et des satanistes, en fait.

L’exemple scandaleux de la messe allemande de Noël

Sur les chaînes publiques, et je terminerai avec cela aujourd’hui, sur les chaînes de télévision publiques allemandes «catholiques», pendant la période de Noël, ils ont diffusé une messe, une messe qui a été dite dans l’une des églises d’Allemagne. Et c’est celle-là qu’ils ont choisie pour être diffusée sur une chaîne de télévision publique pour les catholiques qui restent chez eux et ne peuvent pas assister à la messe.

Et pendant cette messe, il y avait un tas de foin dans le sanctuaire. Et je suis vraiment désolé de devoir dire ces choses devant Dieu Tout-Puissant, mais nous devons nous rendre compte de ce qui se passe. Il y avait un tas de foin. Sur ce tas de foin, il y avait un homme adulte dans une sorte de placenta, et qui grouillait, quelque chose de dégoûtant. Et il était censé représenter l’Enfant Jésus, notre Seigneur Jésus-Christ.

Et il y avait des prêtres, des clercs allemands. Il y avait des prêtres, des clercs rassemblés autour, expliquant le symbolisme de cette horreur. Ils disaient que cela exprime, cela ramène la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ à une naissance commune. En d’autres termes, ils disaient : « Abandonnons cette pensée que notre Seigneur Jésus-Christ était un être si spécial. »

Ces gens vont-ils être punis par le Vatican ? Vont-ils être réprimandés pour ce qu’ils ont fait ? Non. Ils continueront : modernisme, satanisme, destruction du royaume de notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous devons arriver à la conclusion que ces gens n’appartiennent pas à la même église que nous. Ils sont une église différente. Ils sont une église différente. Cela ne se produit peut-être pas dans toutes les églises pour le moment, mais ce genre de choses, vous savez, est de plus en plus fréquent. Les fausses autorités de l’Église ne font jamais rien pour mettre fin à ces abus.

Mais si vous voulez commencer à dire la messe en latin, si vous voulez commencer à avoir la vraie foi et la vraie Église, être fidèle aux principes de la foi, être fidèle à la liturgie catholique, aux dévotions catholiques, à la vie de famille catholique, eh bien, on vous rejette. Vous êtes chassé. Vous êtes persécuté. Ils s’assurent que vous n’allez pas faire trop de bruit et que vous n’allez pas amener d’autres personnes à penser ce que vous pensez.

Conclusion : notre prière pour le retour de l’unité catholique

Comme vous le voyez, la conclusion de tout ceci est que nous devons absolument voir, espérons-le dans notre génération, le retour de l’unité catholique autour du Siège de Pierre.

Et cela va être notre prière. Nous prierons pour cette intention en particulier. Nous prierons pour les prêtres, les évêques. Nous prierons pour que plus de gens arrivent à cette idée de se dire : « Oui, peut-être que Dieu veut que je joue un rôle dans la résolution de cette crise si je suis un évêque catholique »… Qui d’autre est un évêque catholique aujourd’hui ? Qui d’autre ? Il y a si peu d’évêques catholiques qui prêchent encore la foi catholique.

Donc, les évêques catholiques, les prêtres catholiques doivent aussi soutenir leurs évêques dans cette direction, et puis les laïcs, une armée sous le manteau de la bienheureuse Vierge Marie.

Quand je dis, quand je critique l’intervention divine, ne croyez pas que je dis que, cela va être une œuvre humaine. Absolument pas. L’intervention divine passe par les efforts du clergé et des prêtres catholiques fidèles. C’est alors que Dieu interviendra.

L’exemple de la bataille de Lépante

Quand les musulmans envahirent l’Europe, le pape saint Pie V aurait pu dire : « Eh bien, ils sont trop nombreux. Nous devons attendre l’intervention divine. » Il n’a pas dit cela. Il a convoqué tous les rois catholiques pour qu’ils lèvent chacun leur armée et viennent à la défense de la chrétienté. L’Espagne est très célèbre pour avoir rassemblé beaucoup de gens et avoir été à la tête de ce combat.

Et alors, après que l’armée catholique fut rassemblée, quand elle décida de combattre cette invasion, alors Dieu intervint. Tout le monde commença à prier le saint rosaire et une merveilleuse victoire fut remportée par la chrétienté.

