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Qu’est-ce que la Révolution? par Mgr Gaume

Par Brice Michel

L’esprit révolutionnaire imprègne aujourd’hui nos modes de pensée, nos institutions, notre culture. Pour combattre la Révolution il est important de répondre d’abord à cette question : « Qu’est-ce que la Révolution? » Voici une compilation d’extraits de 2 ouvrages de Mgr Gaume : La Révolution française recherches historiques et Où en sommes-nous ? pour nous aider à comprendre l’essence de la Révolution.

« Il n’y a pas aujourd’hui deux questions en Europe, il n’y en a qu’une : c’est la question révolutionnaire. L’avenir appartiendrait il, oui ou non, à la Révolution? »

La Révolution française, recherches historiques par Mgr Gaume. 1877. p.17

« Pour tout dire d’un seul mot : l’émancipation progressive de l’Europe de la tutelle du catholicisme, sa sortie de l’ordre divin et la substitution, en toutes choses, de la souveraineté de l’homme à la souveraineté de Dieu : voilà le caractère distinctif de l’époque moderne; voilà ce que nous appelons la Révolution, voilà le mal »

La Révolution française, recherches historiques par Mgr Gaume. 1877. p.13

Extraits de La Révolution française, recherches historiques. Mgr Gaume :

p. 18 : «Mais qu’est-ce que la Révolution? Poser une semblable question, c’est en montrer l’importance.

Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu? Elle vous dira :

«Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi, et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme qui conspire dans l’ombre, ni l’émeute qui gronde dans la rue, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades ni le pillage, ni l’incendie ni la loi agraire, ni la guillotine ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers, et moi je suis un état permanent.

«Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte; je suis la négation armée  ; je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu! en un mot, je suis l’anarchie; car je suis Dieu détrôné et l’homme à sa place. Voilà pourquoi je m’appelle Révolution; c’est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut.»

Cette définition est exacte : la Révolution elle-même va nous Je prouver en énumérant ses exigences. Qu’a toujours demandé et que demande encore la Révolution ?

La Révolution a toujours demandé, elle demande encore la destruction de l’ordre social et religieux existant. Elle l’attaque incessamment, sur tous les points et de mille manières: par l’injure, par la calomnie, par le sarcasme, par la violence ; elle l’appelle esclavage, superstition, dégradation. Elle veut tout détruire, afin de tout refaire.

La Révolution demande la souveraineté de l’homme, Roi, Sénat, ou Peuple, dans le but d’établir soit le despotisme d’un seul, soit le despotisme de la multitude, soit une monarchie dans laquelle le roi est esclave, du parlement, et le parlement esclave de l’opinion, et l’opinion esclave de quelques hommes.

La Révolution demande la liberté, c’est-à-dire le laisser-faire en toutes choses, sauf, plus tard, à ne rien laisser faire sans sa permission : le morcellement et l’aliénation illimités de la propriété, la liberté illimitée de la concurrence ouvrière, la liberté illimitée de la parole, des cultes et du divorce.

La Révolution demande l’égalité, c’est à-dire l’abolition de tous les droits acquis, de toutes les hiérarchies sociales, de toutes les autorités établies, de toutes les supériorités, au profit du nivellement complet.

La Révolution demande la séparation de l’Église et de l’État, afin de ruiner l’influence sociale de la première, la dépouiller impunément, faire absorber le pouvoir spirituel ou de Dieu, par le pouvoir temporel ou de l’homme, de manière à réaliser sa maxime favorite : l’Église doit être dans l’État, et le prêtre dans la sacristie.

La Révolution demande la reconnaissance politique et la protection de tous les cultes, afin de mettre sur la même lignel’erreur et la vérité, de les rendre aux yeux des peuples l’objet d’une égale indifférence, de les confondre dans un commun mépris, et par là de substituer à la religion révélée de Dieu la religion naturelle, fabriquée par l’homme, interprétée et sanctionnée par lui.

La Révolution demande sans cesse des Constitutions, c’est à-dire l’anéantissement de la constitution naturelle, historique, telle qu’elle s’est formée et développée, durant des siècles, par les traditions et coutumes nationales, afin de la remplacer par une nouvelle constitution, faite d’un trait de plume, dans le but d’abolir tous les droits antérieurs, excepté ceux qui sont contenus dans cette nouvelle charte, et uniquement parce qu’ils y sont. Depuis 1789 la France eu a eu dix-sept, et elle n’est pas encore contente.

