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Etes-vous moderniste sans le savoir?

Par Brice Michel
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« le modernisme, est une peste pernicieuse qui mine, qu’ils le sachent ou qu’ils ne s’en doutent pas, jusque dans ses fondements, la foi de ceux qu’elle contamine. »

Abbé Gabriel Lenert « Moderniste sans le savoir! » 1912

Le modernisme est, maintenant depuis plus d’un siècle, l’hérésie de notre temps. Il fut condamné par Saint Pie X dès le début du XXème siècle mais, aujourd’hui, il a pris une ampleur considérable et s’est radicalisé : rassemblements œcuméniques ; conférences interreligieuses, prières avec les infidèles, relativisme et indifférentisme généralisé etc… Ce modernisme imprègne de ses erreurs toute la doctrine de la contre-église issue de Vatican II.

C’est le modernisme qui est la source profonde de cet ersatz de catholicisme qui est promu depuis 1958 par les Roncalli, Montini, Wojtyla, Ratzinger et aujourd’hui Jorge Mario Bergoglio.

L’ agnosticisme qu’il implique rend radicalement impossible l’acte de foi. Il détruit toute vie surnaturelle et conduit à fabriquer une contrefaçon de la foi et de la religion. Il est donc particulièrement important de comprendre en quoi il consiste afin de s’immuniser contre ce virus redoutable qui a fait perdre la foi à la grande majorité de nos contemporains. « Comme on est tuberculeux sans le savoir, on est moderniste sans le savoir. Le mal implacable a d’ailleurs plusieurs, périodes. Tantôt il n’est qu’une prédisposition, une simple tendance; tantôt il est à l’état aigu et conduit le malheureux qui en est affecté à une perte à peu près inévitable. » nous dit l’abbé Lenert.

Les extraits que nous présentons dans cet article sont issus d’un petit ouvrage de l’abbé Gabriel Lenert, « Moderniste sans le savoir » paru en 1912, soit quelques années après la fameuse encyclique Pascendi Domini Gregis (1907), dans laquelle Saint Pie X condamna le modernisme.

L’ abbé Lenert présente tout d’abord « les signes diagnostiques » du modernisme, c’est-à-dire les symptômes, puis il en donne une définition en présentant notamment les deux principales erreurs philosophiques dont les théories modernistes sont issues : l’agnosticisme et l’immanence vitale.

“Quels sont donc les signes diagnostiques du modernisme?

Moderniste ou modernisant, celui qui fait reposer la religion et la foi dans la seule sensibilité, ne regarde pas comme immuable le dogme catholique et donne à toutes les religions une égale sympathie objective.

Moderniste ou modernisant, celui qui admet entre la foi et la science une contradiction possible, lors même qu’il prétendrait retenir comme croyant ce qu’il rejetterait comme savant.

Moderniste ou modernisant, celui qui dénature ou restreint l’inspiration des Livres saints, rejetant, avec une étrange désinvolture et une joie mal contenue, l’interprétation traditionnelle.

Moderniste ou modernisant, celui qui, de la même manière que le précédent, ne tient aucun compte des traditions historiques dans l’étude de la vie des saints et rejette a priori tous les faits miraculeux ou surnaturels, à l’exception de quelques-uns qu’il explique d’une manière toute personnelle et parfaitement insuffisante.

Moderniste ou modernisant, celui qui, s’en prenant à la personne adorable de Notre-Seigneur, voudrait qu’il n’eût eu conscience de sa divinité qu’à son baptême, au début de sa vie publique.

Moderniste ou modernisant, celui qui ne voit dans l’Eglise que le côté humain et la subordonne entièrement au bon vouloir de l’Etat.

Moderniste ou modernisant, celui qui, exagérant et dénaturant la loi de l’évolution, en rend tributaires le dogme, l’Eglise, le culte, les Livres saints et la foi.

Moderniste ou modernisant, celui qui critique la solennité et la pompe qui entourent les offices et la majesté pontificale.

Moderniste ou modernisant, celui qui flirte sans cesse avec les non catholiques, leur prodigue son admiration et réserve ses critiques acerbes pour les catholiques et surtout leur Chef suprême.