Mais parfois, parce que nous sommes paresseux, parce que nous avons peur – je parle du clergé – nous sommes paresseux, nous avons peur, nous voulons nous débarrasser de cette partie-là, celle de nos efforts humains. Nous voulons juste avoir l’intervention divine. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne avec Dieu. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

Quand le clergé en aura eu assez de cette situation, qu’il comprendra à quel point la situation est grave et à quel point c’est son devoir de faire ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à cette crise, qu’avec les prières des fidèles, avec les prières de toute l’Église, Dieu nous rendra ce successeur de Pierre qui va nous guider vers notre éternité.

C’est notre prière aujourd’hui. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

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8 Commentaires

Frère Jean Marie 14 janvier 2026 - 21h28

Merci beaucoup pour votre partage.

En union de prière pour l’Exaltation de la Sainte Eglise Catholique et du clergé.
🔥🙏🔥

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Roberto 27 janvier 2026 - 12h16

Hier dans son émission Adrien, vous à banané !..

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Brice Michel 27 janvier 2026 - 19h34

Les papes affirment contre M. Abauzit que si le Siège est vacant, l’élection du Souverain Pontife est « un devoir grave commandé à l’Église par droit divin » Pie XII – Constitution apostolique Vacantis Apostolicae Sedis (8 décembre 1945). Et saint Pie X dans la Constitution Vacante Apostolica Sede (25 décembre 1904), enseigne : « le Siège Apostolique étant vacant, le devoir le plus grave et le plus saint est d’élire, comme tête et souverain Pasteur du troupeau du Seigneur, pour régir avec attention et sollicitude l’Église catholique, celui qui, succédant en cet état au bienheureux Pierre, représente sur terre la Personne du Christ Jésus. »
Ensuite, concernant la juridiction ordinaire, M. Abauzit invente le fait que les évêques doivent avoir juridiction ordinaire pour pouvoir participer à un Concile Général Imparfait. Aucun théologien ne le dit. Dans notre article « Réponse à l’article« L’élection du Pape » (abbé Ricossa, IMBC) » nous avons montré qu’un grand nombre de théologiens soutiennent même précisément le contraire. Le Concile Général Imparfait ne peut légalement être convoqué par personne, que l’on ait juridiction ordinaire ou non. Prétendre comme le fait M. Abauzit que l’on puisse convoquer un Concile Général parce que l’on a juridiction ordinaire est une grave erreur théologique contraire à l’autorité papale. Cajetan explique bien que le Concile Général Imparfait est un concile qui souffre d’un problème légal. Il l’appelle «imparfait mais utile.»
M. Abauzit est manifestement influencé par les erreurs des clercs guérardiens.
Personne ne nie que Dieu interviendra et tous attendent l’intervention de Dieu. Dire comme le fait M. Abauzit que la vraie Eglise a la Missio sans avoir la Sessio, est contre la Foi.
Sur la question du peuple de Rome devant procéder à l’élection, certains théologiens parlent de cela, mais c’est une question disputée et force est de constater qu’il n’y a pas en ce moment de clergé de Rome qui soit connu pour être demeuré fidèle à la profession extérieure de la vraie Foi. Il y a donc deux opinions sur ce sujet. Mais l’opinion la plus fréquente est que s’il n’y a plus de clergé de Rome (le clergé de Rome, ce sont les Cardinaux, comme l’expliquent les théologiens), l’élection du pape revient à l’Église universelle.
Son argumentation est malheureusement remplie de sophismes guérardiens sur la juridiction ordinaire, comme si la juridiction sur une Église particulière était ce qui donnait autorité pour traiter des questions qui concernent l’Église Universelle.
Il appartiendra à ce Concile de déterminer si une élection papale est possible à notre époque ou pas et non pas à M. Abauzit qui est une personne privée. Il faut que les gens commencent à comprendre que nous avons besoin d’entendre la voix de l’Église et non pas celle des individus.
