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La fausse conception révolutionnaire de la liberté

Par Brice Michel

Extrait de « La souveraineté du peuple est une hérésie ». du Révérend père Charles MAIGNEN. 1892


« L’erreur fondamentale de la Révolution est, nous l’avons vu, de mettre l’homme à la place de Dieu. Elle n’a pas nié son existence, elle a fait plus, elle a pris sa place dans le monde, et dès qu’on veut l’y rétablir, elle proteste avec fureur comme contre un envahisseur.

Mais, si la Révolution s’était montrée ouvertement telle et avait affiché cette prétention, elle eût soulevé le bon sens et la conscience publiques ; il fallait un masque, il fallait un programme menteur pour séduire et entraîner les hommes, un mot, une idée qui leur parût grande et belle et pour laquelle ils fussent capables de tout sacrifier.

Ce mot, quel est-il ? La liberté !

La liberté n’était pas une chose nouvelle dans le monde, elle ne pouvait pas l’être dans une société imprégnée de christianisme, et surtout chez cette noble et chevaleresque nation française qui, depuis plus de mille ans, guerroyait à travers le monde pour la défense des nobles causes et la délivrance des opprimés.

Ce qui était nouveau, c’est l’idée fausse qu’on s’est fait de la liberté.

L’idée révolutionnaire de la liberté, la voici : «La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui».

A première vue, cette définition semble juste et inoffensive : c’est précisément ce qui en fait le danger. Pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, cela veut dire que nous n’avons de devoirs qu’envers l’homme. Envers Dieu et envers nous-mêmes, c’est-à-dire envers la loi de Dieu qui régit nos actes intimes, il n’y en a pas.

Le blasphème, le sacrilège, l’impiété, tant qu’ils ne gênent pas la liberté d’autrui, sont choses que la loi ne peut ni prévenir ni réprimer. L’ivresse, la débauche, les tentatives de suicide, autant d’actes que le moraliste peut blâmer, mais que la société ne peut défendre tant qu’un tiers n’est pas lésé.

Ce qu’elle respecte, c’est l’homme, encore n’est-ce pas l’honneur et la dignité de l’homme, mais seulement sa liberté. Elle seule est sacrée. Et si le sens chrétien du peuple n’empêchait pas le principe d’aboutir à ses dernières conséquences, tout crime, tout outrage commis sur la personne humaine, du consentement de celle-ci, devrait rester impuni. Vous n’avez pas le droit d’employer la menace ou la violence pour imposer vos opinions aux autres ou pour leur faire abandonner leurs croyances.

Est-ce parce que leurs croyances sont bonnes et vos opinions mauvaises ? On ne songe guère à cette bagatelle. C’est uniquement par respect pour la liberté ; aussi, laissez à elle-même cette liberté, et par des livres spécieux, des mensonges habiles, une apparence de vérité, un étalage d’érudition, des saillies spirituelles, répandez le doute, les ténèbres, l’ignorance dans les âmes, corrompez les moeurs, pervertissez les coeurs, qu’importe à la Révolution ? Vous avez usé de votre liberté en laissant à vos victimes le soin de choisir entre le mal que vous leur offrez et le bien que vous leur cachez : Vive la liberté ! Voilà la liberté révolutionnaire.

La vraie liberté, au contraire, c’est l’usage raisonnable que l’homme fait de sa volonté, conformément à la loi de Dieu et aux lois justes des hommes.

Le pouvoir de faire le mal est une faiblesse et une corruption de la liberté. Le lui enlever ou le restreindre c’est l’affranchir. »

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