Peut-être, à la lecture de ces pages, se rappellera-t-on le vers du fabuliste : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » Et qui pourra se vanter de demeurer indemne d’un miasme si répandu, si subtil et si vénéneux ?

Il est donc fort opportun de le décrire et surtout d’en enseigner les causes et les remèdes.

Qu’est-ce que le Modernisme ?

1. L’agnosticisme.

L’Encyclique Pascendi, après avoir fait entrevoir la gravité des erreurs modernistes en raison de l’importance des vérités qu’elles attaquent, du nombre et du caractère de leurs propagateurs et des dehors insidieux qu’elles revêtent, se propose d’exposer ces erreurs, d’en dévoiler les causes et d’en indiquer les remèdes

Le Souverain Pontife s’applique à montrer le lien logique qui les unit, démasquant la tactique des adversaires qui, très intentionnellement, feignent de rester dans le vague et l’indécis, éparpillant çà et là leurs idées, qu’ils expriment d’une manière fort obscure, bien qu’elles ne soient que trop arrêtées et trop consistantes.

Il importe donc de démêler dans le moderniste, le philosophe, le croyant, le théologien, l’historien, le critique, l’apologiste, le réformateur : il nous sera facile de nous rendre compte des principes et des effets de leur doctrine.

Le philosophe : la base de leur philosophie religieuse est, comme ils disent, l’agnosticisme. « La raison humaine enfermée rigoureusement dans le cercle des phénomènes n’a ni la faculté, ni le droit d’en franchir les limites : elle est donc, incapable de s’élever jusqu’à Dieu, pas même pour en connaître, par le moyen des créatures, l’existence ». Les modernistes en concluent que Dieu n’est point objet direct de la science; que Dieu n’est point un personnage historique.

Donc, d’après eux, plus de théologie naturelle, c’est-à-dire les preuves rationnelles de l’existence et de la nature de Dieu ; plus de motifs de crédibilité qui montrent combien la foi est raisonnable, plus de révélation extérieure. Le Concile du Vatican, au contraire, a défini que l’existence de Dieu peut être fermement établie par la raison, qui en découvre, par le moyen des créatures, l’irréfutable preuve, et que la révélation surnaturelle est possible, utile et toujours reconnaissable.

Par un raisonnement dont la genèse nous échappe, les modernistes concluent que la science et l’histoire doivent être athées. On voit, disent-ils, dans l’une et dans l’autre, des phénomènes; mais l’argument qu’on en prétend tirer pour prouver l’existence de Dieu est, à leur avis, scientifiquement impossible.

Feraient-ils donc profession d’athéisme? Pas le moins du monde. Nous verrons prochainement comment ils procèdent pour cela et comment, sans qu’ils paraissent s’en douter, en réalité ils sapent la foi par la base.

Leur système, d’ailleurs, n’est pas nouveau. Descartes, et combien d’autres ! faisant table rase de toutes ou presque toutes leurs croyances, ou plutôt les séparant entièrement du domaine scientifique, pensèrent ainsi les sauvegarder, et devinrent, sans s’en douter, les pères du rationalisme et du positivisme athée.

Faut-il s’étonner maintenant du mépris dont certains intellectuels entourent la science religieuse? Non, assurément ; mais, du moins, que les vrais catholiques sachent fuir l’agnosticisme et ne donnent jamais à leurs ennemis des armes dont ceux-ci ne manqueraient pas de savoir profiter.

2. L’immanence vitale et la Religion en général.

Les modernistes refusent à la raison le pouvoir de prouver l’existence de Dieu et de toute révélation extérieure. Comment donc expliquent-ils leur croyance on Dieu et en la religion ? Cette explication, ils devraient donc la chercher dans l’homme et sans faire appel à aucun raisonnement. Serait-ce alors pure imagination ? Ils prétendent que non ; ils affirment que Dieu existe réellement aussi bien que l’obligation religieuse, et voici le système qu’ils établissent.

Il y a dans l’homme un certain nombre de phénomènes intérieurs que les philosophes appellent l’immanence vitale. La religion est une forme de vie dans la vie de l’homme : voilà l’immanence religieuse. C’est d’abord un besoin qui bientôt se manifeste par un mouvement du cœur appelé sentiment. Les évolutionnistes ès-sciences naturelles avaient dit que, dans un être organisé, le besoin crée l’organe ; singulière explication, démentie trop souvent par les faits : suffit-il, en effet, d’éprouver le besoin d’un bien pour que soit créé le moyen de se le procurer ? Les modernistes disent de même : le besoin du divin crée le sentiment religieux.