J’ai aussi confiance à la Providence, mais je crois, contrairement à M. Abauzit, que le Christ réside dans la vraie Église et non pas dans les 1 milliard et demi de modernistes. Quant à la fixation sur les 70 ans et le fait que Dieu fera quelque chose en 2028, pourquoi exclure que Dieu se servira peut-être du Concile Général pour intervenir (si ce Concile Général se produit, bien sûr)? Il est vrai que le Christ a attendu que les Apôtres le réveillent, mais en se réveillant, il ne leur a pas reproché de l’avoir réveillé, mais leur manque de foi, et ensuite, il a immédiatement apaisé la tempête. Réveiller le Seigneur n’est donc pas un crime pourvu que ce soit fait avec Foi. Ne lit-on pas dans les psaumes : «Exsurge, quare obdormis Domine?» Ps. 43 v. 23. «Levez-vous, pourquoi dormez-vous Seigneur?»
Le Christ n’a pas dit : «Pourquoi m’avez vous réveillé»? Cet argument ressemble étrangement à l’argument du mauvais père de famille.
« Un concile (…) agissant indépendamment du Vicaire du Christ est impensable dans la constitution de l’Église (…) De telles assemblées n’ont eu lieu qu’en période de grande agitation constitutionnelle, lorsqu’il n’y avait pas de pape ou que le pape légitime était impossible à distinguer des antipapes. En ces temps anormaux, la sécurité de l’Église devient la loi suprême, et le premier devoir du troupeau est de trouver un nouveau berger, sous la conduite duquel les maux existants puissent être corrigés. » Encyclopédie catholique, tome IV, Conciles.
Enfin, il serait bien de conseiller à M. Abauzit d’être plus prudent avec le terme d’hérésie. Serait-il prêt à taxer d’hérésie le grand Docteur de la Papauté, St Robert Bellarmin?
« S’il ne demeurait aucune constitution sur le mode d’élection d’un souverain pontife, ou si, par hasard, tous les électeurs désignés par le droit, c’est-à-dire tous les cardinaux, périssaient simultanément, le droit d’élire reviendrait aux évêques voisins et au clergé romain, mais en dépendance d’un concile général d’évêques. […] c’est, sans aucun doute, un concile d’évêques qui possède l’autorité première d’élire, car, à la mort d’un pontife, il n’y a pas, dans l’Église, de plus grande autorité que celle d’un concile. (…) Et on n’a jamais entendu dire, et on n’a jamais lu que les évêques, les archevêques et les patriarches de tout l’univers se soient réunis pour élire un souverain pontife, sauf dans le cas où l’on avait un doute sur les électeurs légitimes. Ce doute devait trouver sa solution dans un concile général, comme cela est arrivé au concile de Constance. » Saint Robert Bellarmin, Controverses, t. II., 5ème Controverse Générale : Les Membres de l’Eglise, l. I : Les clercs, chap. 10.
Le travail de M. Abauzit est appréciable, de multiples manières et nous le remercions. Mais il devrait y aller plus doucement avec les accusations sur un sujet si délicat.
Enfin, M. Abauzit affirme que Grégoire XII était le vrai pape pendant le grand schisme d’Occident. Rappelons cependant que l’Église n’a jamais tranché officiellement dans un document magistériel pour décider qui fut le « vrai pape » pendant le Grand Schisme. L’ Annuario reflète, certes, l’opinion actuelle des historiens du Vatican et le statut actuel de la hiérarchie mais lorsque l’Annuario mentionne une personne comme « Pape n° X », cela signifie simplement que, pour des raisons pratiques et d’archivage, c’est le nom que le Saint-Siège reconnaît. L’autorité de l’Annuario est administrative et non magistérielle. La preuve c’est qu’Alexandre V et Jean XXIII (le prétendant pisan) figuraient encore dans l’Annuario comme papes légitimes dans les années 1940. Ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que le Vatican a « nettoyé » la liste pour ne reconnaître que la lignée romaine comme la seule légitime. Et puis si on était si sûrs à l’époque que Grégoire XII fût le pape légitime, et ce sans contestation possible, eh bien, il n’y aurait pas eu Constance!

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Brice Michel 31 janvier 2026 - 10h34