Telles sont les principales demandes de la Révolution. Depuis quatre siècles, ses organes, dans toute l’Europe, ne cessent de les renouveler tantôt une à une, tantôt toutes ensemble, quelquefois d’une manière impérieuse, le plus souvent sous des formules soi-disant gouvernementales. »

p. 20 : « la Révolution, c’est-à-dire la théorie païenne de la souveraineté absolue de l’homme »

Extraits de Où en sommes-nous ? Etude sur les événements actuels : 1870 et 1871. 1871  Mgr Gaume:

p.33 : « La Révolution est cette puissance occulte, universelle, formidable, essentiellement antichrétienne qui depuis plusieurs siècles, ébranle toutes les parties de l’Europe. C’est l’ Esprit du mal, soufflant sur le monde avec une violence inconnue depuis l’établissement du christianisme. C’est Satan lui-même, cherchant par tous les moyens à mettre Dieu en bas et lui en haut, afin de reprendre son ancien empire sur l’humanité, sa dupe et son esclave.

Enchaîné pendant de longs siècles, il est sorti du puits de l’abîme, traînant à sa suite le Protestantisme, le Césarisme, le Rationalisme et toutes les monstrueuses erreurs, ensevelies depuis longtemps dans le tombeau du paganisme gréco-romain »

p.36 : « Ramener le monde au paganisme, c’est-à-dire substituer Satan à Jésus-Christ dans le gouvernement de l’humanité, tel est donc le dernier mot de la Révolution. Qu’est-ce que cela? Sinon la haine du Pape et de la papauté portée à la plus haute puissance? »

p.74 « le but avoué de la Révolution. Reconduire Satan dans Rome ; le replacer au Capitole; ressusciter, sous un nom ou sous un autre, le gigantesque empire des Césars, armé de toutes pièces contre le catholicisme ; refaire de Rome la capitale de ce nouvel empire antichrétien, dont l’Italie, ramenée à l’unité politique, sera comme autrefois l’orgueilleux municipe[1]Cité annexée par Rome et dont les habitants jouissaient des droits civils (et non politiques) de la citoyenneté romaine : tel est, qu’on le voie ou qu’on ne le voie pas, l’idéal de la Révolution. »

p.182 : « Qu’est-ce que la Révolution? Révolution veut dire renversement. Dans la langue de l’Europe moderne, la Révolution proprement dite signifie le renversement universel. Autant qu’en est capable la haine de l’homme, doublée de la haine de Satan, la Révolution est la destruction du monde surnaturel, par la négation de Dieu, de Jésus-Christ, de l’Eglise, de l’âme, de son immortalité, du ciel et de l’enfer.

C’est par conséquent le renversement, de fond en comble, de l’ordre religieux et social établi par le christianisme. C’est l’emprisonnement du Pape, la persécution des prêtres et des catholiques, la destruction des églises, avec les incendies, les pillages, les violences, conséquences nécessaires de ce renversement. La Révolution, c’est la suppression et le mépris de toutes les garanties qui protègent la liberté, la propriété, l’ordre public et la famille. La Révolution, en un mot, c’est Dieu en bas, et l’homme en haut.

L’homme en-haut, se faisant Dieu, et ne connaissant, pour penser et pour agir, d’autres lois que ses convoitises : c’est, ni plus ni moins, le monde renversé. »

p.185 « Quel est le but de la Révolution? Nous l’avons indiqué, c’est le renversement total de l’ordre religieux et social chrétien dans le monde entier, et l’établissement d’un ordre de choses, fondé sur la volonté de l’homme, esclave et dupe de Satan : c’est, purement et simplement, le retour au paganisme. »

p.198 « haine à mort et table rase de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas fait ou dont il est mécontent : voilà, de son propre aveu, le dernier mot de la Révolution »

p.323 « La Révolution, c’est l’homme en haut et Dieu en bas. Tout homme qui, dans sa conduite, met l’homme en haut et Dieu en bas, est un révolutionnaire. »

p.344 « Sans doute, la Révolution se personnifie dans quelques hommes, mais ces hommes ne sont pas elle. Si vous l’interrogez, elle-même vous dira : « Marat n’était pas moi, Robespierre n’était pas moi, Mazzini n’est pas moi, Garibaldi n’est pas moi, Victor-Emmanuel n’est pas moi, les Communeux ne sont pas moi. Ces hommes et leurs pareils sont mes fils et mes soldats, mais ils ne sont pas moi. Ils meurent, et je vis; ils habitent des lieux déterminés, et je suis partout. Toutes les langues, je les parle, et tous les échos du monde répondent à ma voix. Je suis l’Esprit du mal qui souffle aujourd’hui sur le monde et qui l’arme contre Dieu. »

L’Esprit du mal ne peut être vaincu que par l’Esprit du bien. Il y a dix-huit siècles, par qui l’abominable tyran, dominateur du monde, fût-il chassé de son empire? Par l’Esprit du bien, le Saint-Esprit; uniquement par lui. Aujourd’hui, nulle autre puissance ne le vaincra. »

Notes

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1 Cité annexée par Rome et dont les habitants jouissaient des droits civils (et non politiques) de la citoyenneté romaine

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