Mais où gît ce besoin ? Est-ce dans la conscience, cette faculté par laquelle l’homme sent ce qui se passe en lui, prenant connaissance de son être et des phénomènes de sensibilité et de volonté ? Non, disent-ils, parce que le besoin religieux ne se trahit que dans certaines rencontres favorables. Il faut le chercher plus au fond de l’être, parce que sa racine reste inaccessible à l’esprit : c’est au-dessous de la conscience qu’il réside : dans la subconscience.

L’inconnaissable, c’est tout ce qui est au-delà du monde visible et tout ce qui est au-dessous de la conscience. En face de cet inconnaissable, le besoin du divin suscite un sentiment particulier qui enveloppe Dieu comme objet et comme cause intime et unit en quelque façon l’homme à Dieu : telle est, pour les modernistes, la foi, tel est le commencement de toute religion.

Nous sommes donc en pur fidéisme et en pur subjectivisme. Il suffira à qui que ce soit de déclarer qu’il n’éprouve pas le besoin religieux ou de constater le caractère nuageux de ces divagations, pour que Dieu et la religion cessent d’être des réalités.

Dès maintenant n’entrevoyons-nous pas les périlleuses conséquences de cette erreur fondamentale ?(…)

La religion, selon les modernistes, découle du sentiment religieux jaillissant par immanence vitale des profondeurs de la subconscience. Or, ce sentiment informe à l’origine est allé progressant et donna naissance aux diverses religions, y compris, disent-ils la religion catholique, dont le berceau fut la conscience de Jésus-Christ, homme de nature exquise, comme il n’en fut ni n’en sera jamais. On croirait entendre parler Renan ou Strauss !

Ce qui est particulièrement effrayant, c’est que des catholiques, des prêtres même parlaient ainsi, proférant avec une aisance véritablement stupéfiante ce monstrueux blasphème, prétendant expliquer par leur principe naturel de l’immanence vitale l’origine de la religion du Christ, et cela, avec la folle prétention de rénover l’Eglise.

Autrefois l’hérétique Pelage, que réfutait saint Augustin, disait que l’homme, par sa propre nature, a droit à l’ordre surnaturel. Les modernistes vont plus loin : ils prétendent que notre sainte religion n’est qu’un fruit propre et spontané de la nature.(…)

C’est la négation du surnaturel. Nous, catholiques, nous condamnons avec l’Eglise ces divagations orgueilleuses et insensées. Par notre raison, nous arrivons à la connaissance de l’existence de Dieu et du fait de la révélation qu’il a daigné nous faire de certaines vérités. Il appartient à l’Eglise, dont nous prouvons l’infaillible autorité, de déterminer celles-ci. Voilà le dogme catholique, objet de notre acte de foi : « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper ».


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Benoît YZERN 2 avril 2023 - 7h14

Toute la difficulté provient du fait que le modernisme s’est longtemps et souvent présenté, en apparence voire officiellement, comme étant un genre de juste milieu, ou une sorte de voie médiane, légitimement et nécessairement située, notamment, entre l’intégrisme thomiste et le progressisme marxiste.

Donc, le clerc moderniste dramatise d’autant moins son positionnement centriste ad intra et suiviste ad extra que ce positionnement lui permet d’être, dans son esprit sinon dans la réalité, partisan et promoteur

– d’une anthropologie personnaliste qui se veut à égale distance du substantialisme et du subjectivisme,

– d’une ecclésiologie consensualiste qui se veut à égale distance du controversisme et du confusionnisme interconfessionnel,

– d’une pneumatologie inclusiviste qui se veut à égale distance de l’exclusivisme et du relativisme interreligieux,

– d’une politologie intégraliste qui se veut à égale distance de l’organicisme et de l’immanentisme.