La question de l’élection valide d’un pape en l’absence de cardinaux est une question théologique et canonique complexe. On ne peut pas la traiter sérieusement en 20 minutes en énumérant quelques objections, à l’oral. Si nous avons le temps nous répondrons en temps venu à l’ensemble des objections (un travail écrit plus approfondi est par ailleurs en préparation sur ces sujets). En attendant, nous rappellerons quelques principes fondamentaux qui semblent malheureusement être ignorés ou passés sous silence par M. Abauzit dans son exposé. En réalité une grande partie des objections de M. Abauzit tombe lorsqu’on a ces principes présents à l’esprit.
En temps de vacance du Siège apostolique, l’Église conserve toujours nécessairement intact le droit divin et naturel de pourvoir à sa survie et à son unité. Le Christ a promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas contre elle (Mt 16,18), et cette promesse implique que l’Église ne peut perdre ses propriétés essentielles, notamment le pouvoir de se doter d’un chef légitime.
L’élection d’un pape est nécessaire pour assurer la pérennité de l’Église. Saint Robert Bellarmin enseigne que si le pape fait défaut, l’Église a le droit et le devoir de se donner un chef (De Romano Pontifice, lib. II, cap. 30). C’est un droit essentiel de l’Eglise, qui ne peut pas se perdre. Le droit divin prévoit que l’Église doit toujours avoir un chef visible (cf. Matthieu 16, 18-19). L’Église est monarchique de par institution divine, et il est donc impossible qu’il n’y ait plus jamais de pape dans l’Église. Imaginer un sédévacantisme perpétuel va contre la doctrine catholique.
Par ailleurs, la doctrine catholique enseigne que l’Église est une société visible, hiérarchique et parfaite, instituée par le Christ pour durer jusqu’à la fin des temps. Lorsque la tête visible fait défaut, la hiérarchie subsiste dans les évêques fidèles, parce qu’il doit y avoir nécessairement une autorité dans l’Eglise. Toute théorie aboutissant à la négation de l’autorité des évêques demeurés fidèles est nécessairement fausse [théorie de l’épiscopat diminué avec des évêques ne possédant que le pouvoir d’ordre (Missio) mais aucun pourvoir de juridiction (Sessio]. M. Abauzit dit ne pas adhérer à la thèse de Cassiciacum, mais force est de constater qu’il en reprend les concepts et conclusions, sans visiblement faire l’effort de prendre connaissance des écrits des clercs qui ont argumenté la position du concile général imparfait d’un point de vue théologique et canonique. A ce propos, nous lui conseillons par exemple le dernier article de l’abbé Jacquemin du 14 janvier 2026 « Le Droit de Conclave par le Collège des Évêques » sur le site scaturrex.eu ou encore l’article étoffé du Père John Okerulu A « Defense of the Theological Sedevacantist Position », datant de 2022 et disponible sur le site strcnigeria.org.
L’Eglise est une société et ne peut être sans gouvernement, même quand le pape est absent. Le Concile de Trente (session XXIII, chapitre 4) déclare que les évêques sont successeurs des Apôtres et possèdent un pouvoir ordinaire pour gouverner, enseigner et sanctifier. Ce pouvoir n’est pas annihilé par la vacance du Siège, car les évêques sont les membres principaux de l’Église.
Le fait que les évêques catholiques fidèles, qui conservent intégralement la foi catholique– possèdent le droit et le devoir de convoquer un concile imparfait ou un conclave pour élire un pape- s’appuie donc sur les principes de la loi divine, naturelle et ecclésiastique. Cette action est non seulement licite mais nécessaire pour le bien commun de l’Église.
Si l’Église doit persévérer, les évêques catholiques – non hérétiques et valides – forment ainsi le corps capable de restaurer l’autorité suprême en convoquant un concile imparfait, défini par les canonistes comme une assemblée des évêques sans pape régnant, pour élire un pontife.
En effet, le « corps épiscopal » a tous les pouvoirs pour faire fonctionner l’Église convenablement en temps d’absence d’autorité papale, de cardinaux et d’évêques résidentiels. L’autorité et la juridiction nécessaires au fonctionnement de l’Église ne peuvent jamais disparaître complètement. Le droit de conclave des cardinaux est dévolu au Corps épiscopal unanime, de par le principe de dévolution : « Car la loi naturelle elle-même prescrit qu’en pareil cas l’attribut d’un pouvoir supérieur descend, par voie de dévolution, au pouvoir immédiatement inférieur dans la mesure où il est indispensable pour la survie de la société et pour éviter les tribulations d’un manque extrême. » Mgr Cardinal Billot, Louis, SJ, 1846-1931. C’est une conséquence nécessaire de l’indéfectibilité de l’Église, qui sinon ne pourrait jamais restaurer l’autorité suprême.
Il est vain d’invoquer la constitution apostolique Vacantis Apostolicae Sedis de Pie XII (8 décembre 1945), qui confie l’élection aux cardinaux. Si cette loi n’est pas applicable, l’Église ne peut évidemment jamais être juridiquement paralysée. On ne peut pas absolutiser des modalités juridiques contingentes comme si elles étaient-elles mêmes de droit divin. « Le but de la loi cesse par contrariété lorsqu’une loi préjudiciable devient injuste ou impossible à observer ; ou négativement, lorsque la loi devient inutile. » Amleto Giovanni Cicognani, Canon Law, 2ᵉ éd. rév., The Newman Press, Westminster, MD, 1949, p. 625 et p. 627. La loi ecclésiastique ne peut pas devenir un obstacle à la fin qu’elle vise car le droit ecclésiastique ne peut être interprété comme
s’il pouvait rendre impossible la conservation de l’ordre ecclésial. La lettre ne prévaut jamais contre l’esprit du législateur. C’est la position constante de la théologie catholique.
En cas d’absence totale des cardinaux, le droit ecclésiastique est donc suppléé par le droit divin et la tradition. Donc dans le cas où les cardinaux sont défaillants, inexistants ou invalides (par exemple, nommés par des usurpateurs hérétiques), le droit d’élection revient à l’épiscopat catholique.
Cette doctrine est formulée explicitement par Jean de Torquemada (Summa de Ecclesia, Livre II, chapitres 97 à 101), le cardinal Thomas de Vio Cajetan (De comparatione auctoritatis Papae et Concilii, chapitres 12 à 14) Saint Antonin de Florence (Summa theologica moralis, Pars III, titulus XXII, caput 5) qui établissent un même principe : la disparition ou l’impossibilité des cardinaux n’anéantit pas le pouvoir électif de l’Église. Ce pouvoir demeure dans l’Église, représentée par l’épiscopat, qui peut donc agir par un concile général imparfait pour restaurer l’autorité papale.