Pour autant, depuis le début des années 1960, on ne voit pas très bien ce que les papes du Concile et de l’après-Concile ont décidé ou ont ordonné d’un tant soit peu sanctionnateur, contre tous les clercs néo-catholiques post-conciliaires qui sont à la fois et en même temps

– absolument pas pour le substantialisme, le controversisme, l’exclusivisme et l’organicisme,

et

– certainement pas contre une plus ou moins grande part de subjectivisme, de confusionnisme interconfessionnel, de relativisme interreligieux, et d’immanentisme face au monde de ce temps.

En d’autres termes, Dignitatis humanae, Unitatis redintegratio, Nostra aetate et Gaudium et spes constituent, dans le meilleur des cas, une antichambre, un couloir d’accès, un corridor ou un sas d’entrée qui conduit, respectivement, jusqu’à l’acceptation, voire l’approbation du subjectivisme, du confusionnisme interconfessionnel, du relativisme interreligieux et de l’immanentisme face au monde d’aujourd’hui.

L’après-Concile l’a montré d’une manière exemplaire, non seulement au sein de la pastorale, mais aussi au sein d’une partie du Magistère des papes de l’après-Concile, par exemple, de Populorum progressio à Fratelli tutti, en ce qui concerne la tendance des papes à continuer à cultiver un terrain d’entente doctrinalo-pastoral à peu près commun, jusqu’au risque de confusion ou de soumission, à l’intégralisme et à l’immanentisme…

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Benoît YZERN 2 avril 2023 - 9h09

Le communisme soviétique a connu et subi la “diamat”, la dialectique matérialiste, jusqu’à la disparition de l’un et de l’autre, et il y a fort à parier que le catholicisme rénovateur connaîtra et subira la “diacum” et la “diamod”, la dialectique oecuméniste et la dialectique modernisante, jusqu’à la disparition de ce catholicisme, en aval de la disparition de chacune de ces deux dialectiques, ou rhétoriques, idéologico-justificatrices.

Or, c’est cela, et pas autre chose, le modernisme contemporain : une idéologie, ou une phraséologie, partisane et promotrice de l’imposition d’une signification modernisatrice ad intra et unificatrice ad extra aux notions ou aux termes suivants : l’adaptation et l’évolution, le changement et le mouvement, la communion et le consensus, le dialogue et l’inclusion, le discernement et les périphéries, l’innovation et l’ouverture, la pastoralité et la synodalité, le renouveau et l’unité.

Dans cet ordre d’idées, tout porte à croire que presque aucun évêque personnellement et statutairement rénovateur, au sens de : a-traditionnel, voire anti-traditionnel, n’est vraiment en mesure de s’affranchir de cette idéologie du dialogue, de l’inclusion, du renouveau et de l’unité, et pour cause, en un sens, puisqu’il s’agit de l’idéologie officielle du nouveau régime ecclésial qui se déploie depuis l’automne 1962, sinon depuis l’automne 1958 !

Dans le même ordre d’idées, il y a fort à parier que seule une attitude ironique, à l’égard de cette idéologie ou, en tout cas, de cette phraséologie, permettra à certains de se poser quelques questions, par exemple le jour où ils verront une image du visage de Jean-Paul II qui sera légendée de la maniere suivante :

“Jean-Paul II (1978-2005) : phraséologue conciliolâtre, partisan permanent du dialogue, de l’inclusion, du renouveau et de l’unité ; on lui doit un niveau de soumission de l’Eglise et des fidèles au dialogue oecuméniste interconfessionnellement correct et surtout au dialogue inclusiviste interreligieusement correct qu’aucun catholique n’avait jamais imaginé, en amont de son élection”.

Ceux qui considèrent que ce qui précède est exagéré peuvent se procurer cet ouvrage :

https://www.solesmes.com/node/8927

Ils prendront ainsi conscience de la fréquence et de la gravité des expressions ET DES OMISSIONS wojtyliennes, les unes et les autres étant presque toujours les mêmes, d’un texte à l’autre, tout au long du déploiement d’une stratégie doctrinalo-pastorale placée sous un quadruple signe de soumission : la soumission de l’annonce au dialogue, celle du catholicisme à l’inclusivisme, celle du christianisme à l’irénisme utopiste, et la soumission de la mission évangélisatrice vers les croyants non chrétiens au partenariat consensualisateur avec les religions non chrétiennes…

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