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Alex 27 janvier 2026 - 22h47

Certes , personne ne peut convoquer un Concile Général parce le seul fait d’avoir une juridiction ordinaire diocésaine. Mais, seul de Droit Divin ceux qui ont une juridiction ordinaire sur un diocèse pouvant participer à un éventuel concile général.

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Brice Michel 31 janvier 2026 - 11h01

Dans notre article « L’élection du Pape » (abbé Ricossa, IMBC) nous avons montré qu’un grand nombre de théologiens soutiennent précisément le contraire.

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Alex 31 janvier 2026 - 22h52

Code de Droit Canonique – Georges BAREILLE – LIBRAIRIE CARDEILHAC-SOUBIRON Editeur, 1922 :

Membres. — 1. Doivent être convoqués et ont voix délibérative : l les cardinaux., même, par privilège du droit, ceux qui n’ont pas le caractère épiscopal. — 2° les patriarches les primats les archevêques., les évêques résidentiels. même non encore sacrés. — 3° les abbés et prélats nullius. — 4o abbé primat., les abbés supérieurs des congrégations monastiques., les supérieurs généraux des religions ‘cléricales et exemptes., mais non ceux des autres religions à moins d’une convocation spéciale, c. 223, § 1.

2. Peuvent être convoqués. — 1 » les évêques titulaires, qui ont alors voix délibérative à moins d’une restriction expresse dans leur convocation, c. 223, § 2. — 2° des théologiens et des canonistes ., mais avec simple voix consultative, c. 223, § 3.

DICTIONNAIRE APOLOGÉTIQUE DE LA FOI CATHOLIQUE – Contenant les preuves de la Vérité de la Religion, sous la Direction de A.D’ALES, Professeur a l’institut Catholique de PARIS.- ( 1911-1931 ) – Avec la collaboration de grand nombre de Savants Catholiques. Précédée d’une Lettre de Son Em. le Card. GASPARRI, Dal Vaticano, le 10 septembre 1929.Imprimatur Parisiis,11 Januarli 1909, F. Faces,Vic.gen – GABRIEL BEAUCHESNE – . t.I. col : 591 & 595 écrit :

II Conciles œcuméniques.

Un concile est œcuménique au point de vue de sa convocation quand tous les évêques du monde catholique y ont été officiellement appelé. 1° De droit divin et ordinaire, doivent être convoqués tous les évêques ( archevêques, primats, patriarches ) ayant juridiction actuelle sur un diocèse déterminé, la raison en est que ce sont surtout ces évêques qui, comme successeurs des apôtres, constituent avec le souverain pontife l’Église enseignante et dirigeante, dépositaire tout ensemble de l’autorité suprême et de l’infaillibilité doctrinal.

Il est naturel et convenable, mais nullement obligatoire, de convoquer les évêques titulaires, vicaires apostoliques ou non, une fois convoqués et admis, ils ont voix délibérative aussi bien que les autres.

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